‹ Lettres de madame Sévigne, avec les notes de tous le commentateursChapitre 55 sur 132 · I.ETTltES · texte numérisé non relu

I.ETTltES

s’il (‘Il fût arrivi’ îiutr(*im“iit, j’eussi' le premier que vous enssi(‘z fait mourir sans dessein. Quoique vous vous serviez encore moins de vos yi'ux (pie de votre (*p(‘e , il y a des liens si maladroits qu’ils se font enferrer d'enx-inèmes , et nous en savons à qui vous avez peiw le cœur, sans sonfrer (|uasi qu’ils fussent au monde. Mais ne vous lasserez-vous jamais de me parler de ce que j’ai fait contre vous? Croyez- \ ous qu’il me soit fort a"réable de me ressouvenir d’un si vilain endroit de ma vie? Non, assurément , ma chère cousine ; mais il m’est encore bien plus rude de voir (jiie vous vous en ressouveniez si souvent.

Pour vous répondre sur les souscriptions de vos portraits, je vous dirai, avec ma sincérité ordinaire, qu’il y a eu un temps où je n’eusse eru parler qu’en contre-vérité de viitre tendresse pour vos amis ; mais je ne l’eusse pas fait écrire au bas de votre portrait ; car , comme ces écriteaux regardent plus l’avenir que le présent , la postérité , qui prend tout au pied de la lettre , aurait eu de l’estime pour vous , et ce n’eùt pas été alors mon intention de lui en donner ; ainsi vous pouvez juger de quel esprit j'ai dit du bien de vous. Je MUis assure, ma chère cousine, que je ne m’en lasserai jamais , et (jne je n’y entendrai jamais de iinesse. Je voudrais bien aussi (pie toute l’estime (pie vous me témoignez vint de votre cœur; mais pourcpioi n’en viendraitelle pas? Il faut que je le croie malgré ma modestie, car je vous estime aussi , et puis l’état de ma fortune ne me permet pas de douter que mes flatteurs ne m’aient abandonné.

Je vous sais bon gré , ma chère cousine , du chagrin que vous avez de ne me pas voir h la cour en l’état où j’y de- M-ais être , et il faut (pie je vous donne encore celui de vous (’iter l’espérance que l’histoire me traite un jour mieux (pie n’a fait la fortune ; car enfin vous savez que comme ceux (|ui l’écrivent sont pensionnaires de la cour, et ({u’elle se compose sur les mémoires des ministres, elle ne dira pas

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DK MADAME DE SKVIONK. Itl

de moi des vérités (jiii , après les maux qu’ils m’ont faits , les feraient accuser d’injustice; et par la même raison aussi , (fiiand on y verra les éloges de beaucoup de héros indignes , ce seront des louanges que ces ministres auront fait donner à leui- choix.

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