LIVRE Ml. — LETTRE VINGTIÈME
dans la Compagnie. Lorsque vous aurez répondu, en faisant connaître que vous n'êtes pas éloigné d'inscrire ces sujets au nombre des Confrères, rien ne s'oppose à ce qu'on leur donne une espérance positive de voir leur désir accompli, et déjà même on peut vous les adresser à Goa, si vous l'avez ordonné ; ou si vous le préférez, vous prescrirez que dans l'endroit où ils sont, l'un de nos Frères, capable de ce ministère , les exercera durant un mois par les méditations ascétiques, et commencera dès lors à les initier aux épreuves de notre Institut; toutefois, en général, il me parait préférable, s'il n'y existe pas d'empêchement invincible, qu'ils soient appelés dans ce collège : c'est à mes yeux la maison où ils pourront être examinés plus aisément et plus sûrement. Cependant, ainsi que je l'ai dit, je vous laisse en ce point maître d'agir selon votre opinion; je sais que vous suivrez à cet égard, comme toujours, selon la vérité et d'une manière absolue, ce que vous croirez conduire le plus directement au plus grand avantage du service de Dieu.
Vous recommanderez soigneusement à tous les supérieurs des maisons ou des résidences de la Compagnie qui existent dans ces contrées , soit de celles où nos Confrères sont chargés en premier rang du devoir de procurer le salut des âmes , parce qu'ils dirigent seuls des égUses dépourvues de leurs pasteurs , soit de celles où ils prêtent leur assistance auxiliaire aux prêtres ordinaires de l'endroit, vous aurez, dis-je, le soin de leur recommander d'écrire, chaque année, à notre bienheureux (1) P. Ignace, d'une manière scrupuleuse et avec étendue, lui exposant en détail tout ce que Dieu daigne opérer de bien par leur ministère, dans les contrées et parmi les peuples où ils sont
>tii L'éditeur de Bologne, le P. Menchiaca, qul'S'traduil ceUe leUre sur l'original, fait remarquer ici que le mot portugais Benaventurado ne peut se iciidre en latin que par Beatus, et que c'est une preuve de plus que souvent ly P. Xavier donnait à son vénéré P. Ignace, dès cette vie, le titre de Bienheureux ou de Saint.