‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 59 sur 243 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

d'une lettre de M. l'archevêque de Cambray.

POur le fonds de mes fentimens fur les chofes qui vous ont fait de la peine, je me fuis encore expliqué à fonds à M. Tronfon. Je le ferai aufli fans réferve tout de nouveau à M. l'archevêque de Paris.

Je ne ferai jamais rien que de concert avec lui. Mais je puis faire là-dejfas des chofes propres à réduire au fdence les plus hardis critiques. Ce qu'on vous nomme des fubtilités n'eft que ce qui eft enfeigné dans les livres des faints, & que toutes les écoles catholiques ont enfeigné. Si je vais plus loin , il faut me dépofer. Si je demeure dans ces bornes, & qu'après avoir éclairci les difficultés, qui ne rouloient que fur ces termes mal entendus , on trouve que je ne parle que comme les faints, dont la doctrine a été canonifée avec les perfonnes , il faut faire taire les gens ombrageux , dont le zeie fans expérience s'effarouche trop aifément. Pour moi , je ne veux que céder à tout le monde , qu'éclaircir avec déférence tous ceux qui feront fcandàlifés, & que changer de termes jufqu'à ce que les bonnes foient éclairées : car je ne tiens à aucun langage : & j'abandonne toutes les exprefïions qu'on voudra

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condamner, pourvu qu'on fauve le fonds des chofes , & que les opérations de la grâce ne foient pas flétries. Encore un coup, Madame, je ne crois pas devoir biffer les gens de bien dans le doute , ni fur moi, ni fur la vérité.

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