LETTRE CVII
Vous me faites mal , vous m'affligez , vous me tourmentez, et puis vous dites que je ne suis pas accoutumée à trop de sévérité avec vous. Ah! mon Dieu ! je ne vous passe rien? Mon ami, comment os^z-vous prononcer ces mois? mais je vous pardonne: et quoique vous ne soyez pas trop bien avec moi, il s'en faut bien qu-- vous y soyez aussi mal que j'y suis moi-même. .le suis troublée, agitée, et d'une inconséquence qui va jusqu'à l'égarement. Je ne sais ce qui ré-
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sistera le plus longtemps, de nia lOte ou de ma ue ; mais il est impossible de rapporter un état aussi violent. Si je tous disais tout, je vous ferais peur, vous me haïriez. Ah ! que je suis souffrante, que je suis malheureuse ! que je regrette ! que je crains l'avenir! mais il ne tient qu'à moi. Adieu, mou ami, ma tête, mon âme se sont renversées ; je ne puis plus me calmer; et, dans le trouble où je suis, je ne sais si je vous aime. — Voilà ce billet de l'Académie. Vous devriez aller dîner chez madame la duchesse d'Anville, on se met à table à une heure, et tout le monde va à l'Académie. M. de Condorcet y sera ; il a passé la soirée avec moi hier, ce sera de même aujourd'hui : mais demain j'espère qu'il n'aura pas tant de bonté; et vous en aurez, vous, assez pour venir le matin me dire si je puis compter sur vous le soir.