‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 16 sur 335 · A M. LE CARDINAL ANTONIO BARBERINL · texte numérisé non relu

A M. LE CARDINAL ANTONIO BARBERINL

De Saint-Germain, ie a5 décembre 16/12.

Les circonstances où se trouve la cour de Rome, les intérêts de mon frère et beaucoup d'autres considérations m'obligeaient à écrire longuement à Votre Eminence. Mais il ne lui paraîtra pas étrange que la grande douleur dans laquelle je suis plongé, avec la certitude de n'en être jamais délivré, m'empêche pour le moment. Combien grande est la perle que j'ai faite! Votre Eminence le sait, elle qui connaissait de longue main les grandes obligations que j'avais à M. le cardinal-duc, de glorieuse mémoire, qui, non content des faveurs excessives dont il me combla en tant d'occasions, a voulu, à l'article de la mort, les accroître, en représentant à Sa Majesté que, outre ma fidélité et mon affection, j'avais la capacité nécessaire pour la bien servir, et que, par conséquent, il

1 Le cardinal Antoine Barberini était neveu du pape Urbain VIII; il avait à cette époque le plus grand crédit à Home.

Décembre

Décembre perciô consigliava la Maestà Sua a valersi di me appresso la sua persona. Mi sarebbe perô stato molto avvantaggioso questo testimonio , se mi fosse riuscito di ottenere da Sua Maestà la permissione, che instantemente gli ho dimandata, di andar a servirla a Roma, poichè cosi non rimanerei esposto a perdere quella opinione che, per deferire al purgatissimo giuditio di si gran ministro, ognuno havrebbe formata di me. Mi convient; obedire, con risolutione perô di profittare di tutte le opportunità per obbligare Sua Maestà a trovare buono che habbia l'onore di servirla in Roma, o altrove. Apro mi cuore a Vostra Eminenza, -corne a quella in cui sono certo di potermi intieramente confidare, e non ostante queste ultime cose seguite, m'assicuro ch' ella conserva la medesima passione per questa Gorona e Y istessa buona volontà per me. Con questo presupposto la supplico di assistermi liberamente da' suoi consigli, doppo che havrà presa la pena di considerare lo stato mio présente, e credere che quando ancora mi comandasse in contrario, sarô in ogni tempo e conditione suo vero servitore; solamente la prego con ogni ef-

conseillait à Sa Majesté de m'employer auprès de sa personne. Cette recommandation m'eût été très-avantageuse si j'avais pu obtenir de Sa Majesté la permission que je lui ai instamment demandée d'aller la servir à Rome ; dans ce poste je ne serais pas exposé à démentir l'opinion que, par déférence pour le jugement exquis d'un si grand ministre, chacun pouvait s'être formée de moi. Mais j'ai dû obéir, avec la résolution de profiter de toutes les occasions pour amener Sa Majesté à trouver bon que j'aie l'honneur de la servir à Rome ou autre part.

J'ouvre mon cœur à Votre Eminence comme à celui à qui je suis certain de pouvoir me confier entièrement, et, nonobstant ce qui s'est passé dernièrement, je suis convaincu qu'elle conserve le même attachement pour la couronne de France et la même bienveillance pour moi. Dans cette pensée, je la supplie de m'aider franchement de ses conseils, après qu'elle aura pris la peine de considérer ma position présente; et de croire que, quand bien même elle me donnerait des avis contraires à mon opinion, je serai, en tout temps et dans toutes les positions, son dévoué serviteur: seulement je la prie de toutes les

ficacia maggiore d'interporre vivamente l'opéra sua, accio si dia sesto Décembi agli sconcerti nati col signor ambasciatore , crepandorai il cuore di vedere che possa essere interrotta o rafîreddata la buona corrispondenza tra la Santità di Nostro Signore1 e Sua Maestà, la quale non desidera altro che senza diminutione dell' onore suo continui à rendere ogni ossequio a Sua Santità, e ogni testimonio d' affelto alla persona e casa di Vostra Eminenza, e di questa volontà regia ne rispondo io ail' Eminenza Vostra, perche sono infallibilmente certo di poterlo fare.

Di gratia, non si considerino più gli Spagnuoli mal' affetti al présente pontificato, benchè adesso umili per nécessita, che la Francia vittoriosa e piena di zelo ed amore per la Santa Sede, per la gloria di Sua Beatitudine e per il bene délia sua casa.

H Re pensa di fare qualche gratia a Vostra Eminenza , ma io credo che convenga differire un poco di tempo, dentro il quale si deve sperare che ogni differenza sarà terminata, e Vostra Eminenza havrà po-

forces de mon âme d'interposer vivement ses bons offices pour mettre fin à la mésintelligence avec M. l'ambassadeur; c'est un crève-cœur pour moi de voir interrompus et refroidis les bons rapports entre notre Saint-Père et Sa Majesté. Celle-ci ne désire rien autre chose que de continuer, sans manquer à son honneur, à rendre tous les hommages à Sa Sainteté et tous les témoignages d'affection à la personne et à la maison de Votre Eminence; et cette bonne volonté du Roi, j'en réponds à Votre Eminence, parce que je suis infailliblement certain de pouvoir le faire.

De grâce, qu'on n'ait pas plus de considération pour les Espagnols, mal disposés pour le pontificat actuel, bien qu'ils soient forcés pour le moment de se montrer humbles, que pour la France victorieuse, pleine de zèle et d'amour pour le Saint-Siège, pour la gloire de Sa Sainteté et pour le bien de votre maison.

Le Roi pense à faire quelque chose d'agréable à Votre Eminence, mais je crois qu'il faut attendre un peu de temps, pendant lequel on doit espérer que tout différend sera terminé , et Votre Eminence aura pu me faire part de ses sen- Le pape Urbain VIII, dont le différend avec la France a <;t<; mentionné plus haut.

Décembre tuto accennarmi li suoi sensi intorno il pensiero che ha Sua Maestà. Bisognerà ancora che ella pensi a fare un viaggio a questa Corte, essaminando l'occasione che si potrà prendere.

Raccomando a Vostra Eminenza la riputatione di mio fraleilo, non ineno suo servitore di quello mi sia io, e supplicandola a fare in modo che con la sua assistenza possa almeno aumentarsi il regimento d'Italiani di una compagnia di 200 uomini, resto con tutto il cuore, ecc.

timents à l'égard de la pensée qu'a Sa Majesté. 11 faudra aussi qu'elle songe à faire un voyage à notre Cour, en choisissant hien l'occasion qu'elle pourra prendre. Je recommande à Votre Eminence l'honneur de mon frère, qui n'est pas moins son serviteur que moi-même. Je la supplie aussi de faire en sorte qu'avec son aide mon régiment d'Italiens puisse s'augmenter au moins d'une compagnie de deux cents hommes , et suis de tout mon cœur, etc.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine , n° 1719, tom. I , f° 1 verso.

A M. LE DUC DE PARME

[Saint-Germain-en-Lave \] 26 décembre 1662.

Monsieur,

Un accident funeste, dont je ne doute point que le ressentiment ne me soit commun avec Yostre Altesse, me fait rompre le silence qu'à mon grand regret j'avois gardé jusqu'à cette heure. Vostre Altesse comprendra assez que c'est la mort de ce grand cardinal dont j'entends parler. Je sçais que sa perte, ne pouvant estre que fort sensible à la meilleure partie de la chreetienté, aura fait une particulière impression de douleur sur l'ame de Vostre Altesse, à cause de la pas-

1 II n'y a pas d'indication du lieu d'où la que celte lettre de Mazarin et la plupart des lettre a été écrite; mais la Cour étant alors suivantes jusqu'à la mort de Louis XIII furent à Saint-Germain-en-Laye, il est probable écrites de cette ville.

sion particulière qu'il avoit pour sa personne et ses interests, et de la Décembre particulière affection que Vostre Altesse a tousjours eue pour Son Eminence. Pour moy, qui ay sujet d'estre affligé de cette disgrâce plus que tout le reste des hommes, et qui ne dois attendre de la raison que des motifs pour ne m'en consoler jamais, je sens accroistre mon affliction par celle de Vostre Altesse. Le très-humble service que je luy ay voué il y a longtemps, et que je n'ay pas discontinué de luy rendre lors mesme que j'ay esté asseuré de la discontinuation de ses bonnes grâces1, luy pourra rendre cette vérité croyable. Je tascheray encore, Monsieur, d'en rendre à l'avenir à Vostre Altesse des preuves plus vives et plus certaines- dans l'exercice de l'employ dont il a pieu au Roy de m'honorer, lorsque je croyois avoir la permission d'aller servir Sa Majesté à la cour de Rome ou ailleurs. Je me promets de luy faire clairement voir que je ne me suis jamais départy de ma première inclination, et qu'ayant la passion que je dois avoir pour la France, je ne puis qu'estre porté d'un nouveau zèle pour un prince qui en a si gracieusement embrassé les interests. Je supplie Vostre Altesse de s'en asseurer, et de croire que je seray toute ma vie, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, loin. I, f° 2 verso.

A M. D'AMONTOT2,

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