A M. BRACHET
[Paris,] 29 avril îGi'i.
Monsieur,
Pour respondre à la vostre du 7 de ce mois, je vous diray, sur le sujet des deux cens chevaux que vous dites estre nécessaires pour les vivres, que c'est un fait qui despend de M. le mareschaî de Turenne, puisqu'il a les fonds entre les mains pour en disposer selon les besoins de l'armée et pour la faire subsister; de quoy nous nous sommes remis à sa conduite.
Pour ce qui est des plaintes que font les Allemands de ne recouvrer pas M. Oheim, ainsy qu'on leur en avoit donné l'espérance, vous leur pouvez représenter qu'ils ont grand tort, et qu'ayant laissé aller sur sa parole le comte de Garcies, qui est le plus considérable des prisonniers espagnols que nous ayons, pour ravoir en eschange M. Oheim, cela fait bien voir qu'en cela nous avons préféré les Allemands aux François.
Il est vray qu'il ne se faira point d'eschange que nous ne commencions par la deslivrance des officiers de cette nation qui sont de l'armée de M. de Turenne. Il me semble qu'ils ont grand sujet d'estre satisfaits de nostre procédé, qui leur est très-avantageux, et que d'en vouloir davantage, c'est désirer de nous l'impossible.
M. d'Aumont s'en va partir, et le sieur de Charlevois1 avec luy, pour aller assembler les troupes qui doivent joindre l'armée.
Croyez que je suis, etc.
1 Charlevoix ou Charlevois obtint, dans rébus Gallicis, p. 46o). Voyez l'éloge que la suite, le gouvernement de Brisach, comme Mazarin fait de Charlevois dans la lettre le prouve l'histoire latine de La Barde (De suivante.
Avril îfj'i 'i.
CDLXXXIII.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f° 17/1 recto.
A M. LE MARESCHAL DE TLRENNE
[ Paris, ] ^9 avril \6UU.
Mom ieur,
Je n'ay pas voulu laisser partir le sieur de Charlevois sans vous tesinoigner l'estime et l'affection que j'ay pour sa personne, que son mérite vous rendra d'ailleurs considérable. Je me promets que, dans son service, vous ne trouverez rien à désirer du zèle et du soin qu'il a fait paroistre sous feu M. le maresclial de Guebriant, et je me persuade aussy qu'il trouvera le mesme agrément auprès de vous; à quoy je veux croire que l'attachement particulier qu'il a à ma personne ne luy sera point préjudiciable. Je ne vous en diray point davantage, pour vous asseurer que je ne puis jamais manquer d'estre ce que je vous ay tant de fois protesté, c'est-à-dire, etc.
CDLXXXIV.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. III, f° 336 recto.