‹ Lettres de Silvio PellicoChapitre 70 sur 103 · MO · texte numérisé non relu

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J'avoue que je suis comme le peuple qui dit : — « Si nous avions un gouvernement étranger, on comprendrait que Ton criât contre lui ; mais notre gouvernement est nôtre ; on s'en trouve assez bien, et lui manquer de respect est le fait de mauvais citoyens. »

Du reste, les héros se cachent pour faire leurs magnifiques actions accoutumées : écrire des injures sur les murs et jusque dans les églises, répandre des calomnies, etc. Quelques-uns de ceux qu'on a pris sont de pauvres diables à qui les héros ont donné quelque argent pour les faire crier, ou écrire sur les murs, ou les engager à répandre telle ou telle calomnie.

Voilà, nion cher professeur, le beau patriotisme d'aujourd'hui : ce n'a jamais été le mien, ce ne le sera jamais.

Espérons dans la Providence, qui voudra empêcher la ruine de notre pays.

Je vous salue avec distinction, et suis de cœur, etc.

A M. VICTOR DE LA CANORGUE»

Turin, 7 décembre 1847.

* Monsieur, Vous pardonnerez à un homme souvent accablé de souffrances d'avoir tardé à vous écrire pour vous remercier du don le plus aimable : je l'ai reçu avec

' Cette lettre a déjà paru en tête d'une imitation en vers Je la Françoise de Rimini de Silvio Pellico, par M, Victor Méry de la Canorgue, imprimée avec d'autres poésies (Nice, Sucliet fils, 1850). M. V. de la Canorgue, professeur de rhétorique dans

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bien de la reconnaissance , et j'aurais voulu aussitôt vous adresser quelques mots. J'ai eu des jours si mauvais depuis lors , qu'il m'a été impossible de faire ce que je désirais. Je présume que Madame la marquise de Villeneuve, qui eut la bonté de me remettre votre charmant manuscrit, vous aura fait savoir combien je me promettais de plaisir à le lire , connaissant d'avance que tout ce qui sort de votre plume ne saurait être que très-beau. En effet , cette lecture a été délicieuse pour moi. Vous me dites. Monsieur, dans des vers admirables, des choses trop flatteuses; et , je ne vous pardonne pas ces expressions : Barbare que je suis! etc.

Cependant je conserve ma rancune, en sentant tout ce qu'il y a de touchant dans votre bienveillance, et en honorant votre talent. M. de Séguins-Vassieux a fait une préface tout à fait belle. Pour ce qui me regarde, je n'ai pas été fâché de le voir pécher comme vous. Monsieur, par une trop généreuse indulgence : il y a longtemps qu'il m'honore de son attachement. Ce qu'il écrit sur vos poésies est d'une âme qui sent vivement le beau : j'ai lu tout cela avec beaucoup d'intérêt, et je suis parfaitement de son avis.

Il m'est difficile de vous exprimer combien j'ai été content de votre Françoise de Rimini : je l'aime au-

divers collèges du Piémont, quoique né dans le département de Vaucluse, et fils d'un officier supérieur de la marine française^ est l'auteur d'un Aperçu nouveau sur l'histoire des peuples anciens et modernes, imprimé à Marseille, en 1838.

[Ext. d'une note de V Editeur.)

tant que la mienne; les petils changements que vous faites sont de bon goût , et je crois que j'y préfère votre inspiration à la mienne.

Agréez, je vous prie, mes sincères applaudissements ainsi que l'assurance des sentiments bien reconnaissants et respectueux avec lesquels j'ai Thonneur d'être, Monsieur, votre admirateur et serviteur. ^K

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