‹ Lettres de voyage [microforme]Chapitre 28 sur 51 · HUE · texte numérisé non relu

HUE

1530 à 1798. Ce palais est un monument historique très intéressant, construit en 1576, par le grand-maître La Cassière, et qui contient des tombeaux des chevaliers dans les douze chapelles qui l'environnent. Il y a de fort belles églises, une université catholique, une bibliothèque publique, plusieurs théâtres et de fort beaux édifices municipaux. On y montre la grotte de Calypso qui rappelle nécessairement les aventures de Télémaque. Le climat de l'île est tempéré en hiver, mais très chaud en été, comme dans tous les ports de la Méditerranée. La vie, à Malte, est d’un extrême bon marché, car il n’y a pas de tarif protecteur et tous les produits y sont admis, en franchise. Nous changeons ici de steamer.

Nous quittons le steamer italien de la compagnie Æiorio-Rubattino pour prendre le paquebot de la compagnie transatlantique qui fait le service de la Tripolitaine, de la Tunisie et de l'Algérie. Je dois avouer que je vais être heureux de me trouver de nouveau sous la protection du tricolore français, car si intéressante que soit l'Italie, avec ses monuments antiques et ses richesses artistiques, il fait toujours bon de se retrouver parmi les siens.

Notre séjour à Malte a été très agréable,

car on sent ici qu'il y a le gouvernement anglais, mais la population indigène de l'île, curieux mélange d’italien et d'arabe, ne me paraît pas très recommandable au double point de vue de l’amour du travail et de l’honorabilité individuelle. Les rues sont pleines d'hommes et de femmes qui flânent au soleil, surveillant l'horizon pour voir s'il n'y a pas quelque part quelque étranger à dévaliser.

Ce que j'ai dit des cochers de Naples, comme audace et comme mensonge peut fort bien s'appliquer aux cochers de Malte. Ce sont les plus effrontés coquins du monde, qui vous demandent sans broncher un dollar pour une course que le tarif cote à dix cents. II s’agit d'être assez malin pour ne pas se laisser dévaliser et il y a heureusement la police qui les met à la raison. Les marchands indigènes vous arrêtent aussi dans la rue pour vous offrir leurs bibelots à des prix exagérés, dont ils rabattent d’ailleurs de moitié, à première demande. Malte est le pays du marchandage par excellence, mais c'est certainement un endroit à recommander à ceux qui visitent les ports de la Méditerranée. Il fait actuellement un temps superbe et nous nous rendons, à l'instant, sur une place publique, pour y en-

tendre la musique d'un des régiments anglais de la garnison. Un bel après-midi de juillet, au Jardin Viger, à Montréal.

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