LIVRE 11. — LETTRE SEIZIÈME. lit
Je VOUS recommande et vous prie sur toutes choses de ne point vous lasser de baptiser les nouveau-nés et d'instruire les enfants. Si les adultes et les parents de ces enfants ont le malheur d'être privés de la félicité céleste, leurs enfants du moins seront assurés d'en jouir, si la vie leur est en- * levée avant qu'ils aient perdu l'innocence de leur baptême.
Aussitôt que les néophytes seront revenus de la pêche des ■ perles, vous visiterez les malades qui pourront être parmi eux, et vous aurez soin qu'ils ne demeurent pas dépourvus du nécessaire ; vous ferez réciter sur eux des prières par les enfants, et vous-même vous lirez les Évangiles, ainsi que vous me l'avez vu faire, lorsque j'étais dans
cette contrée.
Je me rends à cette heure au cap Comorin, où je conduis vingt barques chargées de provisions, pour assister nos malheureux néophytes, qui, saiêis d'effroi à l'approche des Badages , ces ennemis furieux du nom chrétien, ont abandonné leurs villages, et sont allés chercher un asile sur des îlots déserts, au milieu des rochers ; ils y demeurent sans abri, dévorés du soleil, et livrés aux dernières extrémités de la faim et de la soif. Déjà plusieurs ont succombé à l'excès des souffrances, et leur déplorable sort remplit mon âme d'une douleur infinie. Encore une fois, je vous prie avec les plus vives instances d'implorer Di(^|j sans cesse en notre faveur. J'adresse des lettres aux patasé* gats et aux magistrats de votre littoral, et je les invite à secourir ces pauvres gens de leurs aumônes. En même temps je vous prie de veiller à ce que ces aumônes ne soient point obtenues contre le gré des personnes ou aux dépens des pauvres, mais viennent seulement des gens de bonne volonté et des riches, afin que ces dons charitables soient le fruit d'i^itentions généreuses et de facultés suffisantes. :■:?*■•■■ • ■*-■■;-, '-■■■-:-: -•--. -:■
.Adieu. :-■ " - /■ ■*':"-. 'vx^^^':.^::." ^-