‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 14 sur 335 · A M. DE CHAVIGNY, A PARIS · texte numérisé non relu

A M. DE CHAVIGNY, A PARIS

De Saint-Germain , le a5 décembre iiiia.

Plusieurs heures avant l'arrivée de M. de Montreuil, on avait eu l'avis de la prise de Leipzig, qui a été reçu par Sa Majesté avec la joie que mérite l'importance de cet événement.

Nous avons passé ces deux jours^ci en dévotion; Sa Majesté jouit d'une très-parfaite santé, et les affaires vont leur train ordinaire. Aujourd'hui Sa Majesté, après dîner, s'est longtemps entretenue avec M. de Noyers et le confesseur. Je ne sais pas encore le sujet de cette conversation.

L'agent de Catalogne à Saint-Germain fait de continuelles instances pour les nominations des gouverneurs catalans qui, conformément au traité, doivent

1 Jean de Montreuil , de l'Académie française. Il était secrétaire du marquis de Fonlenay-Mareuil , ambassadeur à Rome.

2 Sublet de Noyers, secrétaire d'état.

' Le confesseur de Louis XIII était alors le jésuite Sirmond, qui avait succédé au père Caussin. Le père Sirmond a laissé plusieurs ouvrages qui attestent sa profonde érudition.

Décembre piazze di quella provincia, e percio prenclo ardire di ricordarlo a Vostra Signoria illustrissîma, la quaie m' assicuro che nell' essecutione di questo negotio ha quella pena che havrei ancor io, esscndo una conditione dura e taie che piaccia a Dio non ci habbia a costare cara un giorno '.

Se il signor délia Barda 2 accennerà al signor Larion quello si scrive al signor marchese di Fontanè in proposito del signor duca di Parma, e dell' instanze fatte dal signor ambasciatore di Venetia di evitare la rottura intiera con il Papa, credo che non sarà se non bene.

Supplico Vostra Signoria illustrissima di ricordarsi di ordinare che h barberi, che fu Sua Eminenza faceva stare a mia dispositione a Vienna, siano condotti a Parigi; ed assicurandomi di rivederla al più lungo domattina resto intieramente, ecc.

être mis dans les places de cette province. Voilà pourquoi je prends la liberté de le rappeler à Votre Seigneurie; je suis bien sûr que, dans l'exécution de cette affaire, elle éprouve la peine que j'éprouverais moi-même; c'est une condition bien dure et telle que Dieu veuille qu'elle ne nous coûte pas trop cher un jour.

Si M. de La Barde fait part à M. Larion de ce qu'on écrit à M. de Fontenay au sujet de la proposition de M. le duc de Parme, et des instances de M. l'ambassadeur de Venise pour qu'on évite une rupture entière avec le Pape . je crois que cela ne peut être que bien.

Je supplie Votre Seigneurie de se souvenir qu'elle doit ordonner que les barbes (chevaux), que feu Son Eminence faisait tenir à Vienne à ma disposition, soient conduits à Paris. Dans l'espoir de vous recevoir au plus tard demain matin,

Je suis entièrement, etc.

1 Le traité conclu avec la Catalogne , en 2 Jean de La Barde , conseiller d'étal .

i64i, portail que les dignités, charges et marquis de Marolles-sur-Seine, était eni-

emplois ne seraient donnés dans cette pro- ployé dans les ambassades. On a de lui une

vince qu'à des Catalans. histoire de cette époque écrite en latin.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV, f° 168 recto.

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