LETTRE XXIII
10 o&obre. 169 {« E père de la Chaiie a porté au roi
fun teftament de M. Arnaud qui court en manuicrit , & qu'il prétend être fort mauvais , & réveiller les queitions de janfénifme. Il propole au R. de le faire examiner & condamner par la forbonne ou de le fupprimer fans bruit. Je fuis, Mon* feigneur toujours la même pour vous.
Je reçois dans ce moment, Monfeigneur, votre lettre du 18 de ce mois. Vos réponfes me plaifent parce qu'elles m'inftruifenr. Cependant je fais combien votre tems elt précieux. Et je me fais un vrai fcrupule de vous en dérober quelques inftans. La même amitié qui m'engage â vpus donner des avis vous difpenfe d'y répondre. Ufez d'une entière liberté avec moi. Et laiiïèz tomber tout ce qui fera digne de mépris ou indigne d'être relevé. M m unique intention eft de m'unir à vous pour le bien que je pourrai faire dans la place où Dieu m'a mife. Quant au Monseigneur que je vous donne , je ne crois pas , que toute votre modeftie veuille exiger de moi que je vous refpecte moins que votre prédéceiTeur , à qui j'ai tou-
fours écrit de même. Je vous donnerai â St. Cyr ce que vous voulez bien avoir de commun avec moi : & nous ne nous en fervirons que rarement.