DES RELIGIEUX DE GRANDMONTI
II 8*excuse d'un retard causé par la maladie et Toubli de son secrétaire. -> Il le pfie de confier un prieuré à un de ses religieux, avec mission d'y rétablir la primitive observance.
24 janvier i652.
Mon Révérendissime Père,
Il y aura tantôt six mois que M. le comte de Brienne m'envoya une lettre du roi pour la faire tenir à Votre Révérence : ce que je ne fis pour lors, d'autant que j'étais grièvement malade ; et ne l'ai fait depuis par la faute de celui qui prend soin de mes papiers, lequel ne m'a parlé de cette lettre que depuis deux jours. Je demande très humblement pardon à Votre Révérence de ce retardement. La raison pour laquelle Sa Majesté lui écrit est que cela fut ainsi résolu dans le conseil des affaires ecclésiastiques, lorsque, ayant vaqué un prieuré de votre Ordre au diocèse de Lodève, on considéra un de vos bons religieux, nommé le père Fromont, pour une pension, à condition d'y rétablir l'ancienne régularité, ainsi qu'il a fait en quelques autres de vos maisons, laquelle pension passerait de lui à ses successeurs en l'observance d'icelle règle : de quoi ayant fait part à la reine, Sa Majesté en témoigna une grande joie et nous commanda de tenir la main à l'exécution, ce qui me rend coupable de ne l'avoir fait jusqu'à présent.
Il y a sujet d'espérer que le bon Dieu se veut servir de
I. L'ordre de Grandmont fut fondé vers 1076, par saint Etienne, dans l'abbaye de Limousin, diocèse de Limoges; et c'est là que résidait le général de l'ordre.
vous, mon Révérendissime Père, pour relever un Ordre si saint que le vôtre, qui a été très célèbre dans TÉgliseetà bénédiction en ce royaume, puisque, sous votre gouvernement, il commence à répandre la même odeur qu'il a répandue en sa première façon de vie, de laquelle les gens de bien souhaitent le rétablissement.
Le roi y veut contribuer; et il semble que c'est le dessein de Dieu, en tant qu'il vous a donné ce bon religieux comme un instrument fort propre, duquel Votre Révérence se peut servir; ce qu'elle fera très utilement si elle a agréable de lui donner son grand vicariat pour régir les maisons de Thiers et de Lodève, avec pouvoir d'y recevoir des novices et des profès en ladite ancienne observance, le tout sous votre autorité et sainte conduite. Cest, comme je crois, mon Rêvérend Père, le sujet duquel le roi vous écrit; il ne doute pas que Votre Révérence ne réponde à ses intentions en chose si raisonnable, qui tend à la gloire de Dieu, à la manutention d'un corps duquel vous êtes le chef; et sans nul doute Notre- Seigneur établira, par vous et par vos ministres, son esprit religieux pour y régner dans les siècles à venir, et par ce moyen rendre votre personne et votre zèle recommandables à la postérité, outre le mérite que Votre Révérence en aura devant Dieu, à qui je demande sa conservation et la grâce de lui rendre mon obéissance en quelque bonne occasion, comme à un prélat que j'estime et respecte grandement, et à qui je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, mon Révérend Père, votre, etc.