LU
A Dijon, ce 22. Nouemb. 1734.
Je vous renvoyé, Mon R. Père, le fragment de lettre de feu M. Cuper, dont je vous fais mes remerciemens très humbles. J'aurois fort souhaité, que vous en eussiez retrouvé le commencement et la fin, et si vous aviez d'autres dissertations ou lettres sçavantes de cet habile homme, je les verrois avec grand plaisir et vous les rendrois avec exactitude, comme de raison. Quoique je vous aye indiqué une petite méprise de sa façon, je ne l'en estime pas moins, sçachant combien il est aisé aux plus sçavans hommes de se tromper quelques fois, surtout quand ils sont aussi occupez qu'il rétoit, et quand ils courent à d'autres choses plus pressées et plus importantes.
Dans l'inscription de Métrodora, au lieu de ^tQvXdov, qui n'est pas un nom grec, je crois qu'il y avoit J HPYuIjiOY,
< *) Note de la main de Montfaucon.
Sur l'inscription de Caracylaea, je doute qu'il y ait d'exemple de femmes qui ayent porté le nom de Metropolis.
Pour ce titre de Filias Reip., 'Yioç mivov^ etc., je suis bien de l'avis de M. Cuper. Mais je ne crois pas que cette qualité se donnât par une véritable adoption. C'étoit un pur titre d'honneur qu'on donnoit au Citoyen qu'on vouloit favoriser, comme étoit celui de Pater patrue au tems de la Rép. Romaine. Ce titre paroît avoir été particulière[men]t en usage à Ancyre. Car M. Cuper a soupçonné avec raison que l'inscript. de Gruter CCCCXCV, i, y avoit été trouvée. Il me paroît même, qu'elle est évidemment la suite d'une autre du même Recueil, CCCCXLVIII, i, qui y a été certainement posée. Ceci est un fait, dont je ne crois pas que personne se soit aperceu.
Si M. Cuper a douté, qu'en l'inscription raportée par Spon, Miscel., Cap.X. n. 93. TOY ^HMOY YIOY signifie Populi F., c'est qu'il n'avoit pas encore Vu l'autre inscription, dont je vous ai parlé par ma précédente, où TIB KÀAY/ilON MNHIIMAXOY KAI TOY AUmOY ihYZm à EPmOdEETOY (ou plustost, à ce que je crois, EPMOdEKTOY) ne sçauroit estre entendu autrement.
Dans l'inscript. de M. Sempronius Nicocrates, l'interprétation de Viator, que M. Cuper donne à Zwo^kriç, n'est pas suportable. Puisq[ue] cet homme étoit Poëte et Musicien, pourquoi n'auroit-il pu estre receu dans ces espèces de confrairies, co[mm]e ces Pantomimes dont il est fait mention dans Gruter, CCCXXX, i.et2.
A la dernière page, AHYAS^N ne vaut pas mieux que AQYji^N\ il faut AQAflN, si je ne me trompe; c'est à dire curatorem ludorum. Cet emploi est connu.
174 BOUHIER A MONTPAUCON
L'observation que fait M. Cuper, aussitost après, sur quelques Médailles d'Auguste et de Domitien, avoit été déjà faite par Oiselius, Select. Numism, p. 491, et par Gutberleth, De Saliis, p. 57.
N'y auroit-il pas moyen d'avoir des copies de quelques unes des inscriptions Grèques de M. FAbbé Fourmont? Cela me feroit grand plaisir. S'il les donne au public, j'avoue que la meilleure manière est de les faire graver, comme vous l'avez fait dans vostre excellente Paléographie. Mais qui est-ce qui en fera les frais? Pendant qu'on l'attend, et peutestre vainement, on se met au hazard de perdre sans ressource un tel trésor. Combien s'en est-il perdu de cette manière! En ramassant tous ces précieux restes de l'Antiquité, qui sont épars çà et là, et qui ne sont point dans les Recueils, j'aurois de quoi en faire un assez gros volume.
La simple curiosité de M. 1' Abbé Fauvel devroit l'engager à procurer la conservation du Monument de Chyndonax. Votre prière et la mienne pouroient lui servir encore d'aiguillon. Je vous conjure de ne le pas laisser tranquile là dessus. Dans le même endroit, où cette inscription a été trouvée autrefois et où nos Jésuites ont fait bâtir depuis peu une maison de retraite, on a trouvé un autre Monument Sépulcral avec le D. M. et quelques restes de lettres anciennes, mais dont on ne sçauroit tirer aucun sens.
J'apprens avec joye que la Bibliothèque des Bibliothèques avance et que le S. Chrysostome tire à sa fin. Dieu veuille vous conserver la santé, pour vous, pour le Public et pour vos amis.
11 y a longtems aussi, que je n'ai eu de nouvelles
du M. Mafféi. Je suis surpris qu'il ne vous aille pas voir plus souvent. Que peut il faire de mieux! J'ai peur qu'il ne soit de ceux qui nimiâ (pdavtia laborant. Je vous dis ceci, s'il vous plaît, «yx' ^X^'' xtq)aXrjv, Je suis toujours, [etc.].