A M. PORTAIL
PRÊTRE DB LA MISSION, A ROME
n loi parle da renoavellement des vœax (kit à la fin de la retraite.
4 octobre 1647.
Nous sortons de retraite, nous étions dix-huit en une bande et trente-deux en une autre ; nous venons de faire le renouvellement de nos vœux ; et parce que quelques-uns ont dit qu'ils sont nuls et avaient difficulté de les renouveler (M. N. et un clerc étaient les principaux), j'ai empêché que ce dernier les ait renouvelés. Et mondit sieur N. m'étant venu trouver pour me dire que toutes ses difficultés étaient tombées ensuite de quelque chétif discours que je leur fis hier au soir à tous, il m'a demandé ce matin, de bonne façon, la permission de les renouveler; et effectivement m'a apporté quantité de choses qu'il avait en particulier, pour s'en dépouiller, lesquelles je lui ai néanmoins laissées, et lui ai permis de renouveler ses vœux avec les autres.
La petite exhortation que j'ai faite contenait deux points : le premier éts^it des raisons que nous avions de faire cette rénovation, en sorte qu'il plût à Dieu nous donner la grâce qui accompagne les vœux ; et le second était des moyens, où j'ai dit deux choses : l'une, que je priais ceux qui ne sentaient pas en eux la résolution d'y persévérer, de s'en retirer ; et l'autre, qu'une marque d'avoir cette grâce, c'était d'être résolu de ne jamais parler contre cette action et de la défendre dans les occasions contre ceux qui l'improuveraient, parce que sans doute l'on fera ce qui se pourra pour impugner ces vœux et au dedans et au dehors. Dieu a béni.
ce me semble, cet entretien; je n'ai jamais vu plus de sentiments de dévotion qu'il en a paru en tous, excepté en moi, misérable, le plus grand pécheur du monde. Si donc Ton împugne la chose, ce sera à cause de la réserve de la dispense au Pape; et néanmoins les docteurs de deçà nous disent qu'on l'a pu faire, que chacun peut renoncer à son droit de recourir à l'Ordinaire et se rapporter à Sa Sainteté pour la dispense. Il appartient au Pape primitivement de dispenser des vœux et privativement à l'égard de ceux de chasteté et du pèlerinage de Rome.
Jamais je n'ai mieux vu l'importance de nos vœux qu'aujourd'hui. Mgr Ingoli nous peut beaucoup aider pour l'approbation, comme il a fait pour notre bulle et pour notre établissement à Rome. Je vous prie que M. d'Horgny, M. Alniéras et vous. Monsieur, lui fassiez bien entendre que nous avons été en peine pour l'affermissement de notre institut, duquel il est assez informé : MM. les prélats ne désirant pas que nous soyons religieux, et les religieux nous conseillant le contraire, fondés sur la légèreté humaine et les grands travaux de notre état ; que la providence de Dieu a enfin inspiré à la Compagnie cette sainte invention de nous mettre dans un état dans lequel nous avons le bonheur de l'étÉ^t religieux par les vœux simples, et de demeurer néanmoins dans le clergé et dans l'obéissance à nosseigneurs les prélats, comme les moindres prêtres de leurs diocèses, quant à nos emplois.
Je tâcherai de vous envoyer aujourd'hui ou vendredi l'avis des docteurs, MM. le Pénitencier', DuvaP, Péreyret^,
1. Louis Bail, né à Abbeville^ docteur en Sorbonne, pénitencier de Notre- Dame de Paris^ mourut en 1669.