LETTRE V
a Verjailles, ce 7. 1694,
TE n'ai reçu que depuis deux jours , "-■—■■ J Monfieur , la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire , dattée pourtant du 25 octobre. Je crois comme vous , que notre fecret * a été découvert , & que
* Sur les conférences cTIiTy,
S Lettres de Mad,
c'eft ce qui a déterminé M. l'archevêque à ce que je vis arriver à Fontainebleau avec beaucoup d'étonnement & de chagrin , prévoïant bien que les chofes ne pourroient fe conduire comme nous les avions projettées. Je n'ai rien à dire , puifque vous croïez qu'il n'y a plus rien à faire. Dieu veuille achever ce que vous aviez commencé , & éclairer les perfonnes que nous avons cru prévenues ! il ne faut vouloir que ce qu'il veut : & je n'ai qu'à ine conformer à vos avis. Nos amis ne me diient rien : & je n'ai plus, Monlieur , qu'à vous aiTurer qu'il n'y a perfonne qui vous honore plus que je le fais.
P. S. Je ne puis écrire à Châlons fans aiTurer Mad. la D. de Noailles de mes très humbles refpeifts. J'ai eu bien de la peine de celle qwe M. le duc de Noailles aura fentie de l'affaire de Barcelone. Je voudrois qu'il fut moins fenfible , & qu'il fe contentât de trouver le roi comme il le trouve. Il pardonne difficilement les fautes : mais il n'impute point les malheurs.