LIVRE VI. — LETTaE CINQUIÈME
iirme avec la garantie de J.-C. , vous sera rendu plus qu'au centuple dans le ciel, sans courir de péril du côté des vents ni du côté des flots , sans appréhension des embûches et des armes dès pirates.
Je me demandais, en écrivant ces lignes, si votre esprit ne serait pas indécis avant d'engager cette partie sur l'espérance d'un échange avec le ciel, ce qui cependant est la plus sûre de toutes les chances du monde. Je n'ignore pas que vous, messeignem^s les gouverneurs de Malacca^ de qui l'âme est si haut placée, quoique vous soyez naturellement pleins d'ardeur pour les intérêts de fortune, vous négligez le plus ordinairement la voie que je vous enseigne, et qui est la plus sûre, pour obtenir un bénéfice d'une valeur inestimable.
Le pirate notre capitaine est mort ici même, à Cangoxima. Il nous avait servi presque selon nos désirs pendant toute la navigation : mais nous n'avons pu lui être d'aucun secours au dernier port et à l'heure de sa mort. Il a voulu mourir dans sa superstition ; il ne nous a même point laissé la faculté de lui rendre ce devoir suprême, par lequel nous témoignons notre reconnaissance à nos amis morts dans la foi chrétienne, en recommandant leurs âmes à Dieu : le malheureux a précipité la sienne dans les enfers, où il n'existe plus de rédemption.
Beaucoup de Japonais se rendent à Malacca, déterminés à ce voyage par les récits de notre Paul, qui leur a fait de merveilleux éloges de la grandeur des Portugais.
Je vous en prie et je vous en conjure, au nom de ce que vous devez à Dieu et à cause de votre grand cœur, accueillezles noblement et libéralement, veuillez les adresser avec votre recommandation à des Portugais riches et honorables, afin qu'ils soient traités avec les plus grands égards , et qu'ils reçoivent une hospitalité généreuse et attentive. Ce sera, croyez-le, pour eux, un singulier attrait afin de leur faire embrasser la religion de J.-C, s'ils vérifient par leur propre expérience tout ce que Paul leur a fait entendre, ' des Portugais.
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