RE DOUZIÈME
négliger, OU d'en faire moins de cas qu'elles ne le méritent, je vous prescris de nouveau, et je vous ordonne en vertu de mon autorité, si quelqu'un des Confrères refusait de vous obéir comme à moi-même , de le chasser immédiatement de la Compagnie, sans vous préoccuper de ce que la valeur personnelle de quelqu'un d'entre eux, son éloquence , sa science, ou quelque autre faculté pourrait le faire jamais regretter de la Compagnie. Ces caractères révoltés seront toujours plus nuisibles qtl'utiles à notre Ordre, et ceux qui veulent son intérêt, sauront négliger de faibles avantages qu'il faudrait acheter par des maux considérables; la pensée de ces maux rendra vaine à leurs yeux l'admiration du peuple, ses mécontentements et ses murmures; en effet le peuple est facile à blâmer l'expulsion d'ouvriers dont les dehors respectables recèlent des imperfections secrètes. N'hésitez donc pas et ne craignqzrien, retranchez d'une main vigoureuse les membres pernicieux à notre corps, et que des rumeurs et des craintes san.s fondement ne troublent pas votre esprit. A ce sujet encore, je vous interdis par autorité de recevoir de nouveau dans la Compagnie, par aucun motif, aucun de ceux que j'ai renvoyés avant mon départ pour la Chine ; et vous ferez connaître mes ordres conformes, dans tous les lieux soumis à votre juridiction, afin que nul. de nos Frères n'accueille aucun de ces sujets, soit dans les maisons, soit dans les résidences hospitalières de la Compagnie.
Les revenus déjà fixés du collège, les dons extraordinaires qui proviennent souvent de la libéralité royale, tous les droits et titres de la Compagnie à Goa, dont l'origine est la générosité gratuite de notre seigneur le roi , ou des vice-rois qui sont ici les représentants de sa majesté, vous les recueillerez et conserverez avec le plus grand zèle et la plus exacte vigilance, soit par vous-même, soit par des personnes capables, chargées par vous de ce ministère, et vous apporterez l'attention la plus scrupuleuse à ce que tout soit recueilli dans son entier sans que rien ne se perde,
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LIVRi; VIL —LETTRE DOUZIÈME.
que tout ait son emploi pour la subsistance.et pour les autres besoins des Pères et des Frères de la Compagnie qui demeurent dans cette maison, et de ceux qui sont dans les missions éloignées; car si ces religieux ne reçoivent poiôf d'ici l'assistance nécessaire pour leurs besoins corporels, * ils seront incapables de s'appliquer au service et à l'avan-, cernent des âmes en faveur desquelles ils sont envoyés. Sur les revenus annuels de la maison vous séparerez ce qui doit amplement. suffire pour les dépenses nécessaires et l'acquit des obligations contractées; le demeurant s'emploiera pour la nourriture et les autres usages stricte- ^ ment indispensables de vos Confrères, tant de ce collège que dés résidences qui en dépendent, et aussi des enfants ' confiés à nos soins par les indigènes pour être élevés par 1^" ^ ,^
nous, et des orphelins de cette contrée. Donné en ce collège de Sainte-Foi, le 7 avril 1552. J'ai signé en témoignage de vérité.
François.
^^ Après les iûstructions qui précèdent, j'ai cru devoir vous adresser encore ces recommandations particulières.
Je vous ordonne, en vertu de la sainte Obéissance, à * ".* vous, maître Gaspard, recteur du collège de Sàinte-Foi de • ,| 9** Goa, de ne point sortir de l'île de Goa, durant l'espace de "".i^^ ^ trois ans, à moins que, dans cet intervalle de temps, il ne ^ if ** , survienne quelqu'un de nos Pères ayant une mission régu- ^\
lière du supérieur général de toute la Compagnie de Jésus, et porteur de lettres authentiques, afin de prendre eit main l'administration de ce collège. En ce cas, dès son arrivée, vous résignerez entre ses mains le gouvernement du collège, et vous serez délié de l'obligation queje vous impose; si vous recevez une mission du nouveau recteur, à qui vous ^' obéirez comme les autres Confrères , vous pourrez vous rendre librement où il vous ordonnera d'aller. Je recom- .
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LJYBE yiJ.-rf.ETJ'JlE J[)OpZl|ME.
ïU^ndie dp npi;veau pt j'ordonne, eq yerti; de 1^ sa^Je ^Pl^^iss^ijpe, ^ tous ceux qui me recopnaissent pour If^v !pp^l4§pî^ jdSii? P6S pays des Ii|46S, de vous pj)éir ,en Jp^t, I yp|i§, maître Gaspard, ,et d'être spjimis ^ votre gijtprité. f CI §' jl §p:iyait que quelqu'un refusât dp ypu^ oï^ûIp, jpi^s 1j4 f§rji§g lire /J-'aborf} cette lettre -ci, par laquelle je presfîri§ q^ç^e tous çeyi qui dppepdent dp ijtjpiypus soient spumis pt vpu^ obéissent à la parole, aipsi qu'ils feraient pnvpi?» mp|, §^ j'étais présent ; et s'il persiste dans sa rpvpljip, vpus Ip rpnvprps? de la jGopipagnie, pour ptre à J'gypjiir in4épeii!(l9nt et libçp 4e pa personne. * ^
pp même, jp recompla^4^ ^î J'prdonng^ pn yprtu de la # r * ^^nte Obéiss^^Gp, à tpu^ et h Pliacun des membres de la . Qp^pagnip 4e îé§jjs qui pnt étp placés spus mon autorité, ^' que s'il se présenjp 46 J& part dp nptre P. Ignace, ou d'un *" autre supérîpui? génépal de la Compagnie de Jésus, un # recteur désigné pour ce pollue, institué régulièrement par de§ Jptîrps en bonne forme émanant de cp supérieur, tous le reconnaissent immédiatement comme leur légitime supérieur, se soumettent à lui et lui obéissent - , comme à moi-même, si j'étais présent. Et si quelqu'un s'y i^luse , je prie jbp ppuy pau rpcteur, pt jP le lui r.ecom- ^^ mande, ^ moins qup Je supérieur général n'eji ait ordonné ,. 4jfférefflment, dp renyoyer ce désobéissant de la Gompa- /% ; giijie; pt &|m qup jjia pleine et Cjartaine volonté, dans ces '', dé.cisipn§, §oij; a^érép .aux yeux de tous, j'ai signé cet pprit >. 4^ ma propre mai», v «.* - . -.^ *
^Q^, le 7 avril 1552. - -
iLps 30uveraijiiS ppntifes ayant concédé ceptÊmifiS facttjlifê' et jBprtains piviléges à la Compagnie de Jésus pour être Communiqués par les supérieurs généraux; le P. maître Ignace m- ayant envoyé des copies des brefs où ces aonces-
■«9^P4|liP<nil!^P|iP!in!*""!PlP<<"
LiyBB VII. — LETTfiE TBEIZIÈME.
sions sont exprimées, et m'^yant octroyé le pouvoir de faire part, direp^paent ou par l'entremise d' autrui, de ces faveurs pontificales à ceux de no^ Pères que je Jugerais devoir user sagement d'une pareille grâce ; moi, cpnfainr eu que d'une part, vous, maître Gaspard, recteur de ce * collège de Goa, et, d'une autre part, les Gûgfcères qui pont sous votre direction, avez besoin de recevoir avec plénitude la communication de ces facultés, a^n de récolter des fruits spirituels d'autant plus abondants dans la culture des âmes, à laquelle vous êtes employés : par ces raisons, je vous les transmets, à vous, maître Gaspard, avec plénitude, et, confiant dans votre prudence qui m'est bien connue, ¥ je vous délègue tous mes droits pour dispenser et octroyer les privilèges de tout genre qui nous sont accordés par les bulles pontificales , à qui et dans les termes où ¥ous le jugerez expédient, pour le plus grand service de D|£U<,C Notre-Seigneur. .» ■
Goa, le? avril 4552.
François.
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^x P^res au fglkégg dg ^(^i;.
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Au nom de N.-S. J.-G. "' -
Considérant en moi-même la brièveté de notre i^ie, et le jour et l'heure , si incertains pour chacun d'entre nous, delà mort certaine pour tous, et craignant qu'il ne naisse quelque trouble en cette maison, si eÛe se trouve dans la nécessité de se choisir un recteur en la place de maître Gaspard, au cas ou la mort viendrait à l'enlever, avant que notre Père le supér^ur général n'ait mis un aj^tre recteur à la jtête de içe collège, J'ai cru qu'il .el^ait de mpn ^Ymm prévenir, autant qu'il était en moi, avant mon départ pou?