‹ Lettres des Evêques au sujet de l'influence indue [microforme]Chapitre 8 sur 13 · LETTRE DE MGR LANGEVIN EV. DE RIMOUSKI · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR LANGEVIN EV. DE RIMOUSKI

Ÿ EVÈCHÉ DE NT-GERMAIN DE RIMOUSKI, | 5 Février 1881.

Monseigneur,

Je m'empresse de répondre à la lettre circulaire que V. G. m'a fait l'honneur de m'adresser le 2 de ce mois, mais que je n'ai reçue qu'hier soir.

Dans la question de l'amendement à notre loi électorale par rapport à l'influence indue spirituelle, je vois deux choses bien distinctes :—

1% Notre devoir de défendre les droits de l'Eglise à l'égard de la prédication et du confessionel :—]là dessus nous ne pouvons être divisés, et de fait nous avons donné notre déclaration conjointe du 26 mars 1877 :—

2° L’opportunité de réclamer une telle modification présentement :—sur ce dernier point, V. G. exprime une inquiétude et fait trois objections :—

1° V. G. a peur “que nous et nos successeurs n’ayons un jour a regretter d’avoir empiré le mal en voulant le guérir." —Je ne comprends réellement

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pas cette crainte, D'abord, si elle est fondée, nous aurions dû y penser avant

de parler. Puis quelles sont donc ces conséquences si effrayantes ?

[ serait simplement déclaré que, par éyluence indue, a loi n'entend pas les mennces de l'ordre spirituel. Ceci empêcherait uniquement d'amener devant les tribunaux civils les actes du prédicateur où du confesseur

29 V. G. voit une objection à notre action dans les ‘Instructions du Kt. Siége à Mgr Conroy."—Muis est-ce que, si nots avions eu ces Instructions sous les yeux, nous-n'aurions pas fait notre Déclaration collective 2 D'ailleurs tout ce que disent ces Instructions, c'est que le clergé ne doit pas se jeter imprudemment dans les luttes purement politiques : qu'il ne doit nommer personne en chaire en rapport avec ces luttes : que “ l'influence du ministère veclésiastique ue s'emploie jamais pour des fins particulières" accepté quand il pourrait se présenler des candidats nuisibles aux vrais intéréts de l'Eglise. “Les recommandations swrtout d'empécher autant que possible que les personnes ecclésiastiques ne soient forcées à vomparaitre devant le juge laic."—Ce serait done nous conformer à ces Instructions du St. Siége que d'insister sur l'amendement en question.

39 V, G. voit une autre objection dans notre circulaire du 11 Octobre 1877. Nous y donnons à la vérité des règles de prudence et de modération a nos prêtres ; mais cette circulaire n'empêche pas les gens mal disposés de trainer devant les tribunaux civils pour prétendue infiuence indne les curés dont ils seront mécontents. Au reste comment les protestants pourraient-ils être jaloux puisque l'amendement s'appliquerait à leurs ministres comme aux prêtres catholiques ? Et encore des curés qui observent à la lettre nos instructions, ne resteront-ils pas exposés à voir leur prônes et leurs sermons examinés, épilogués et censurés par un juge lac, et même leurs décisions et exhortations au confessional ? Nos propres Lettres P'astorales n'ont-elles pas été considérées par certains juges comine constituant un acte d'influence indue spirituelle ? N'est-il pas temps de faire cesser un tel état de choses ?

4. L'élection de Berthier est une dernière objection de V. G. Mais dans cette élection :-j: vois moi, autre chose que certaines imprudences, exagérations ou intempérances de langage de quelques curés : je vois le fait de juges laïcs et d'avocats qui forcent les témoins à répondre sur l'enseignement du prêtre en chaire et sur sa direction au confessional, et tandis que des hommes du monde, des députés et des journalistes se sentent révoltés de pareils mépris des choses saintes et des droits de l'Eglise, des Evêques verraient tout cela froidement et ne profiteraient pas des bonnes dispositions de nos législateurs pour mettre fin à de semblables abus.

N'avons nous donc pas écrit notre Lettre Postorale du 1er Juin dernier sur le respect dû à la parole de Dieu et au sacrement de Pénitence ? Voulons-nous

revenir sur nos pas ? Ce ne sont pas des faits isolés, quelque regrettables qu'ils puissent être, qui doivent nous faire hésiter à maintenir les principes. Quant à l'opposition que l’on peut redouter de la part de certains libé-

raux, Huvons nous pus tous dit à lu suite de V, G, le 22 Neptembre 1875 : T0

qui crie aujourd'hui très fort que le prétre n'a rien à voir dans la polilique, trouvail nagucre

celle influence salutaire, tel qui nie aujourd'hui la compétence du clergé duns ves questions, ecaltait jadis la sureté de principes que donne à un homme l'étude de Lx morute chrétienne D'où vient ve changement sinon de ve que l'on sent agir contre soi cette influence que l'on « conscience de ne plus mériter 2"

Au nom du ciel, ne faisons donc point un pas en avant dans lu défense des droits de l'Eglise pour en faire toujours deux en arrière 2 Cessons donc de réclamer en faveur des principes, si nous n'osons jamais en appuyer l'application.

J'en viens maintenant à la pratique :

1°. Pour tout au monde, qu'on ne sache pas dans le public que les Eveques sont divisés d'opinion la dessus.

29, Vu cette division, si elle doit persister, aucun de nous, suivant moi, ne doit prendre l'initiative de presser l'introduction de cette mesure dans nos Chambres Législatives.

3°. Si avant qu'elle ne soit présentée, on nous consulte, je suis d'opinion que nous ne devons favoriser, où plutôt provoquer cette démarche, qu'à la condition expresse que le ministère s'engage 4 proposer lui-méme la mesure où au moins à l'appuyer chaudement. Sans cela, je ne crois pas qu'elle aurait beaucoup de chanve, de succès.

4°. Si l'on fait cette proposition en Chambre, sans nous en parler, et en s'appuyant seulement sur notre Déclaration conjointe, je ne vois pas comment nous pourrions ne pas seconder le mouvement, sans manquer grièvement à un devoir rigoureux, et sans paraitre nous déjuger nous mêmes ; Malgré cela, je regarderais comme bien imprudente cette action d'un député qui présenterait une telle mesure, sans s'assurer auparavant si les Evêqnes croient le moment opportun ; il semblerait vouloir nous forcer la main. Pourrions nous cependant tirer de l'arrière ?

Dans tous les cas, c'est une question d'opportunité que nous pouvons certainement régler entre nous, sans en fatiguer encore la Propagande. Si nous ne pouvons nous mettre d'accord, restons tranquilles, et attendons les évènements.

Veuillez agréez Monseigneur, l'hommage de mes sentiments respectuenx.

(Signé) f JEAN Ev. DE RIMOUSKI.

À Monseigneur l'Archevéque de Québec.

P. S.—Permettez-moi d'exprimer ici ma lerme persuasion que, si V.G. le veut, cet amendement sera adopté.

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LETTRE DE MGR 14 F LAFLECHÉ EV, DES TROIS-RIVIÈRES

\NÉMINAIRE DES TRois-RiIvIÈRES, l 13 Février 1876

Mr E, A, Tuschereun, Archevéque de Québer

Monseigneur,

Notre lettre du 22 Septembre est un exposé clair et précis de la doctrine catholique sur la question si difficile des rapports de l'Eglise et de l'Etat. Elle est de plus une aflirmation des droits de l'Eglise en cet ordre de chose, et une revendication courageuse de ses droits contre les empiètements et aussi contre les lâchetés du libéralisme catholique, Or la doctrine et les droits affirmés dans ce document sont tellement clairs et précis, que les adversaires ont été comme étourdis et éblouis, et qu'aucun n'a osé les attaquer de front. Hs ont cru qu'une attaque indirecte aurait plus de chance, et ils ont tourné leurs regards vers le protestantisine, soutllant de ce côté le feu de la discorde et attisant le fanatisme. Mais tout ce tapage n'aboutira pas à grand chose ; car le document est là il parle pur lui-mème et prouve à qui veut le consulter loyalement que nous n'avons blessé les droits de personne ; mais que nous nous en sommes tenus strictement aux droits de la défense, en affirmant la doctrine catholique et en revendiquant ses droits là où ils étaient attaqués, et en traçant aux Fidèles confiés à nos soins des règles de conduite sur ces questions, pour la sûreté de leur conscience et l'acquit de leurs devoirs envers la sainte Eglise

Et nous nous en sommes tenus fi, Nous avons cru qu'il était mieux de ne pas descendre sur le terrain des faits et des personnes pour y faire l'application de ces principes ; nous avons cru Qu'il fallait mieux en laisser le soin à la conscience des fidèles sous Ju direction de leurs Pasteurs respectifs conformément aux règles que nous leurs avions déjà données.

Depuis, les adversaires ont cru trouver une bonne fortune dans la lettre de Monseigneur l’Archevéque de Toronto qu'ils ont interprétée dans un sens favorable au gouvernement de Mr MeKenzie et de là les efforts qu'ils ont faits pour jeter du trouble et de l'hésitation dans les esprits. Mais en réalité cette lettre ne fait qu'exposer la même doctrine que la nôtre et constater le fait regrettable que des Pasteurs auraient été trop loin dans leurs instructions, puisqu'il a fallu les avertir de ne pas changer la chaire sacrée en tribune politique. Tel n’est point le cas ici, et les quelques écarts qui ont pu se produire ont pu être facilement corriœés par quelques avis particuliers.

Après avoir mürement réfléchi et prié je suis d'avis 10. Qu'il faut s’en tenir à ce que nous avons dit dans notre lettre, elle est suffisamment claire et explicite pour tout homme de bonne volonté, et les quelques difiicultés qu'elle pourrait présenter à certains esprits peuvent facilement se lever par une explication

verbale et privée ;

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20. Que tout commentaire collectif que nous donnerions publiquement ne pourra manquer de soulever des interprétations qui ne feront qu'augmenter le trouble, et par la même atténuer et même paralyser le bien que cette lettre à déjà fait et qu'elle continue encore à faire ; 30. Que le temps n’est pas encore venu d'en faire nous même l'application directe aux personnes el aux partis, et qu'il en résulterait beaucoup plus de mal que de bien ; 40. qu'il faut, par conséquent M suspendre notre jugement publie et officiel sur le parti au pouvoir fédéral, ni le condamner ni l’absoudre, mais laisser ce soin à chaque fidèle en particulier, à l'aide de la direction que nous lui avons donnée : 50. qu'il ne faut point non plus déclarer que nous n'avons eu l'intention de ne comdamner qui que ce soit homme ou parti, mais seulement de proclamer la doctrine et les droits de l’ Egli-

:, la lettre le dit assez par elle-même.

En résumé donc, je suis d'opinion que le silence est le meilleur parti pour le présent. pré

Le tout cependant humblement soumis.

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de Votre Grandeur, le tout dévoué et obéissant serviteur. 14 afi

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