I. H s'agit de la doctrine janséniste
33o. — A M. COGLEE,
SUPÉRIEUR^ A SEDAN
Il l'autorise à faire une aumône à des enfants, pour qu'ils puissent continuer leurs études. — Si rien n'indique des talents remarquables, il vaut mieux donner un métier aux enfants que leur apprendre le latin. — II interdit de manger en ville, ou de rien changer aux usages de Ja Compagnie, sans l'autorisation du Supérieur général.
i3 avril i656.
Monsieur,
M. Florent ' nous presse de fournir de l'argent pour acheter des livres à Tusage de ces pauvres enfants qui vont à son école ; Je vous prie de donner pour cela un ou deux écus par mois, pendant trois ou quatre mois, de l'argent que les dames vous envoient pour les pauvres de Sedan ; elles agréeront cette petite dépense, puisque ces enfants sont en effet pauvres, et ne pourraient pas étudier sans cela. Quant à nous, nous le sommes trop pour pouvoir faire cette aumône.
J'estime aussi. Monsieur, qu'il n'est pas à propos de la continuer, parce que, pour l'ordinaire, il sert de peu à la jeunesse de commencer l'étude du latin quand elle n'a pas moyen d'y faire quelque progrès, ainsi qu'il arrive lorsque les parents ne peuvent leur donner les choses nécessaires, si ce n'est quelque bon esprit, qui, se faisant reconnaître pour tel par son avancement extraordinaire, donne sujet à quelque personne charitable de l'aider à se pousser. Hors cela, la plupart sont pour demeurer à mi-chemin. Il vaut bien mieux que de bonne heure ils apprennent un métier; et c'est le bien que vous devez procurer à ces pauvres enfants, en portant leurs parents à les mettre dans quelque apprentissage, ou bien en priant Dieu qu'il inspire aux dames catholiques de la ville de faire comme ont fait celles de Reims, qui se sont liées pour quantité de bonnes œuvres, et qui s'assem-
I. M. Jean-Baptiste Florent, né à Lille en Flandre, en 1622; reçu à Paris le 4 novembre 1645.
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blent toutes les semaines pour prévoir les biens qu'elles peuvent faire, et pour en prendre les moyens. Or elles ont entrepris le soin des pauvres enfants, et avec telle bénédiction, qu'en moins de huit mois elles en ont mis près de cent vingt en métier, sans parler des filles, dont elles en ont aussi placé plusieurs. Si vous voyiez quelque ouverture à porter vos bourgeoises à faire de même, il en faudrait espérer de la bonté de Dieu le même succès.
On m'a dit une chose qui m'a fort surpris, et certes affligé plus que je ne vous puis exprimer, c'est que vous avez mis en délibération, en votre compagnie, s'il était à propos qu'elle allât manger en ville, et que, la plupart des opinions ayant été pour l'affirmative, vous avez ensuite introduit cette coutume.
Je vous prie. Monsieur, de trouver bon que je vous dise que vous avez mal fait de mettre à la pluralité des voix une chose que vous saviez bien être contre notre usage ; car, un supérieur particulier ne pouvant rien innover dans sa maison que de l'ordre du Général, ceux qui la composent ne le peuvent faire non plus, quand même ils en conviendraient tous ensemble. Il arrive tant d'inconvénients lorsqu'on entreprend de changer quelque ordre déjà établi, que nous sommes obligés d'y tenir la main. Les banquets sont fort fréquents en Pologne, et nos prêtres ont été obligés du commencement de se trouver à quelques-uns pour ne pas condamner d'abord une coutume si fort approuvée ; mais, parce que l'usage tourne facilement en abus, nous avons aussi été contraints de leur défendre absolument de manger hors de la maison. Faites savoir à la vôtre, s'il vous plaît. Monsieur, que je la prie de prendre cette défense pour elle comme j'espère que vous ferez pour vous, en sorte que désormais on ne voie aucun missionnaire aller boire ni manger en ville, en quelque lieu ni sous quelque prétexte que ce soit.
Une autre raison pour laquelle vous ne deviez pas mettre en délibération cette matière est que les affaires de la conduite se doivent traiter en particulier, entre vous et vos assistants ' seulement, sans jamais les exposer aux divers sentiments de la communauté.
Que si vous êtes d'avis contraire à celui de vos assistants dans les difficultés que vous leur proposez, ne suivez pas leurs lumières si vous ne voulez ; mais ayez pour maxime de m'en écrire toujours, si la chose est importante, je suppose que ces propositions ne soient jamais contre nos règles ou nos pratiques ; car si elles le sont, vous n'en devez délibérer avec personne, ni vous adresser qu'à moi seul.
Je prie Notre-Seigneur qu'il ait agréable de vous informer pleinement de ses volontés dans tous les doutes où vous pouvez vous trouver, ne doutant pas de votre affection pour les accomplir. Demandez-lui, s'il vous plaît, la même grâce pour moi, et l'esprit ecclésiastique pour nos ordinands, qui sont plus de cent. Je salue votre petite communauté au pied de la croix de Notre-Seigneur, où j'espère que la présente vous trouvera tous en esprit, et où vous me trouverez aussi, en l'amour de ce même Seigneur crucifié, votre, etc.
33i. — A M. JOLLY,
SUPÉRIEUR, A ROME
11 témoigne de sa satisfaction d'apprendre qu'une mission doit être donnée à la paroisse
de Saint-Jean-de-Latran.
14 avril i656.
Monsieur,
Je rends grâces à Dieu de l'ordre que vous avez reçu de faire la mission dans la première paroisse du monde, quoique pauvre, qui est celle de Saint-Jean-de-Latran. Puisque vous n'êtes pas présentement en état de la faire, par l'absence de