‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 117 sur 145 · AU DUC DE CANDALE · texte numérisé non relu

AU DUC DE CANDALE

f Pans], 6 août 1 (>•">.'>'.

(extbàit.)

La principale application que l'on doit apporter clans le traité [avec les Bourdelois], c'est de bien prendre ses précautions pour que Bourdeaux ne nous donne plus de peine à ladvenir1. On a recognu que les esprits y estoient tres-mal disposez et que, si l'on s'aecommodoit maintenant , cestoit parce qu'on estoit dans 1 impuissance de se souslenir plus longtemps dans la rébellion, voyant les armes du Roy [victorieuses] de tous costez et que tous les efforts du prince de Coudé et des Espagnols ne sont pas capables de les sortir du mauvais estât où ils sont. Je ne doute pas que ce ne soit cette [raison] qui oblige M. le prince de Gonty, M™* de Longueville et les autres à se servir de cette voye de l'accommodement pour mettre leurs affaires en seureté, comme aussy la mauvaise satisfaction qu'ils ont dudict prince de Condé, à cause de la conduite qu'il a tenue à leur esgard. Et si c'est la nécessité et le degoust qu'ils ont de la manière d'agir du prince de Gondé qui les oblige (sic) à traiter présentement, et si ce n'est pas aucun remords de leurs fautes passées ny le désir de regaigner les bonnes grâces du Roy par une conduite contraire, il ne faut pas douter que ces deux causes pourront

îser à ladvenir.

J'ay fort estudié l'esprit du prince de Gonty : il m'a semblé encore plus altier et plus difficile que celuy de son frère2. Neantmoins, voyant

mais Mazarin n'en était pas encore informé y mit une garnison qui devait défendre Bor-

le 6 août. deaux contre l'ennemi et le tenir en bride.

1 Les mesures adoptées pour contenir D'Estrades, nommé maire perpétuel, fut in-

Bordeaux furent énergiques : on releva la vesti des pouvoirs les plus étendus, citadelle appelée Château-Trompette et l'on 2 Ce jugement de Mazarin sur le prince

mzAitiif. — v. 83

IHPr.IMETUf lUTIOTALE.

Août .053. ce que vous m'escrivez de l'engagement où vous estes entré avec lu\ pour la seureté de sa personne, j'ay supplié le Roy de trouver bon que l'on adressast à vous et à M. le duc de Vcndosme une lettre par laquelle Elle [Sa Mt,;] consentirait [à le ratifier], afin que vous puissiez vous acquitter de vostre parole. Ceux qui sont dans Bordeaux sont dans un estât à recevoir toutes les conditions que le Roy leur voudroit imposer1.

de Conti n'est pas confirmé par l'histoire. Dominé d'abord par sa sœur, la duchesse de Longueville, pois par des favoris, comme GhemerauU-Barbezières, Sarrazin, Gosnac, Conti finit par devenir presque un courtisan du Cardinal; il sollicita la main d'une de ses nièces et épousa, en i654, Anne-Marie Martinozzi.

1 La soumission de Bordeaux marque le terme de la Fronde provinciale : le tome V doit naturellement s'arrêter au moment où les troubles intérieurs du royaume sont apaisés et où l'activité de Mazarin va surtout se diriger vers les affaires extérieures. Plusieurs de ses dépêches avaient déjà pour but de relever notre influence en Italie.

TABLE CHRONOLOGIQUE

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