MARESCIUL DE CAMP DES ARMEES DU 1IOÏ
[Saint-Germain-en-Laye, ] 28 décembre 1662.
Monsieur,
Comme il n'y a guère personne qui ait plus de connoissance que j'ay de vostre mérite ny plus de passion pour ce qui vous touche, il n'y en a point aussy qui ait ressenti plus- violemment que moy le malheur de vostre prison. C'est pourquoy vous devez croire que ce ne m'est point une joye médiocre de voir que le terme de vostre liberté approche, et que le Roy a mis vostre affaire en tel estât et a condescendu à des conditions si civiles et si justes, qu'il n'y a point d'apparence que D. Francisco de Melos4 ne les accepte. Quant aux civilités
1 Christine ou Chrétienne de France, Emmanuel II, (ils de Victor-Amédée et de
duchesse de Savoie. Il sera souvent ques- Christine de France.
don . dans la suite de la correspondance de 3 Josias Rantzau , qui devint maréchal de
Mazarin , de celte princesse, sœur puînée de France en i645. (Voy. la table alphabétique
Louis XIII. (Voy. la table alphabétique, à la à la fin du volume.) fin du volume.) ' Don Francisco de Mellos. général de
J !/■ dur de Savoie était alors Charles- l'armée espagnole.
Décembre que vous masseurez que vous recevez de D. Carlo Guasco, je ne doute point qu'elles soient grandes, mais aussy, sçachant qu'il a les inclinations généreuses et nobles, je veux croire qu'il les rend plus à vostre vertu qu'à ma considération. Je luy suis pourtant chèrement obligé du souvenir qu'il luy plaist avoir de moy, qui ay toujours parfaitement honoré son mérite. Je n'entreprendray point de soulager la douleur que je sçais que vous ressentez de la mort du grand cardinal : je ne doute point qu'estant extrême, vous ne soyez aussy incapable de consolation que moy, qui serois ingrat et lasche si j'en pouvois recevoir après une si grande perte. Je me contenteray de vous asseurer que l'estime que je fais de vostre vertu n'est pas moindre que celle que ce grand homme en faisoit. Vous ne douterez pas sur deux si solides fondemens que je ne cherche, Monsieur, les occasions de vous tesmoigner que je suis passionnément, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV, f aoi recto.
A MONSIEUR D'AMONTOT, GENOVA.
Di San-Germano , il 29 décembre i642.
Sua Maestà scrive alla republica ringratiandola con termini molto affettuosi; e continuando a vivere nell' istesso modo, puô promettersi ogni più avvantaggiosa dimostratione dalla Maestà Sua, alla quale ho rappre-
A M. D'AMONTOT, A GENES. '
De SaintjGermain , le 39 décembre i6ia.
Sa Majesté écrit à la république de Gênes en la remerciant dans les termes les plus affectueux. Si elle continue à agir de même, elle peut se promettre toutes les démonstrations les plus avantageuses de la part de Sa Majesté, à
sentato quanto doveva intorno al vascello di grano : onde Sua Maestà Décembre ha dato a Monsieur di Chavigni gli ordini necessarii per la sodisfattione délia republica, la quale perô provedendosi in Provenza de' grani, lo farebbe più avvantaggiosamente e con maggior sicurezza. Vostra Signoria si ricordi di assistere la casa de' signori Fieschi vivamente in tutte le occasioni, e puô bene assicurarli che la protettione del Re non gli mancherà mai.
Ho parlato, acciô Vostra Signoria riceva qualche assistenza straordinaria in riguardo al buon servitio che rende ed aile spese eccessive che è obbligata^di fare, e Monsieur di Chavigni essendone rimasto persuaso, son sicuro che Vostra Signoria rimarrà contenta.
Ho servito il signor Mareschal d'Estrées, corne intenderà per altra parte, e non vi ho havuto gran pena, havendone usato sempre nell' istesso modo.
Per via di Monsignor Nuntio Vostra Signoria riceverà un piego dove è un dispaccio per il signor Ottavio Grimaldi, che vuole levare una compagnia per il mio regimento. In una mia lettera prego Vostra Si-
qui j'ai fait toutes les représentations que je devais au sujet du vaisseau chargé de grain; c'est pourquoi Sa Majesté a donné à M. de Chavigny les ordres nécessaires pour la satisfaction de la république. Cependant, en se pourvoyant de grains en Provence, elle le ferait plus avantageusement et avec plus de sûreté. Que Votre Seigneurie n'oublie pas de soutenir fortement la maison des Fieschi dans toutes les occasions; vous pouvez les assurer que la protection du Roi ne leur manquera jamais.
J'ai parlé pour que vous receviez une gratification extraordinaire, à cause des bons services que vous rendez et des dépenses excessives que vous êtes obligé de faire; M. de Chavigny en ayant été convaincu , je suis certain que vous serez satisfait.
J'ai servi M. le maréchal d'Estrées, comme il l'apprendra d'autre part; je n'y ai pas eu grand' peine , ayant toujours employé les mêmes moyens.
Par la voie de Monseigneur le Nonce vous recevrez un paquet où est une dépêche pour le sieur Octave Grimaldi, qui veut lever une compagnie pour mon réjjiment. Dans une lettre de moi, je vous prie de lui donner quatre cent
Décembre «noria a darli quattro cento cinquanta dobble d'Itaiia a quest eiletto in una o più vol te, facendoli perô conoscere, che se non crede di poter fare la levata di 1 56 soldati effettivi, non è bene che vi si impieghi; le dette 65 o dobble, le inviero a Vostra Signoria con la prima occasione. Prego Vostra Signoria di assistere il detto signore in quanto dependerà da lei e particolarmente aggiustando bene con l'intendente che è in Piemonte, e con Monsieur di Fiorenville, che comanda in Tortona, il modo per mettere insieme la gente, e farla marciare a Macone in Borgogna, dove il mio regimento è in quartiere. Si contenti di procurare che gli officiali siano buoni, e che si solleciti la levata il più prontamente che si potrà.
Se il signor Marco Doria volesse levarne un' altra, mi sarà caro, e gl' inviero subito la commissione regia; ma bisognarebbe che, senza alcuna dilatione, cominciasse a fare la levata, governandosi corne il Grimaldi; ed in questo caso restando Vostra Signoria sicura, che la levata havrà effetto, potrà somministrarli l' istessa somma di quattro cento cinquanta dobble d' Italia, e darli ogni minuta informatione dell' avvan-
cin([uante doubles d'Italie à cet effet, en une ou plusieurs fois, en lui faisant pourtant savoir que, s'il ne croit pas pouvoir faire la levée de î 56 soldats effectifs, il est inutile qu'il s'en occupe; pour les quatre cent cinquante doubles susdits, je vous les enverrai par la première occasion. Je vous prie d'aider ledit sieur Grimaldi en tout ce qui dépendra de vous, et surtout en préparant, de concert avec l'intendant qui est en Piémont et avec M. de Fiorenville, qui commande à Tortone, les moyens de réunir ces hommes et de les mettre en marche sur Mâcon en Bourgogne, où mon régiment est en quartier. Ayez la complaisance de faire en sorte que les officiers soient bons , et qu'on travaille aux enrôlements le plus promptement possible.
Si le sieur Marc Doria veut lever une autre compagnie, je lui en saurai gré; je lui enverrai aussitôt la commission royale; mais il faudrait qu'il s'occupât sans aucun délai de faire cette levée, et en procédant comme Grimaldi; dans ce cas, lorsque vous serez sûr que les enrôlements sont effectués, vous pourrez lui fournir la même somme de quatre cent cinquante doubles d'Italie, et lui
taggioso fcrattenimento che Sua Maestà fa a questo corpo d'infanteria Janvier i6/ï3. italiana, non differentiandolo punto dalle sue guardie, e havendo dato il titolo di compagnie reali. Li suddetti signori si potrebbero intendere insieme, e secondo cbe si mettessero insieme a Tortona o per quel contorno, potrebbero farli marciare sotto la condotta di un luogotenente. Mi rimetto perô intieramente alla prudenza di Vostra Signoria, assicurandola che mi obbligherà sensibilmente, mentre io godi in questa occasione gli effetti délia sua assistenza. Gon che resto, ecc.
donner des informations détaillées sur le traitement avantageux que Sa Majesté fait à ce corps d'infanterie italienne : elle ne met aucune différence entre lui et ses gardes; il aura même le nom de compagnie royale. Ces Messieurs pourront s'entendre entre eux, et, dans le cas où ils se réuniraient à Tortone ou dans les environs, ils pourraient faire partir leurs hommes sous la conduite d'un lieutenant. Mais je m'en remets entièrement à votre sagesse , en vous assurant que vous m'obligerez sensiblement, si je profite à cette occasion des effets de votre bon vouloir.
Sur ce, je suis, etc.
Manusc. de la Bihlioth. Mazarine, n° 1719, tom. I , f* 5 reclo.
\ M. L'EVESQUE DE LAMEGO l.
[ Saint-(ïermain-en-Laye,| 8 janvier 1 6 /j 3 .
Monsieur,
J'ay reçu avec vostre lettre celle que le roy de Portugal m'a fait l'honneur de m'escrire. Sur quoy je vous diray avec vérité que, dans l'ordre que j'avois d'aller à Rome, rien ne m'estoit plus expressément commandé que d'y travailler pour, les interestz dp Sa Majesté Sere-
' Ambassadeur du roi de Portugal à Rome.
Janvieri643. nissime. Je n'eusse point eu de peine d'obéir à ce commandement, si conforme à mon inclinaison, et vous aurez pu voir, par les offices qu'a faits M. le marquis de Fontenay, la passion que le Roy mon maistre avoit que vous remportassiez de cette Cour la satisfaction que vous poursuiviez, et qui estoit la fin de vostre ambassade. Mais puisqu'un autre ordre m'a arresté en France, et que le Roy m'a fait l'honneur de me vouloir donner part en la conduite de ses affaires, vous pouvez, Monsieur, vous asseurer que, dans ce changement d'employ, je n'ay point changé d'inclination, et qu'on y remarquera tousjours de mon costé un zèle tres-passionné pour le bien et la prospérité des affaires du Serenissime Roy de Portugal. Je vous supplie de le croire, et de croire aussi qu'en particulier je seray toujours content de vous pouvoir tesmoigner par effet l'estime que je fais de vostre mérite, et la passion avec laquelle je suis très-veritablement, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f° 5 verso.