LIVRE VII. — LETTRE VINGTIÈME
verain pontife est que l'usage et {le fruit de ces grâces s'étendent à tous les fidèles chrétiens de tout sexe, de tout âge et de toute condition, colons, indigènes -ou voyageurs, qui résident, par tel motif que ce soit, au delà du cap de Bonne-Espérance, et jusqu'aux extrémités de l'Orient-.
Vous persuaderez plus aisément encore à notre P. Ignace de consentir à prendre ce soin, si, comme vous le pouvez faire en toute vérité, vous lui présentez une magnifique peinture des fruits spirituels que le Jubilé, qu'il nous a précédemment adressé de Rome, a produits ici, et qui ont été si immenses et si merveilleux. Que si ce Jubilé restreint, ainsi que je l'ai dit, â un court espace de temps , et à des termes très-étroits, a néanmoins produit de si grands biens, vous concevrez sans peine quels plus grands avantages on est en droit d'espérer d'Indulgences plénières, subr sistant pendant un intervalle de plusieurs années, et revenant avec la solennité de certaines fêtes. Je vous conseille de mettre en usage, en cette circonstance, toute votre puissance de persuasion, de ne rien omettre en fait de suprêmes efforts, afin que le P. Ignace croie devoir employer toute sa charité pour nous obtenir ces grâces: vous ajouterez que je m'unis à vos sollicitations delà manière la plus vive, et que j'estimerai comme un bienfait infini de sa part, s'il condescend à mes prières, et daigne procurer à ces peuples une occasion aussi précieuse de bénéfices spirituels. Vous en écrirez également à M^ Simon, ou au recteur du collège de Coïmbre , pour les prier de traiter eux-mêmes cette affaire avec le roi, et de lui exposer les fruits immenses qui doivent naître infailliblement de la promulgation de ces Indulgences ; ils devront obtenir de S. M. , qu'elle seconde nos vues en écrivant à Rome, ou plutôt qu'elle mène l'entreprise à sa fin, par l'efl'et de l'autorité considérable dont elle jouit, et delà faveur que lui accorde le pontife : sa majesté daignera faire remettre les diplômes qui seront obtenus, au P. Ignace, à l'adresse du collège de Goa de la Compagnie de Jésus, afin que la publicâtidn en ait lieu, selon le gré des Pères de ce
■îaH??-