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momens infinement précieux à l'Église, si D. Clémencet ne m'en avoit engagé, par des instances réitérés, à le faire avec confiance, m'assurant qu'elle auroit pour agréable que je lui rendisse compte des nouvelles que je reçois quelquefois d'Italie, et que je lui donasse l'adresse de D. Athanase Peristiani, présentement Bibliothécaire de l'Abbaïe de S. Justin de Padoue. Les nouvelles que j'ai reçues en dernier lieu, étant peu considérables et ayant été arêtées longtems en route, je voulois atendre quelque chose de plus intéressant pour me donner l'honneur d'écrire à votre Grandeur. Mais le même Religieux continue de me faire une violence d'autant plus douce, qu'elle est plus conforme à l'empressement que j'ai d'ailleurs de vous ofrir mes voeux les plus respectueux et mes plus humbles services, avec des sentimens audessus de toute expression. Mais c'est cela même qui me dispense d'en dire davantage. Je pa.sse donc au principal objet de ma lettre.
On travaille à Venise à une nouvelle édition des oeuvres de S. Aug. par les BB. de la Congr. de S. Maur, et l'on propose d'y faire entrer tous les écrits composés pour la défense de cette édition. Les Jésuites font les derniers efforts pour acabler le P. Concina, Dominicain, parcequ'il a écrit contre leur probabilisme et ceque les Italiens apellent tatti subimpudici , que les Jésuites justifient, ou plutôt qu'ils ne mettent qu'au rang des péchés véniels. On a vu paroître contre lui à Luques quatre brochures où l'on parle de tactibus mamillaram de la manière la plus impudique. Je ne fais que rendre à la lettre les expressions que j'ai sous les yeux. Ces misérables Casui[s]tes, non contens de s'autoriser de l'exemple de Roxas, s'apuient encore sur ceux de S. Philippe de Néri et de S. Bernard. Le
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P. Concina, après avoir fait une ample réponse à la défense du probabilisme, répondra encore incessamment aux quatre écrits, dont il vient d'être parlé. Quatre Jésuites sont partis exprès de Venise pour aller demeurer dans le voisinage de Zuric en Suisse, pour écrire contre le P. Concina. Nos bons Italiens ne prennent-ils point ici le change? Ces Jésuites ne seroient-ils point plutôt allés à la poursuite du P. Norbert? Un autre Jésuite s'est transporté à Vienne en Autriche pour faire persécuter ce bon Capucin, dans la suposition qu'il est dans les états de la Reine de Hongrie. On sait de bonne part qu'il étoit passé en Flandre, mais que les conquêtes de la France l'ont déterminé à se retirer ailleurs. Le même Père se propose de mettre au jour des mémoires sur les missions des Jésuites, encore plus intéressans que les premiers. Mais cet ouvrage sera un peu retardé, parceque le secrétaire du P. Norbert a été exilé de Rome par ordre du Pape, de peur que ce Religieux n'en tirât plusieurs mémoires de conséquence. L'Abbé Faure, qui avoit acompagné M. d'Héliopolis dans les dern[ières] miss[ions] de la Cochinchine et qui se disposoit à faire i[m]primer à Luques plusieurs choses sur les missions, n'a pu réussir dans son projet. C'est pourquoy il est parti pour la France. La Congr[égation] particulière que le Pape avoit établie sur la matière de l'usure, après plusieurs séances, avoit fait espérer qu'elle condamneroit l'opinion de M. Broedersen. Mais ses opérations sont demeurées en surséance. Cependant on assure que le Pape et presque toute la congrég. sont toujours disposés à condamner cette erreur. Les Rois d'Espagne et de Naples ont fait de si fortes instances pour obtenir l'aprobation des oeuvres de Marie d'Agréda, qu'on s'est déterminé à en
faire Texamen. On apréhende fort que de si puissantes recommandations n'aient leur effet.
Voilà, M., le peu de nouvelles que j'ai reçues. Je ne manquerai pas de communiquer à votre Gr. celles qui pouront me venir dans la suite, si elle le trouve à propos. Je sais qu'elle n'en est curieuse que par le tendre intérêt qu'elle prend à tout ce qui regarde les avantages ou les pertes de l'Église. Ce zèle, qui ne se ralentit point après tant de glorieux combats soutenus pour sa cause, lui rendent votre conservation infiniment précieuse. Elle voit avec consolation les ressources que vous découvrez dans son sein à ses enfans alarmés et portés à les croire toutes épuisées. Elle voit avec joie, dans sa plus grande opression, Tapel triompher, entre vos mains, des ataques désespérées de ses adversaires. Elle voit, par vos écrits et vos travaux apostoliques, sa morale vengée, sa discipline maintenue, ses dogmes éclaircies, la pureté de la foi de ses défenseurs justifiée. Combien tant de qualités, aujourdui devenues si rares, ne vous rendent-il [sic] pas cher à l'Église et à ses vrais enfans? Combien aussi ne font-ils pas de voeux, dans ce renouvellement d'année, pour qu'une lumière dont ils ont un si grand besoin au milieu de cette nuit obscure, causée par les passions des enfans des hommes, les guide et les éclaire encore longtems. J'ose partager avec eux ces sentimens, en vous assurant du profond respect avec lequel j'ai Ihonneur, [etc.].
FR. CH. FR. TOUST[AIN], Relig. de l'Abbaïe de S. Ouen de Rouen.
[Peu de temps après 1700?.
Mon Réuérend Père.
L'affection que vous auez et pour l'étude et pour ceux qui s'y appliquent, me fait présumer que vous souffrirez volontiers et trouuerez bon que ie vous propose quelques difficultez sur le i. ch. de v. i*' Tome de ritibus sacris que vous auez donné au public et dont en mon particulier ie vous remercie de toute l'étendue de mon coeur. le l'ay lu auec vn peu de précipitation, tant pour le plaisir que ie prenois en cette lecture que parceque ie ne l'auois que par emprunt et qu'il falloit le rendre incessamment. le puis dire cependant que ie l'ay lu auec quelque attention, ou plutost auec toute l'attention dont i'étois capable, comme le méritoit et l'importance du sujet et Testime que ie fais de l'auteur. Et voicy les difficultés que il trouue. I ° Sur la distinction des degrés du Catéchuménat. Vous reiettez, chap. i. art. 5, le sentiment de Mons^ du Gange, qui admet et distingue trois degrés dans le Catéchuménat: les auditeurs, ceux qui fléchissoient les genoux, et les Compétens, et vous dites qu'il faut retrancher de ce nombre ces Genuflectentes, parcequ'ils ne faisoient pas vn degré distinct de celuy des Catéchumènes Auditeurs. le le croy ainsi, mais ie ne peux entrer dans v[otr]e sentiment en ce que vous prétendez que ces Genuflectentes étoient des Catéchumènes Laps, qu'on auoit condamnés à écouter ainsi de genoux la parole de Dieu: (qui in poenam commissi
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alicuius peccati verbum Dei genuflexi audire cogebantur). le n'entre point, di-ie, dans ce sentiment, i^' parceque ie suis persuadé, auec M' de l'Aube-épine, que les Catéchumènes n'ont iamais été mis en pénitence, i"" parceque le concile de Nicée, qui a fait vn Canon exprez pour ces Catéchumènes Laps, n'a rien ordonné de semblable; mais il veut simplement que ces Catéchumènes laps soient obligez de recommencer le temps de leur audition qu'ils auoient presque acheué, et d'écouter la Catéchèze même pendant 3 ans, quoy que le temps ordinaire de l'audition ne fût que de deux années (De Catechumenis Lapsis visum efstj Sanctœ et Magna Synodo ut ii tribus annis t[an]t[u]m audientes sint, et postea orent cum Catechumenis) ; 3® S* Basile dit dans son Épître ad Amphilo. can. 20, qu'on ne mettoit point du tout en pénitence aucun Catéchumène (Omnino quœ in Catechumenicâ, seu quœ initiatur vita, fiunt, in ludicium non vocantur). Remarquez cet omnino, qui exclut toute sorte de pénitence grande ou petite; 4° C'est qu'on ne voit point dans l'antiquité aucun exemple, aucun canon, nulle authorité qui fasse seulement entreuoir ou coniecturer qu'on ait iamais mis les Catéchumènes en pénitence. Vous citez le canon de Néocésarée en ces termes: Aliter Conciiium Neoccesariense peccantes Catéchumènes punit, quitus iniungit ut genuflexi audiant verbum Dei, ita enim can. 5 ex versione Isidori Mercatoris: Catechumenus id e[st] audiens qui ingreditur in ecclesiam et stat cum Catechumenis, si peccare visus fuerit, figens genua audiat verbum, ut se abstineat ab iiio peccato quod fovit; quod si in eo perdurât abiici omnino débet A quoy îe réponds qu'il ne me paroist pas raisonnable de s'attacher à cette version ; i ^ parceque nous auons le texte grec dans son entier, qui porte autrement, 2'', parceque 11,2. 21
tant les auteurs grecs que Latins qui ont écrit sur les Canons ont tourné autrement ce canon; ^^ parceque cet Isidore est vn auteur peu exact. Jugez si dans la concurrence il est iuste de l'écouter. 4°, C'est qu'il introduit vne discipline inconnue à l'antiquité; 5^ que nulle raison ne nous oblige de croire que les pères de Nicée ayent rien ordonné de contraire à ceux de Néocésarée, dont le règlement se trouue conforme à celuy de Nicée, suivant rau[tr]e version et le texte grec. 6**, Enfin parceque la raison qui vous fait suivre cette version d'Isidore ne me paroist pas suffisante. Sed sensus hic planior, dites vous. S'il ne faut jamais abandonner la vérité pour la difficulté, pourquoy l'abandonner icy où il y en a peu ou point, et qu'il est facile de trouuer dans ce Canon vn au[tr]e sens clair et conforme à la discipline de 1 Église. Voicy ce canon comme ie le lis dans Balsamon: Catechumenus si in Dominicum ingrediens in Catechumenorum ordinem steterit, is autem peccat: siquidem genuflectens, audiat non amplius peccans, sin autem audiens adhuc peccat, extrudatur. Ce qui fait la difficulté de ce canon, c'est qu'on voit bien dVne part que le Concile veut punir les Catéchumènes Laps, et qu'on ne voit pas, cependant, cette peine. Car quelle peine est ce à vn Catéchumène d'écouter la Catéchèze, vu que Catéchumène n'est au[tr]e chose, selon même l'étimologie de ce nom, qu'vn auditeur qui écoute et qu'on instruit. Et c'est apparemment cela même qui a embarassé v[otr]e Isidore et luy a fait tourner figens genua audiat, pour trouuer cette peine qu'il ne voyoit point. Mais s'il eust seulement fait réflexion aux paroles qui suivent: sin autem etiam audiens peccat, et particulièrement à ce mot etiam, il luy auroit été facile de comprendre et trouuer
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dans son canon, qu'il y auoit deux sortes de Catéchumènes ou d'auditeurs, quoy que dans le même degré de l'audition, sçauoir les simples auditeurs et les auditeurs qui fleschissoient les genoux, que le canon et celuy de Nicée appelle simplement Catechumeni, qu'ils opposent aux audientes t[an]t[u]m, cequi se remarque plus distinctement dans celuy de Nicée, qui renuoye les Catéchumènes Laps parmi les Audientes tantammodo et qui ensuite les remet et restablie avec les Catéchumènes, qui sont les genuflectentes. C'est à dire: les Auditeurs plus auancés et qui, ayant presque acheué le temps de leur Audition, étoient admis, aprez la dimission des simples auditeurs, à prier de genoux auec les fidèles qui prieoient réciproquement pour ces Catéchumènes, afin que Dieu leur inspirast l'amour et la volonté de demander le st batême. Balsamon a trouvé dans ce canon ces deux sortes d'Auditeurs ou Catéchumènes, appellant les simples Auditeurs Imperfectiores Catechumeni qui nuper accesserunt et les autres perfectiores Catechumeni qui, co[mm]e plus auancés, auoient droit de rester dans l'église aprez la dimission des Imparfaits; ce qui paroit plus clair que le jour dans les constitutions apostoliques. Cela posé, rien n'est plus intelligible que ce canon, qui ordonne et veut que les Catéchumènes plus parfaits qui tombent dans quelque péché Canonique, soient renuoyez à la simple Audition, sans spécifier pour combien de temps; au lieu que celuy de Nicée marque } ans. Et ce canon ajoute, que s'ils perséuèrent ou continuent, même réduits à l'Audition, dans leurs premiers désordres, qu'ils soient absolument chassés. Voilà tout le mistère de ce canon, qui n'a rien de difficile quand on distingue deux sortes d'Auditeurs ou de Catéchumènes, parcequ'il
est alors facile de trouuer cette peine qu'il est visible qu'il veut imposer et qu'on ne voyoit pas, ne faisant point cette distinction. Il est, di-ie, facile de trouuer cette peine, et ie croy que vous voyez bien que ce n'étoit pas vne petite mortification à ces auditeurs plus parfaits qui auoient parcouru tout ou presque tout le temps de leur Audition, de recommencer ce temps et d'y rester plusieurs années: 3, 4 ou cinq. Quand donc Isidore, pour trouuer cette peine, a corrompu le texte de son canon et qu'il a, au lieu de ces paroles Siquidem genuflectens audiat, etc., substitué cUes-cy: figens genua audiat verbum, il a encore fait violence à la Discipline de l'Église en deus manières: La première, introduisant dans l'audition des Catéchumènes vne pénitence dont on n'a jamais entendu parler dans l'antiquité; bien loin de cela, les pénitens mêmes étant dans l'audition, n'étoient sujets à aucune peine ou pénitence; L'autre, nous faisant considérer comme des Catéchumènes pénitens ceux qui au contraire auoient vn droit et privilège considérable, je veus dire de rester dans l'Église après la Dimission des Catéchumènes imparfaits, et d'y prier auec les fidelles. Voilà qui me paroist plus clair que le jour et me persuade que vous n'eussiez point dû authorizer la version d'Isidore, qui est fausse et également contraire au texte original et à la Discipline de l'Église.
Vous ajoutez au même endroit: Itaqae très tantum distinguimus Catechumenomm gradus: scilicet Audientium, qui ad audiendum fidej morumque doctrinam in templis admittebantur , Electomm qui, absoluto Catechumenatus tempore, ad recipiendum sacrœ regenerationis sfajcrfame]nt[u]m nomen dederant , . . et Competentium. Permettez moy que, sans me départir de l'estime que j'ay
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pour vous, ie vous soutienne que cet article est défectueux dans tous ses chefs. Car, i°, ie me suis étonné et ne comprends pas encore, comment ni sur quel fondement vous admettez } degrés dans le Catéchumenât, contre rauth[orit]é expresse des auteurs que vous même raportez, particulièrem[en]t celle d'Origène, qui pouuoit bien mieux que nous sçavoir la Discipline de son temps, qu'il obseruoit et faisoit obseruer en qualité de Catéchiste de TÉglise d'Alexandrie, d'autant plus que ie ne voy rien, ni dans l'antiquité ni même dans vos rituels, qui appuyé cette distinction des trois classes ou degrés de Catéchumènes. La raison même fait assez comprendre qu'il ne pouuoit y en auoir que deux. Car comme le Catéchuménat n'étoit institué que pour l'instruction des Catéchumènes, on ne doit admettre qu'autant de degrés ou classes qu'il y auoit de différentes leçons à leur faire; or il n'y auoit proprement que de deux sortes. La 1* étoit sur les premiers principes de la Religion en général, de l'existence d'vn Dieu et de son vnité, de la prouidence, de la rétribu[ti]on destinée aux bons et aux méchants: accedentem ad Deum opportet credere quia e[st] et quia remuneratur. On traittoit encore de l'Immortalité des âmes, de la création du Monde, de la fausseté des Dieux du paganisme, de la vanité des Idoles, etc. On enseignoit ces choses à fond dans le Catéchuménat co[mm]e des préambules à la Religion chrétienne; et ceux qui écoutoient ces sortes de leçons s'appelloient Auditeurs ou Catechumeni, soit qu'ils eussent droit de prier auec les fidelles ou non. Et voilà pourquoi vous avez eu raison de ne pas faire deux degrez de ceux qui écoutoient simplement et de ceux qui, outre cela, prioient de genoux auec les fidelles, parceque ces
genuflectentes étoient encore dans Taudition commune de ces premiers principes et préambules à n[ot)re Religion. Mais lors qu'ils étoient admis entre le compétens aprez auoir donné leur nom au Batême, comme l'on changeoit de matière et qu'on leur enseignoiî alors les premiers principes particuliers et propres à la Religion chrétienne, contenus dans le simbole, voilà pourquoy on les regardoit comme vne au[tr]e sorte de Catéchumènes, formant vn degré si différent des auditeurs, qu'on leur donnoit dans plusieurs églises le nom de fidelles, mais d'autant qu'on leur enseignoit cette leçon, ou, si vous voulez, qu'on traitoit toujours cette matière iusqu'au iour de leur Batême, voilà pourquoy on ne reconnoissoit point d'autre classe ou degré auant le batême et qu'il n'y auoit proprement que deux sortes de Catéchumènes: Les Auditeurs et les Compétens, co[mm]e S* Isidore, Raban Maur et vne infinité d'autres auteurs de ces temps là l'ont marqué aprez Origène, qui ne les diuise que in duos ordines distinctos.
On pourroit obiecter que l'oraison Dominicale, et l'explication des 4 Éuangiles étoient des leçons différentes de celle du simbole. Mais, outre que ie feray voir que cette pratique de faire la tradition de l'oraison Dominicale n'étoit que particulière à quelques Églises, elle ne regarde que la morale qu'on enseignoit dans l'vn et l'autre degré du Catéchuménat , et si on lisoit aus Compétens les Éuangiles, on lisoit aux auditeurs certains liures de l'ancien testament, pour l'information de leurs moeurs. Souuenez vous des premières paroles du Hure de Mysteriis de S^ Ambroise: Hactenus de moralibfusj, etc. Il n'y a donc nul fondement d'admettre } degrés dans le Catéchuménat. Reuenons à l'endroit que i'ay cité de v[otr]e dissertation. Vous dites, 2^
que c'étoit dans l'Eglise que les Auditeurs étoient instruits de la Doctrine de la foy et des moeurs: qui ad audiendum fidei morumqae Doctrinam in templis admittebantur, C'étoit, sauf v[otr]e meilleur auis, dans la Catéchuménie, in ou sub ferula, qui étoit vn lieu séparé, quoyque proche, de l'Église. Ce mot de templum se peut pourtant aussi appliquer à ce lieu ou demeure des Catéchumènes, et ie le trouue même dans le canon 97* du concile in Trullo: in venerabilibas templis Catechumenorum mansionibus, etc.; et quant aux discours qu'on leur permettoit d'entendre dans nos Églises, ils s'adressoient directement aux fidèles; et dans les premiers siècles, les Catéchumènes n'étoient pas receus à entendre ces sortes de discours, qui étoient des explica[ti]ons de TÉuangile, nullement de la compétence des Auditeurs. Et lors que l'on se fut enfin relâché de cette exactitude, non seulement les Catéchumènes, les Compétens et ceux qui étoient en pénitence, mais encor les hérétiques, les Juifs, les payens et généralement tous les infidelles, quique ex diverso, étoient aussi introduits dans l'Église pour entendre les homélies, qui n'ont rien de commun auec les Catéchèzes exactes et méthodiques, qu'on faisoit en particulier dans la Catéchuménie aux Auditeurs, tant Catéchumènes que pénitents. 11 me semble que vous ne vous êtes pas assez expliqué ni étendu là dessus. )^ vous dites qu'il y auoit, outre ces Auditeurs, deux autres sortes ou deux autres degrés de Catéchumènes: Les Éleus et les Compétens, ceux qui auoient donné leur nom au batéme, Electorum qui absoluto Catechumenatus tempore ad recipiendum sacrce regenerationis s[acjr[ame]nt[ujm nomen dederant 11 y a encore icy plusieurs choses que ie ne sçaurois vous passer. La iS que ceux qui auoient donné
leur nom au batême étoient les Élus. Cela n'est point exact. Ceux qui donnoient leur nom, demandoient le bâtéme: da nomen tuum ab baptisma, dit S* Grég. de Nisse, ce me semble. Or, ceux qui demandoient le batéme se nommoient compétens: quid aliud sunt Compétentes nisi simul petentes?, dit S* Aug. Bien moins, ne formoient ils pas vn degré distinct des Compétens. La 2* que, quand il seroit vray que les Elus eussent formé vn degré du Catéchuménat, ç*auroit été, non le 2', mais le y, car lorsque les genuflectentes ou Catechumeni simpliciter dicti, co[mm]e vous les nommés, demandoient le batéme et qu'on auoit receu et inscript leurs noms, nomen tuum inscriptum efstj, ils étoient dès lors compétens et passoient ainsi de Taudition à la Compétence, qui faisoit par conséquent le 2' degré. Et si les Élus eussent fait vn degré distinct des Compétens, lors qu'on leur faisoit la tradition de loraison Dominicale, co[mm]e Monsieur Auesnel, ie croy aussi mr Vallois, sur l'histoire d'Eusèbe, et quelques autres l'ont dit, ç'auroit été le 3*, non le 2«. Maïs ie ne leur accorde pas ce fait, i"", parce qu'il faudroit, contre rAuth[orit]é des anciens, admettre } degrés dans le Catéchuménat, 2^ parceque la pratique de faire la tradition de l'Oraison Dominicale n'étoit pas vniverselle.
[Le reste manque].
Pour
Le Révérend Père de Montfaucon.
A Paris.
L'occasion, Mon Révérend Père, de vous demander pour un jour ou deux ce Dictionnaire Latin-François manuscrit dont vous me parlâtes hier, me fait prendre celle de vous écrire que la conjecture ingénieuse de M^ Bouhier touchant le mot àçertiv ajouté à ixBxâv vous fournit une nouvelle preuve du Christianisme des Thérapeutes. Ces Hicétes mis au nombre des Hérétiques par S. Jean Damascène dans son traité des Hérésies, étoient des Moines qui, soumis en toute autre chose à Tautorité de l'Église, dansoient dans leur Monastères avec des Religieuses, à l'exemple des Thérapeutes, imitant comme eux le chœur de musique des Israélites après le passage de la mer rouge. Sur quoi M** Bouhier soupçonne que quelque studieux ayant mis en marge de son Philon à côté du mot Ixerw, celuici aiQET.j pour marquer que c'étoient des Hérétiques, les copistes ignorans l'ont changé en àçsrm^ l'ont mis à la suite de l'autre. Vous pouvez louer sa conjecture et dire que ces Moines Hicétes ayant vraisemblablement succédé aux Thérapeutes dont ils avoyent retenu la religion et les manières, chrétiens comme eux et danseurs comme eux, avoient tort en ce dernier article, parceque ce qui étoit excusable dans leurs prédécesseurs encore judaïsans, étoit inexcusable à des chrétiens du septième siècle, dans un tems où l'Eglise étoit plènement éclairée et affermie. J'ai songé à VEpiscopus Nassoniensis : il n'y a nulle apparence que ce dernier mot regarde
l'isle de Naxos, nommée aujourd'hui Naxia, tant parceque c'est un Archevêché, que parceque difficilement, soi: de Naxos, soit de Naxia, formeroit on Nassoniensis. Il me vient en pensée que ce pourroit être Vassoniensis, de Va i son, et cela parce qu'en France les Écrivains du quinzième siècle faisoient leurs n comme leurs a, ce qui est encore assez commun aujourd'hui parmi ceux qui n'écrivent pas en lettre ou italienne ou bâtarde.