‹ Lettres de madame Sévigne, avec les notes de tous le commentateursChapitre 35 sur 132 · DU COMTE DE BUSSY A MADAME DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

DU COMTE DE BUSSY A MADAME DE SÉVIGNÉ

A ForlOans, cc 31 novembre 1666.

JefushieràBourbilly. Jamais je n’ai été si surpris, ma belle cousine. Je trouvai cette maison belle ; et quand j’en cherchai la raison , après le mépris que j’eu avais fait il y a deux ans, il me sembla que cela venait de votre absence, ïln effet, vous et mademoiselle de Sévigné enlaidissez ce qui vous environne, et vous fltes ce tour-là, il y a deux ans, à votre maison. 11 n’y a rien de si vrai ; et je vous donne avis (jue si vous la vendez jamais, vous fas.siez ce marché par

• (iEni’SAI HMMR l.lnERATA, Caill. V. Si. .I.”».

LETTRES

procureur, car votre présence ei> diminuerait fort le prix.

Kn arrivant , le soleil , qu’on n’avait pas vu depuis deux jours, commença de paraître, et lui et votre fermier firent fort bien l’honneur de la maison ; celui-ci en me faisant une bonne collation, et l’autre en dorant toutes les chambres, que les Christophle ‘ et les Guy ^ s’étaient contentés de tapisser de leurs armes. .T’y étals allé en famille, qui fut aussi satisfaite de cette maison que moi. Les Rabutins vivants voyant tant d’écussons , s’estimèrenf encore davantage , connaissant par-là le cas que les Rabutins morts faisaient de leur maison. Mais l’éclatde rire nous prit à tous, quand nous vîmes le bon Christophle à genoux, qui, après avoir mis ses armes en mille endroits et en mille manières différentes, s’en était fait faire un habit. Il est vrai que c’est pousser l’amour de son nom aussi loin qu’il peut aller. Vous croyez bien, ma belle cousine, que Christophle avait un eaehet, et que ses armes étaient sur sa vaisselle, sur les housses de ses chevaux, et sur son carrosse. Pour moi , j’en mettrais mes mains dans le feu.

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