LETTRE C I V
T69S. 29 juin,
JE ne fai , Monfeigneur , fi je pourrai finir cette lettre. Mais je fai bien , que voici le premier mouvement que j'ai eu libre pour la commencer. Tout ce que dit M. le D. de Beauvilliers ne fufrit pas. Mais je crois qu'il faut attendre que Dieu l'éclairé. Le livre de M. de Meaux fait un grand fracas ici. On ne parle d'autre chofe. Les faits font à la portée de tout le monde. Les folies de Me. G. . . . diverîiiïent. Le livre eft court , vif, & bien fait. On fe le prête , on fe l'arrache , on le dévore. Je ne doute point , Monfîeur, que M. le D. de Beauvilliers ne foit fâché de me perdre. Mon amitié pour lui étoit très fincere. Je crois qu'il en avoit pour moi. Le manufcrit contre vous eft entre les mains de M. l'évêque de Chartres. Je l'ai prié , Monfeigneur, de vous l'envoier. J'ai été très contente de Me. la D. de Guiche. Elle m'a paru moins femme que je ne l'aYois cru. Je ferai de mon mieux
de Maintenu n. 125
pour elle. Ne compte-t-elle pas venir à Compiegne ? Toute fa famille y fera. Le livre de M. de Meaux réveille la colère du roi , fur ce que nous l'avons laide faire un tel archevêque. Il m'en fart de grands reproches. Il faut que toute la peine de cette affaire tombe fur moi. Bon foir , Monfeigneur. Confervez-vous , je vous en fupplie. Et accordez à nos inftances ce que vous auriez accordé à Me. la D. de Noailles.