A M<^» L'ÉVÈQUE D'ALET
Il l'invite avec instance à venir loger à Saint-Lazare pendant son séjour à Paris.
3o janvier 1657.
Monseigneur,
Je viens d'apprendre que la providence de Dieu vous a fait députer par les états de Languedoc vers le roi, et que par ce moyen Paris, qui a ouï dire tant de choses de vous et de rincomparable bénédiction que Notre-Seigneur a donnée à vos conduites, commence à tressaillir de joie en l'espérance de voir votre personne sacrée.
Dieu sait, Monseigneur, combien est grande celle que cette heureuse nouvelle m'a apportée, quelles sont les grâces que Je rends à la même Providence de ce qu'elle me donne le sujet d'espérer de recevoir encore une fois en ma vie votre sainte bénédiction, avant de paraître au jugement de Dieu, si la gravité de mes péchés et les abominations de ma vie ne rendent comble la mesure de la patience et de la justice de Dieu à attendre ma conversion avant votre arrivée. Je vivrai cependant en l'espérance que Notre-Seigneur me fera cette grâce avant de mourir, et que vous nous ferez celle de venir reprendre votre pauvre ancien logement de Saint-Lazare, où
nous avons assez de lieu pour y loger aussi votre famille et votre équipage.
Je ne doute pas, Monseigneur, qu'il n'y ait beaucoup de communautés et d'autres personnes de condition qui vous demanderont la même grâce que je fais pour la pauvre chétive Compagnie de la Mission, mais je puis bien vous assurer, Monseigneur, qu'il n'y en aura point qui vous demande cette grâce avec plus d'affection que nous, ni avec tant de justice; et que j'espère que Notre-Seigneur nous fera la grâce d'en profiter.
On dit. de quelques saints qu'étant allés en leur pays, ils préférèrent le logement dans un hôpital, ce que vous. Monseigneur, ne trouverez pas dans aucun des logements qui vous seront offerts : et c'est, Monseigneur, ce qui me fait espérer que vos bonté et humilité incomparables nous feront obtenir ce que la chétive Mission et moi vous demandons prosternés à vos pieds. Je suis cependant, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.