LETTRE CLXIV
Jeudi, onze heures du soir, 9 novembre 1775.
Mon ami, je vous ai écrit quatre pages hier ; jamais je ne puis finir ma journée sans prononcer que je vous aime. Je viens de voir la personne du monde de qui je suis la plus aimée, et cela ne m'a fait que mieux sentir à quel point je vous aimais. Après trois mois d'absence, si je vous avais entendu annoncer sans m'y attendre, comme j'aurais tressailli de la tête aux pieds ! comme je n'aurais pas su un mot de ce que je disais, ni de ce qu'on me disait! Mon ami, il faut aimer pour connaître tout ce que la nature a accordé de biens et de plaisirs aux hommes. Il est doux
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sans doute d'être aimé; mais où est le bonheur".' carde juger, d'apprécier l'affection d'un homme aimable, de répondre avec honnêteté à des mouvements involontaires, de voir tour-à-tour la tristesse et le mécontentement se peindre sur le visage de quelqu'un tout rempli du désir de votre bonheur ; oh ! si cela Halte l'amour- propre de quelque sotte femme, combien cela afflige une àme honnête et sensible ! Mon ami, je pourrais vous dire comme Pyrrhus à Andromaque :
Ahl qu'un seul des soupirs que mon cœur vous envoie, S'il échappait vers elle, y porterait de joie !
— Mon Dieu ! est-ce que vous ne souffririez point de n'avoir point de mes nouvelles ? est-ce que cela ne fait pas un vide dans votre vie ? Seriez-vous occupé ou enivré au point de ne pas éprouver tour-à-tour un besoin actif et une grande langueur? Est-ce que je ne suis pas bien près de votre pensée lorsque je ne la suis pas ? Ah, mon ami! Ces questions ne vous peignent qu'une bien faible partie de ce que je sens; je meurs de tristesse. Mes amis me croient affectée de ces maux. Je voyais ce soir la bonté de M. d'Andezi et de M. de Schomberg : ils me rassuraient sur ma poitrine ; ma toux les déchirait, et ils me consolaient. Les excellentes gens ! ils ne savent pas tout ce que je souffre ; mais je ne mérite pas d'être plainte, même par vous : car jugez de l'excès de ma folie ; je sens que je vous aime pardelà les forces de mon âme et de mon corps. Je sens que je me meurs de n'avoir point de communication avec vous : cette privation est de tous les supplices le plus cruel pour moi. Je compte les jours, les heures, les minutes ; ma tête s'égare sans cesse : car je veux l'impossible, je veux
avoir de vos nouvelles les jours où le courrier n'arrive point : enfin, que vous dirai-je, je vous aime à la folie. Eh bien ! après cela, comprenez-moi si vous pouvez, Je ne vous envoie point mes lettres; je vous choque, je vous irrite,, ne fût-ce que par contradiction : il y a plus, c'est que si, par quelque hasard, vous veniez à être forcé de rester dans le lieu où vous êtes, six mois, ou un an, ou toute la vie, je crois pouvoir répondre que vous n'entendriez jamais parler de moi. Concevez, d'après cette disposition, l'horreur que m'a causée ce maudit billet, daté d'un lieu qui se peint à moi d'une manière plus effroyable que l'enfer ne s'est jamais peint à sainte Thérèse et aux têtes les plus exaltées. Nulle raison dans la nature ne peut combattre une aussi funeste impression : je frissonne encore, en me rappelant cette date et le peu de lignes qui la suivaient. O ciel ! qu'étiez-vous devenu ! aviez-vous donc cessé absolument d'être sensible à mes maux ? Adieu ; ce souvenir flétrit mon cœur.
15 novembre, vendredi après l'heure de la poste,
Non, les effets de la passion ou de la raison (car je ne sais laquelle m'anime dans ce moment) sont incroyables. Après avoir attendu le facteur avec ce besoin, cette agitation qui font de l'attente le plus grand tourment, j'en étais malade physiquement : ma toux et ma rage de tête m'en avaient avancée de cinq ou six heures. Eh bien ! après cet état violent, qui n'est susceptible ni de distraction ni d'adoucissement, le facteur est arrivé, j'ai eu des lettres. Il n'y en avait point de vous ; j'en ai reçu une violente commotion intérieure et extérieure, et puis je ne sais ce qui est arrivé, mais je me suis sentie calmée : il me semble que
j'éprouve une sorte de douceur à vous trouver encore plus froid et plus indifférent que vous ne pouvez me trouver bizarre. En me prouvant que je ne suis rion pour vous, je crois qu'il me sera plus aisé de me détacher de vous. Tl m'est tellement démontré que vous ne pouvez faire que le malheur de tous les instants de ma vie, que tout ce qui me donne la force de m'éloigner de vous, de m'en séparer, est réellement pour moi le plus grand soulagement que je puisse sentir. Me voilà à souhaiter que vous soyez retenu par goût, ou par force, dans le lieu où vous êtes : votre absence cesse d'être un mal pour moi ; c'est du repos. Adieu.
LETTRE GLXV.
Lundi, trois heures après-midi , 1775.
Mon ami, que vous êtes aimable, et que vous justifiez bien l'excès de mon égarement et de mon malheur! Oui, je le crois, ce que j'ai souffert, ce quej'atlends, rien n'aurait le pouvoir de m'empêcher, de me garantir de vous aimer, si je ne vous aimais pas. Il y a des choses qui me font croire à la fatalité : je devais donc vivre pour vous revoir, et j'en devais mourir. Mais, mon ami, je vous ai aimé, je ne me plains plus. Laissez-moi donc subir ma destinée, et gardezvous de mettre le comble à mes maux, en me faisant aimer la vie au moment où il faudra la quitter, où je sens qu'elle m'échappe. Hélas, mon ami î par bonté, par pitié, laissezmoi croire que la mort me délivrera d'un fardeau qui m'accable ! laissez- moi arrêter, reposer ma pensée sur ce moment tant désiré, si attendu, et dont je me sens appro-
cher avec une sorte de transport ! Mais aussi, lorsque je vous écoutais hier, que je vous voyais, je pensais avec attendrissement que bientôt je vous dirais adieu pour jamais. Je me tâtais, j'aurais voulu ne pas me croire si malade ; je regrettais de ne pouvoir plus espérer. Enfin, mon ami, ma tendresse pour vous remplissait mon âme, et ne me permettait plus de former un souhait qui eût pour objet de me séparer de vous. Ah ! sous cet affreux rapport, la mort sera un mal, un grand mal. Mon Dieu ! vous ne saurez jamais le déchirement , l'espèce de mort et d'angoisse où je viens de passer ces trois dernières semaines. Ce n'est pas la perte de mes forces, ma maigreur, l'excès de mon changement qui sont étranges. Ce qui est inouï, c'est que ma vie ait résisté à cette torture. Mais vous voilà; je vous ai retrouvé plein de bonté, de sensibilité : vous avez calmé mon âme, vous avez mis du baume dans mon sang. Il m'était moins pénible de souffrir cette nuit ; je n'ai point dormi, j'ai eu la fièvre, j'ai toussé; mais en vérité je n'ai pas été malheureuse : car j'étais occupée de vous d'une manière douce et sensible. Je pensais que je vous écrirais, et je n'osais pas espérer recevoir de vos nouvelles. Mais cela ne me paraissait pas impossible. Jugez du sentiment de bonheur que j'ai eu lorsqu'en entrant dans ma chambre, l'on m'a dit de la part de M. de G Mon ami, ces
mots m'ont fortifiée pour ma journée ; je ne crains plus la fièvre avec votre lettre : le remède a plus de pouvoir sur moi que le mal. — Seulement, je chasserai de ma pensée ce qui veut y revenir sans cesse. // est arrivé samedi à cinq heures à Paris, et il a attendu jusquà dimanche une heure, pour savoir si fêtais morte, malade, ou au comble du malheur. Ah, mon ami ! vous aviez donc oublié que je vous aimais, et vous ne saviez donc plus comment j'aime
avec toutes les facultés de mon àme, de mon esprit, avec l'air que je respire. Enfin j'aime pour vivre, et je vis pour aimer.
Je meurs d'envie de savoir ce que vous aura dit M. de Saint-Germain. J'ai pensé de nouveau à sa lettre : elle est fort bien, mais fort bien ; et je ne doute pas que vous ne soyez content de la conduite qu'il aura avec vous. Si ce n'est pas le matin que je vous vois demain mardi, écrivezmoi un mot, car je ne doute pas que vous reveniez ce soir. Si vous ne venez pas le matin, et que vous ne puissiez pas me donner votre soirée, il faut que vous sachiez que, depuis quatre heures jusqu'à cinq et demie, je suis seule : ainsi voilà trois manières de me voir avec liberté. Prenezen donc une, mon ami; car j'ai besoin de vous voir. Bonjour. Vous voyez que je me dédommage. Eh ! bon Dieu ! j'ai tant souffert de me taire ! Mon ami, croyez-vous qu'il y ail ou qu'il y ait eu quelqu'un dans le monde plus vivement frappé de vos agréments, et plus profondément occupé de vous ? croyez-vous enfin qu'il y ait un degré de tendresse et de passion par de-là celui qui m'anime ? Les battements de mon cœur, les pulsations de mon pouls, ma respiration, tout cela n'est plus que l'effet de la passion : elle est plus marquée, plus prononcée que jamais; non pas qu'elle soit plus forte, mais c'est qu'elle va s'anéantir, semblable à la lumière qui revit avec force avant que de s'éteindre pour jamais. Adieu, mon ami. Je vous aime.
LETTRE CLXVI.
Quatre heures, 1775.
Mon ami, je n'ai pas fait ce que vous vouliez, je vous
en demande pardon : mais il est au-dessus de mes forces de vous adresser une lettre dans le lieu où vous êtes. Cependant je ne suis pas assez injuste pour souhaiter que vous n'y soyez pas, et même avec plaisir et intérêt. Je suis inconséquente, faible et malheureuse, voilà tout. Souffrezmoi telle que je suis, et moi je vous aimerai à la folie tel que vous êtes. Mon Dieu ! que vous êtes aimable de m'avoir écrit ce petit mot en partant ! Il a ranimé un instant mon âme abattue. Ah, mon ami! qu'il m'est difficile de vivre ! votre présence seule peut me faire supporter le sentiment de la perte que j'ai faite : tout le reste m'avertit que mon malheur est sans ressource comme sans consolation ; tous mes amis, tous leurs soins me font sentir que rien ne peut désormais pénétrer jusqu'à mon cœur. C'était M. de 3Iora ; c'était mon sentiment pour lui qui animait tout pour moi; hors vous et mon affection pour vous, tout s'est éteint avec lui. La nature entière me paraît morte, je ne voudrais pas la ranimer, mais je voudrais m'anéantir. Que faire d'une existence aussi douloureuse et aussi languissante? Mon ami, vous m'aiderez à la supporter, et cela suffira quelque temps à votre bonté et à votre délicatesse. Vous vous direz : je soulage, j'adoucis le malheur, j'essuie les larmes d'une personne qui ne tient à la vie que par moi. Mais, mon ami, ce sentiment de vertu ne saurait satisfaire entièrement votre âme : son ardeur, sa chaleur, son activité ne se contenteront point d'avoir adouci mes maux, vous voudrez, et avec raison, faire ma consolation, mais cela sera impossible, et bientôt vous vous refroidirez. Je sens, je prévois cet avenir, et il me paraît tout près de moi. Pourquoi l'attendre? Ne serait-il pas doux et facile de le prévenir? Ah! laissez-moi achever de mourir! Ne cherchez point à réchauffer, à ranimer une âme que le plaisir
et la douleur ont consumée. Je vous trouve si aimable, si digne d'être aimé, que vous me feriez regretter à chaque instant la force et la vivacité que j'ai perdues. Non, ce n'est pas moi, en effet, qu'il faut aimer. Vous sentiriez trop souvent que vous me faites grâce, et cela flétrirait votre cœur. Vous devez régner sur une àme vive, jeune, remplie de chaleur et de passion ; la mienne ne peut plus s'élever jusque-là. Elle n'est animée que par la tendresse et la sensibilité. Vous en êtes l'objet ; il n'y a point de moment où je ne trouvasse de la douceur à vous en donner des preuves : mais puisqu'il y a mieux, et plus que cela, vous y pouvez prétendre, et avec raison. — Mon ami, le chevalier de Chatelux a résolu de me tourner la tête; il est encore venu passer la soirée hier avec moi. Il est arrivé de Choisi à onze heures, et il est venu descendre chez moi. Il m'a trouvée avec de M. Gondorcet et M. d'Andezi. J'étais presque morte quand il est entré, et je n'ai pas été plus en vie pendant tout le temps qu'il a été avec moi. Il est bon, plus encore qu'il n'est vain : car il m'a demandé plusieurs fois si je souffrais. Il comparait mon état de la veille à celui où j'étais, et il ne se doutait pas que le charme qui me soutenait, qui m'animait le jour d'avant, était évanoui. Il agissait ailleurs sans doute ; et cette pensée n'était pas consolante pour moi. Je me suis couchée fort tard. Je n'ai point dormi, et à six heures j'ai pris de l'opium, mais en assez petite dose, pour diminuer seulement le besoin que je sens d'en prendre cent grains. En effet, il m'a ôté l'activité et le déchirant de ma douleur. Je souffre, mais aussi je sens que je vous aime. — Je pense que je vous verrai dimanche matin ; que peut-être j'aurai de vos nouvelles demain : si cela n'était pas, j'en serais quitte pour reprendre deux grains, et je vous attendrais sans me plaindre et
sans vous aimer moins. Mon ami, je me sens d'une douceur, d'une modération qui me font peur. Cette dernière vertu me paraît faite pour les habitants des limbes, et je crains d'y être condamnée. Je n'ai connu que le climat de l'enfer, quelquefois celui du ciel. Il n'y a plus moyen de façonner mon âme à une autre température : cela veut dire que, lorsqu'on a touché le dernier terme du malheur et de la félicité, il ne reste plus qu'une chose à faire, mourir. Et voilà, en effet, où j'aspire, où j'aurais déjà atteint si vous ne m'en aviez détournée. Adieu. Je vous aime de toute mon âme ; mais ce n'est pas assez, ce n'est rien pour ce que vous méritez, et ce que vous devez m'inspirer. Si j'ai de vos nouvelles, je vous en remercierai, et puis je vous enverrai ma lettre pour que vous la trouviez en arrivant.
M. d'Andezi va dîner mardi à Auteuil, il sera ravi de vous mener. Je ne vous ai pas dit que j'avais répondu le billet le plus sot, le plus plat. Mais il ne m'importe guère ; elle est au moins indulgente, et mon amour-propre ne peut plus être difficile à contenter. Adieu donc.
Après l'arrivée de la poste.
Non, vous ne vous y méprenez pas, vous connaissez mon sentiment : vous voyez dans mon âme, vous savez ce qu'elle est pour vous ; vous avez vu ses combats, ses remords, vous voyez sa douleur. Je vis; après cela ai-je besoin de vous dire que je vous aime, que ce qui me reste d'activité est employé à vous désirer, à craindre votre absence, à croire que je ne pourrai pas la supporter? et si ma pensée peut s'y arrêter avec un peu de calme, c'est en me disant que je retrouverai, peut-être, le courage que
ni ote \olre présence : car comment trouver la force de mourir, quand on voit ce qu'on aime î Mon ami, \otre lettre est aimable comme vous : elle est pleine d'intérêt, j'en avais besoin. Ah! mon Dieu! comme j'ai souffert cette nuit! je n'en puis plus, mais je vous aime.
Rapportez-moi ma lettre et pardonnez-moi ; on ne guérit pas de la peur.
LETTRE CLXVH.
Onze heures et demie du soir, 1775.
Vous ne venez pas, et je n'ai point de lettre de vous ! Cela est bien vide. Mon ami, je vous aime, sans doute, mille fois mieux que Bérénice n'aimait Titus, .Mais malheureusement je ne puis pas faire le même emploi de mon temps : je ne saurais le passer tout entier à vous attendre, et ceci n'est pas hors de propos. Par exemple, l'espérance de vous voir ce soir m'a fait éconduire un de mes amis. Cela m'a peinée en vous attendant, et actuellement cela m'inquiète ; car même les amis s'éloignent bien vite. On a tant d'affaires et de dissipation qu'il faut une grande bonté pour me sacrifier des soirées. Vous allez avoir mauvaise opinion de moi, je ne serais ni inquiétée, ni atiligée, si j'avais éconduit ce qui m'aime. Il a actuellement ce degré d'intérêt qui pardonne, et qui fait qu'on lc prend
point un refus pour un dégoût. Mais M. J) n'en est pas
là. En se répétant deux fois, on ne peut plus la voir, il s'y soumettra comme à la nécessité. Cependant le moyen de l'avoir là, quand je vous attends ! Si bien donc que je vous prie de ne me pas faire partager vos doutes; ils tournien-
tent mon âme, et ils laisseraient mes soirées trop solitaires. — Savez-vous bien que j'ai passé trois heures fort alarmée sur l'état de M. de Saint-Germain ? On disait qu'il était mal, qu'on craignait une fluxion de poitrine, et cette pensée me faisait frémir. La France est donc frappée de malédictions, me disais-je ! Et puis vous, votre intérêt, tout cela m'agitait, et je me taisais. Sur les sept heures on m'a annoncé une jolie femme, elle s'est mise à côté de moi. Sauriez-vous des nouvelles de M. de Saint-Germain ? — Oui, vraiment, j'en ai de sept heures du matin : elles étaient fort bonnes; mais j'ai donné ordre, chez moi, de m'apporter ici des nouvelles de cinq heures que je dois avoir à huit heures. J'ai été alors tout-à-fait calmée, et je n'avais plus besoin de sa lettre qui est pourtant arrivée comme elle l'avait dit ; elle était datée de la chambre de M. de Saint-Germain, et elle était si rassurante, que je suis persuadée que vous aurez pu travailler avec lui. Mon Dieu ! je le voudrais : car lorsque réellement on n'est pas ministre, il y a bien peu de chose qui dédommage de la perte de sa liberté. On ne fait guère ce sacrifice qu'à la fortune et à l'amour ; et en vérité on a bien raison : l'idée de chaîne, fût-elle d'or, révolte mon âme. Bonsoir. J'ai souffert, je ne connais plus que la douleur, et cependant vous dites qu'il faut chérir la vie ; cela ne me paraît pas bien conséquent.
Onze heures du matin.
Je reçois votre lettre, mon ami. Je vous remercie de ne m'avoir pas laissée dans l'incertitude plus longtemps. J'en ai encore sur votre retour, et c'est bien assez : car vous me dites bien faiblement que vous me verrez aujourd'hui.
En tout, ce billet est un peu froid, mais il est une marque de bonté et d'attention ; ainsi je dois m'en louer. Bonjour, mon ami. J'enverrai cette lettre chez vous pour que vous l'ayez en arrivant ; et j'espère que si je ne vous vois pas ce soir, j'aurai de vos nouvelles demain matin de bonne heure. Écrivez-moi en vous levant, ou avant que de vous coucher.