LIVRE II.-— LETTRE NEUVIÈME
Écrivez-moi, je vous prie, avec de grands détails sur nos 'père* et frères , et principalement sur le P. François de Mancias, par le navire qui doit bientôt faire voile de Goa pour les Moluques. Je sais que vous le ferez avec zèle et d'une manière complète : je l'espère ainsi, et je jouis par avance de la consolation que me donnera la lecture de votre lettre. Je vous prie , mes bien-aimés frères , de vous souvenir continuellement de moi, dans vos pieux entretiens de tous les jours avec Dieu, et dans vos Saints-Sacrifices. J'éprouve un singulier besoin de cette assistance, à cause des dangers que je vais affronter dans ce voyage de mer, pour aller vers des contrées barbares , et fécondes en toutes sortes d'épreuves. '^
Simon Botelho, qui part d'ici pour se rendre à Goa, est rempli de favorables dispositions envers votre sainte maison. Il vous rendra compte fidèlement de ce qui regarde ma personne et de l'état de mes affaires. Il m'aime trèssincèrement, et je lui porte une égale affection; c'est un parfait homme de bien, et qui aime Dieu véritablement. Je vous prie de cultiver soigneusement son amitié. Il m'a rendu tous les offices d'un véritable ami , me faisant remettre, à ^ titre de présent, tout ce qui m'était nécessaire pour les préparatifs et les besoins de mon voyage, et m'exprimant tous les sentiments de la charité la plus vive et la plus profonde. Que Dieu, qui seul en a la puissance, le récompense en ma place ! je ne puis que reconnaître toute l'étendue de mes obhgations envers lui.
Que Dieu Notre-Seigneur, mes bien-aimés frères en J.-C, nous rassemble dans sa saijdte gloire, puisqu'en cette vie nous vivons séparés par dé si grands espaces.
De Malacca, le 16 décembre 15/i5. -
Le dernier de vos frères en J. -G.
François.