‹ Lettres de voyage [microforme]Chapitre 50 sur 51 · EN · texte numérisé non relu

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taires, il voudrait que l'on conservât cette galerie sans précédent pour en faire un manège ou — comme c’est bien un Anglais qui parle! — un champ de course couvert. ‘

Il dit encore: “Il faut avoir visité tout récemment les travaux pour se rendre compte de la rapidité vertigineuse avec laquelle ils avancent et pour se faire une idée de cette ampleur sans égale et comme conception et comme exécution.” Cette “rar lité vertigineuse ” échappe à l'œil du badaud. L'ouvrier est perdu dans ce chantier géant, On en aperçoit un,- par-ci, par-là, allant son train, sans fièvre ni hâte, et l’on en rapporte cette impression que l'ouvrier ne fait rien et que l'on ne travaille pas. Cependant l'Exposition sort de taire; elle est achevée la tour dont le projet eût effrayé un cyclope! Les différents palais sont presque terminés, les galeries sont couvertes et décorées, la plupart des vitrines sont en place, le hall des machines est à demi agencé. Comme ce n'est pas à la baguette d'une fée que nous sommes redevables de ces merveilles enfantées en quelques mois, il faut bic. croire que les ouvriers ont fait leur besogne et avec activité.

On ne travaille pas seulement que le jour

au champ de Mars, on s’est piqué d’honneur et, en dépit de la tradition qui veut qu’une Exposition s'ouvre dans les plâtres, on s’entête à être prêt à la date fixée —et l’on sera prêt. Pour atteindre ce résultat, il faut supprimer la nuit. N'est-ce que cela? on la supprime.

‘“O soleil! disait Josué, qui avait besoin de continuer son affaire, arrête-toi sur la vallée de Gabalon, et toi, lune, sur la vallée d’Aïalon!” Et le soleil et la lune s’arrêtèrent.

Mais depuis, le soleil est devenu immobile et il faut recourir à d'autres lampes, passé le crépuscule. Ce n'est pas l'embarras : on a installé des foyers électriques à peu près partout. À leur lumière, besognent des équipes de sculpteurs, de serruriers, de charpentiers, de mouleurs, de plombiers, de peintres. Le centre de l'activité est dans la galerie des machines, que traverse déjà le chemin de fer Decauville, dont on presse l'installation, puisqu'il doit servir au transport des wagons chargés d'amener dans leurs sections respectives toutes les pièces envoyées à l'Exposition.

Il faut se hâter ; les expéditions arrivent.

Sur l'esplanade des Invalides on a déjà déchargé plusieurs camions d’envois adressés

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