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d'Assezat, le Lycée (/7ôtel Burnuy), Ÿ Hôtel Duranti, etc. Un pont monumental en pierre (X VIe siècle) conduit au malheureux faubourg St. Cyprien, où l'on voit encore voir les traces de la terrible inondation de 1875, dans laquelle périrent plus de 550 personnes sous les ruines de leurs habitations. Le musée occupe un ancien couvent d'Augustins des XIVe et XVe siècles et les collections y sont très riches ; on y distingue, parmi les tableaux, l'Amour piqué par une abeille et fercule et Diomède par Gros, le Martyr de St. Fean et de St. Paul, du Guerchin, le iracle opéré à Toulouse par SZ Antoine de Padoue, de Van-Dyck, un Paysage, admirable de finesse, de Breugel de Velours, etc.
En continuant la route vers Cette, on laisse à droite les lignes de Tarbes et d'Auch et on remonte la vallée de Lhers qui suit également le canal du Midi. AÀ Ségala on atteint la hauteur des terres et on descend dans le bassin de la Méditerranée. On passe Castelnaudary, ville de 10,000 habitants, qui a été prise, brûlée et saccagée plusieurs fois dans les guerres des Albigeois.
On arrive ensuite à Carcassonne, ville de 28,000 habitants, chef-lieu du département de
l'Aude. Cette très intéressante ville est formée de deux parties : la ville neuve sur la rive gauche de l'Aude et la “Cité” sur la rive droite. La première, bien bâtie, entourée de promenades et de boulevards très ombragés et pourvue d’eau comme aucune autre ville de France, n'offre que peu d'intérêt en dehors de St. Michel, aujourd'hui cathédrale, église du XIIIe siècle, restaurée à la suite d'un incendie en 1849; de la Tour (du XVe siècle) de St-Vincent; des beaux jardins de la Préfecture; de ses rues tirées au cordeau et de la place Sainte-Cécile. Tout l'intérêt se porte sur la Cité, s'élevant sur un mamelon escarpé, et restée ce qu'elle était il y a plusieurs siècles ; il n'y a pas d'autre exemple en France d'une telle réunion de constructions militaires, religieuses et civiles du moyen âge. Ses murailles ont été construites par les Visigoths, sur les fondations posées par les Romains, et ses défenses sont telles que le concevait l'art militaire au Xe siècle, avec des additions des XIe et XIITe siècles. On y voit une double enceinte avec une cinquantaine de tours de toutes les formes, des portes très curieuses, un château avec ses cachots, sa salle de torture, et par-dessus tout, la splendide église de St.
Nazaire, de la plus merveilleuse architecture. La restauration des fortifications par Viollet Leduc, fait de la Cité le, monument le plus complet et en même témps le plus utile à 1 histoire militaire de la France. Carcassonne a élevé une colonne à Riquet (1604-1680), le célèbre créateur du canal du Midi.
Je conseille vivement, aux amateurs de constructions antiques, qui visitent le midi de
‘la France, de ne pas manquer de voir Carcas-
sonne comme je leur ai déjà conseillé de visiter Avignon. Ce sont, pour moi, les deux villes françaises qui m'ont le plus vivement intéressé, avec leurs reliques du moyen-âge.
Entre Carcassonne et St. Hippolyte, les centres les plus importants sont Narbonne, Béziers, Cette et Montpellier, que j'ai déjà visité en novembre dernier, et dont j'ai eu occasion de parler dans mes correspondances.
Nous traversons ce pays à toute vapeur, sans nous arrêter, car nous avons hâte d'aller embrasser notre enfant que nous avons confiée aux soins de monsieur et madame Chartrand.
Trois jours d'arrêt à St. Hippolyte et nous reprendrons la route de Paris, en visitant, cette fois, Bordeaux, si le temps nous le permet. Car il continue de faire un temps atroce
ct nous venons précisément de traverser le pays qui a si cruellement souffert des inondations du mois dernier.