DE M. DE CORBINELLl AU COMTE DE BUSSY
. A Paris, ce 17 mai IG70.
Madame de Sévigné et moi avons cliacun une réponse à vous faire, et nous avons résolu de la mettre en une seule. Je vous dirai donc, pour ma part , qu’une de mes plus grandes joies ici a été de songer que je m’en retournerais par chez vous. Je serai huit jours à Chàtillon *, et je me
laisserai gouverner par M J’ai une violente envie de
vous raccommoder tous deux, et de faire des reproches à celui qui aura tort.
Oui, oui, nous ferons des réflexions morales et politiques : nous poserons en fait les deux espèces de disgrâces dont vous parlez «à madame de St^igné. Je suis venu ici examiner cette vérité, et je l’ai trouvée telle que vous nous la. faites voir. Les uns s’imaginent être agréablement à la cour, et sont près d’étre comme nous; les autres croient ètir comme nous, et sont près d’être favoris ; d’autres ne sont rien, et se ruinent courageusement à attendre un malheur décidé. Je vous conterai toute l’histoire des Petites-Maisons, et je vous ferai voir démonstrativement que ceux qu’on croit vous devoir plaindre vous doivent envier. Fiezvous en moi ; nous comptons là-dessus en Languedoc
Après cela , je vous dirai mille autres choses qui vous l>ourront rendre supportable un séjour de quelques heures. Préparez-vous donc à savoir gré iiu roi de votre éloignement de la cour, ou vous êtes le premier de tous les ingrats du monde.
' .\upn''s de s.i sœur, qui (■l.iil icligiciisc à ('.liàlilluii.
î M. de X'ardes y (Mail cxil(' dans son gouvcriicmoiit d’Aigues-.Morlcs.
LETTHKS