‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 128 sur 267 · A M. BLATIRON · texte numérisé non relu

A M. BLATIRON

SUPÉRIEUR A GÊNES

Il parle avec éloge des missionnaires de Gênes.

14 février 1648.

Monsieur,

Les grâces que Dieu verse sur vos travaux sont des effets de sa pure miséricorde, et non de nos chétives prières ; nous sommes de pauvres gens plus capables de détourner ses bénédictions que de les attirer. Je remercie sa divine bonté du zèle et de la fidélité qu'elle donne à votre cœur et à ceux, qui sont avec vous. Certes, Monsieur, je suis si touché de

l'usage que vous faites de ces vertus et de beaucoup d'autres, que, quand Toccasion se présente d'exciter la communauté de Saint-Lazare à sa propre perfection, je lui rapporte les exemples que la vôtre nous en donne; je lui raconte vos longs travaux, nonobstant les infirmités d'aucuns : votre patience dans les difficultés, la charité et le support que vous avez les uns pour les autres, le gracieux accueil, la prévention d'honneur et les services que les externes trouvent en chacun de vous. D'où vous voyez. Monsieur, que le miel de votre ruche s'écoule jusque dans cette maison et sert à la nourriture de ses enfants. O Dieu ! quel sujet de consolation pour toute la Compagnie ! mais quel motif à notre petite famille de s'humilier devant Dieu et de faire toujours de mieux en mieux, puisqu'il se plaît à étendre et à multiplier ainsi les biens qu'elle fait aux lieux mêmes où elle n'est point !

Les présents que l'on vous apportera dans Gênes, vous les pourrez recevoir, quoiqu'ils viennent des lieux où vous avez fait la mission, mais ceux que l'on vous pourrait offrir en faisant lesdites missions, refusez-les honnêtement, etc.

Page 1