FRAGMENT
d'une lettre de M. l'archevêque de Cambray.
POur le fonds de mes fentimens fur les chofes qui vous ont fait de la peine, je me fuis encore expliqué à fonds à M. Tronfon. Je le ferai aufli fans réferve tout de nouveau à M. l'archevêque de Paris.
Je ne ferai jamais rien que de concert avec lui. Mais je puis faire là-dejfas des chofes propres à réduire au fdence les plus hardis critiques. Ce qu'on vous nomme des fubtilités n'eft que ce qui eft enfeigné dans les livres des faints, & que toutes les écoles catholiques ont enfeigné. Si je vais plus loin , il faut me dépofer. Si je demeure dans ces bornes, & qu'après avoir éclairci les difficultés, qui ne rouloient que fur ces termes mal entendus , on trouve que je ne parle que comme les faints, dont la doctrine a été canonifée avec les perfonnes , il faut faire taire les gens ombrageux , dont le zeie fans expérience s'effarouche trop aifément. Pour moi , je ne veux que céder à tout le monde , qu'éclaircir avec déférence tous ceux qui feront fcandàlifés, & que changer de termes jufqu'à ce que les bonnes foient éclairées : car je ne tiens à aucun langage : & j'abandonne toutes les exprefïions qu'on voudra
8o Lettres de Mad.
condamner, pourvu qu'on fauve le fonds des chofes , & que les opérations de la grâce ne foient pas flétries. Encore un coup, Madame, je ne crois pas devoir biffer les gens de bien dans le doute , ni fur moi, ni fur la vérité.