‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 91 sur 267 · A M. CODOING · texte numérisé non relu

A M. CODOING

SUPÉRIEUR, A ROME

Ne rien précipiter ni. dans l'entreprise, ni dans Texécution.

6 août 1644.

Monsieur,

... Je vois, par votre lettre du 10, encore un nouveau dessein d'élever les jeunes enfants jusqu'à l'âge de dix-huit ans aux lettres humaines, et comme vous abandonnez le dessein du séminaire des ecclésiastiques, comme aussi les propositions qui regardaient les biens à faire à l'égard de la jeunesse de Catalogne ; à quoi je vous dirai. Monsieur, ce que je vous ai dit d'autres fois : que je crains que vous vous pressiez trop en toutes choses. C'est aussi la pensée des externes qui voient vos allures de delà ; et je ne vous cèlerai pas qu'un seigneur de condition me l'a dit lui-même : et cela se fait

parce que vous vous occupez incessamment des pensées et des moyens de faire progrès, et vous vous empressez dans l'exécution ; et quand vous entreprenez quelque chose qui ne réussit pas à votre gré, vous parlez de changer aux premières difficultés qui se présentent.

Au nom de Dieu, Monsieur, pensez à ceci et à ce que je vous ai dit d'autres fois, et ne vous laissez point emporter à l'impétuosité des mouvements de l'esprit. Ce qui nous trompe pour l'ordinaire est l'apparence du bien selon la raison humaine, qui n'atteint Jamais ou rarement à la divine. Je vous ai déjà dit. Monsieur, que les choses de Dieu se font par elles-mêmes, et que la vraie sagesse consiste à suivre la Providence pas à pas ; et assurez-vous de la vérité d'une maxime qui paraît paradoxe : que qui s'empresse recule^ aux choses de Dieu,

8i. — A M. DULYS,

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