‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 89 sur 128 · f.KTTKBS-'BIVBRSBS ET OPUSCULES · texte numérisé non relu

f.KTTKBS-'BIVBRSBS ET OPUSCULES

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p^' '- Parii, ee mardi à midi, 1771.

MU" deLespinaése est dans son lit, Monsieur, avec la flèvra

/;. . double tierce, depuis huit Jours : c*est une rechute. Elle a

iu votre lettre aTec beaucoup d'intérêt^ et un sensible

r regret de ¥4>ir que votire situation n'est pas plus heureuseï

elle ne peut con^prendre quelles sont les personnes de la

société qui ont pu désapprouveir la modération de votre*

^/.' conduite à l'égard de votre libraire ; en tous cas, cejuge-

^y ment n'étoit pas faitpour tous troubler et pour arrêter un

^>> . moment votre pensée^ car il est bien absurde, et il y auroii!

^ bien peu de mérite et de foixre à tuer un insolent qui vous

y- ' a manqué de parole; au lieu de cela, il y a beaucoup de

(- ^ ' sagesse et d'honnêteté dans votre conduit*^. Pour moi, je ne

ï?^ :. r . . sauroiavous dupe le TQgrêt.' mortel que j'ai de vous avoir

^; "" , proposé'cet JifiOfiai6«là;|e aulsafOigé de.çe que nous allons

£^!.:^- Vous perdre, inâbjevoiseii^me temps que. votre maa-

"^ vaise fortune doit vous lasser. Si vous vouliez, Monsieur,

entrer dans le service de Sardaigne, le Roi va faire de

grands changemens dans ' les troupes, et sûremeni il

accueilleroit bien un officier françois; dans ce cas, je con-

nois deux personnes qui pourroienl vous donner des

recommandations; si c'éloit en Russie, vous y connoissez

beaucoup' de gens, mais il y a le frère de M. de Carbon qui

est dans Tarlillerie, et à la (ôle d'un corps qu'on appelle les

cadets; il pourroit peut-être vous être utile. 11 n'est pas

Rouge et les bords du Gange. Dans le cours de ce même mois d'aoûl 1774, Condorcet écrivait sur ce sujet à Turgot : c Uademoisellc de Lespinasse est toujours souffrante ; elle n'en est que plus ardente pour tiier les malheureui de peine ; elle m'a reparlé du chevalier de Saint-Perre. Tâchez donc de faire quelque chose pour lui, quand ce ne seroit que de lui assurer les cent pistoies qu'où lui donne. Il sait d'ailleurs assez de mathématiques pour conduire des travaux, pour lever des plans, et vous pourriez l'employer. Car vous ne deves avoir aucune confiance aux gens des ponls et chaussées ; Peyronnet vouloît, l'utre jour, faire l'atiucduc de l'Yvclle eu forme d*escalier. s — A quoi Turgot répondit, le 17 août : « Je ne crois pas trop possible ce que me propose M. de Sainl-Pierre; mais je chercherai sûrement à l'employer. (Œuvres di Condorcet, Paris, 1847-i9, t. I, p. 248.)

I. Aimé Martin^ Mémoires sur la vie et les ouvragée de Bernardin de Saint -Pierre, Paris, 18 26, p. 453.

DE MADEMOISELLE DE LESPINASSE, ^Ml

dans ce moment à Paris, ainsi que M. de Carbon, mais ils seront tous ici après Fontainebleau. A l'égard du service d'Kspagne, M, de Mora n'est pas dans ce moment-ci en mesure de vous obliger, parce qu'il est dans l'impossibilité de s'occuper d'autre chose que de Madame sa miîre qui so meurt^ depuis trois mois, de la poitrine. Lui-môme est dans un état de santé qui ne lui permet guère de mettre de la suite à rien, cependant si vous préfériez le service d'Espagne, si c'est celui où vous vous promettez le plus d'avantago, je connois quelqu'un ici qui peut-être seroit à portée de vous obliger, mais qui est aussi à Fontainebleau. Ce seroit bien mal juger M'*« de Lespinasse, Monsieur, que de croire qu'elle vous eût fait un tort de voire mélancolie. Elle l'a intéressée et elle ne vous a jamais vu sans sentir s'augmenter en elle le désir de pouvoir vous obliger, par elle ou par ses amis. Quant à moi, Monsieur, je me suis affligé souvent de mon impuissance et de mon peu de moyens, et je ne désirerois rien tant que de trouver l(r occasions de vous prouver l'estime distinguée et l'allache ment sincère avec lequel j'ai Thonnenr d'être. Monsieur, votre trùs-huLnble et très- obéissant serviteur.

o'alembert.

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