‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 32 sur 128 · I. Voirtn/"fa, p · texte numérisé non relu

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8UR MADEMOISELLE DE LESPINASSB. LYIi

mort reviendra souveut sous sa plume, mais mclé aussi à de nouveaux élans de passion, à de nouveaux témoignages d'amour. Parlant d'elle et de M. de Mora : a C'est vous, dît-elle, qui aviez troublé, renversé le bonheur d«-. cette âme si tendre et si passionnée! C'est vous qui nou-: aviez condamnés à un malheur affreux, et c'est vous que j'aime. Je serais morte de douleur et je suis deslinc^e ii vivre, à languir, à gémir, à vous aimer, h maudire san • cesse la vie et h en chérir quelques instants *. »

Par son cœur, par son esprit, par sa personne, M. do Guibert justifiait-il cette passion violente, on pourrait presque dire coupable, en songeant et à M. cle Mora, mourant à Bordeaux, et à ce malheureux d' Alembert, pour qui la froideur, les préoccupations trop évidentes de ; on amie, étaient une douleur de tous les instant^;? Ce fut la singulière destinée de M. de Guibert de s'être attiré dans la seconde partie de sa vie autant de détracteurs que dans la première il avait rencontré d'enthousiastes. Après avoir trop exalté son talent, son génie môme, on se plut trop aie rabaisser. La vérité est entre ces deux excès. Ce ne fut pas assurément un homme ordinaire, que celui qui, écrivain militaire, a obtenu rostime de Napoléon*, et qui, homme du monde, après avoir inspiré la plus vive passion à mademoiselle de Lespinasse, devait, un peu plus tard, occuper l'imagination de madame de Staël et peut-être intéresser son cœur. « M. de Guibert, dit un contemporain, est fort bien de figure et de taille*. » Et cette opinion n'est pas dé-

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