‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 236 sur 243 · LETTRE CCLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXV

de Me. de Maintenu n,

16 jévritr. ;

U a n d je reçus hier votre lettre au roi , je penibis qu'il étoit de mon

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devoir de vous marquer la peine que je fouffre de tout ce qui fe paflfe. Vous me prévenez , en me difant que je ne puis juger des matières dont il s'agit. Je ne pourrois que répondre fur les procédés 5 ce qui feroit bien inutile : ainfi il ne me refte , Monfeigneur , qu'à gémir Ôc prier : c'eft ce que je fais par devoir , & par l'inclination qui m'a toujours portée à vous rendit tout le refpecl: que je dois pour toutes fortes de raifons.

LETTRE CCLXVL

1714. à St. Cyr , ce 15 mars,

JE fuis bien perfuadée , que malgré toutes vos peines vous fentez de la joye , de la paix : & je vous fuis infiniment obligée de prendre quelque part à celle que j'en ai en particulier.

Mais , je m'arrête à l'article de votre lettre où vous d:tes que vous efpérez venir à bout de celle de l'éghfe , fi les confeils qu'on donne an roi n'y mettent point de nouveaux obftacle?. Je vous allure av-c vérité , que ceux qu'il con- £\ lie le plus d^ns cette importante affaire , ne font ni violens , ni vos ennemis.

Vous avez rahon de croire que cette p3ix donneront encore plus de tranquil-

de Maintenu n. 329

Jité au roi que celle qu'il vient de conclure , & qu'elle pourroit contribuer à la confervation d'une fanté précieufe pour tous les gens de bien. Que ces motifs vous farTent faire quelques pas ! & donnez cette marque de l'attachement & de reconnoiffànce dont vous lui avez tant fait de proteftations. Je ne dois être comptée pour rien : mais rendez la joie à ce cher neveu qui eft pénétré de douleur. Reconnoiffèz vos véritables amis , & avec quel zèle & quel refpedt je fuis , &c.

LETTRE CCLXViî.

de M, le C. deNoaïlles.

ce 24 mars.

JE fuis fi folitaire préfentement , Me. , & fi mal inftruit des nouvelles , que je n'ai appris celle de la paix qu'en arrivant de Conflans , deux ou trois jours après qu'elle eft arrivée. Permettez-moi, s'il vous plait , de vous en témoigner ma véritable joye , & de vous affùrer que mes malheurs , ni rien au monde, ne m'empêcheront jamais dem'intérefTer vivement, non feulement au bien public, mais à Votre fatisfaction particulière , à la gloire & au repos du roi,

Mais , Me. , il n'en faudroit pas demeurer là : il faudroit travailler tout de bon à procurer à S. M. un parfait repos , & lui ôter tout fujet de peine & d'inquiétude fur les affaires de l'églife.

Je ne puis exprimer à quel point je fuis affligé de voir que dans un tems , où on ne devroit penfer qu'à rendre la vie du roi plus douce & plus tranquille , & la plus longue qu'il fe pourra , Ton fe mette en danger de l'abréger par les chagrins qu'on lui donne , & fouvent même bien gratuitement.

C'eft à vous , Me. , qui aimez le faluf & la vie de S. M. , à empêcher qu'on ne rifque l'un & l'autre en abufant de fon autorité , & ne ménageant pas allez fa fanté.

Je vous protefte que je fuis prêt a faire de ma part tout ce qui me fera poffible pour la paix de l'églife : j'efpere même en venir à bout , pourvu que des confeils violens n'y mettent pas de nouveaux obftacles. J'ofe vous aiTurer que je fuis un homme de paix , & que perfonne ne la defire de meilleure foi que moi : mais je ne puis l'acheter aux dépens de la vérité : tout , hors cela , ma vie même , je la donnerai du meilleur de mon cœur. On ne me trouvera jamais, quand on examinera mon procé-

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dé avec juftice , même la plus rigoureufe, ni un fujet révolté dans l'état , ni un fchifmatique dans l'égiife :unais il ne faut pas dans un tems de joie vous en dire davantage fur une matière auffi trifte. Soiez perfuadée , je vous fupplie , qu'on ne peut avoir plus d'envie que j'en ai de vous procurer une parfaite confolation , & vous faire connoitre, &c.

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