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Miletière, lieutenant au régiment de Languedoc. Je supplie d’ailleurs Votre Excellence de s’en rapporter à tout ce que lui demandera le sieur Bonneau, que j'ai autorisé à traiter avec Elle ce qui concerne les officiers et soldats prisonniers des troupes que je commande.
Comme je ne doute pas que M. Murray, qui commande la garnison angloise de Québec, ne soit sous vos ordres, je crois devoir faire passer à Votre Excellencs les justes sujets de plaintes que me donne, ainsi qu’à la nation, la conduite extraordinaire de ce brigadier général.
Lorsque j’arrivai devant Québec, le 28 avril dernier, mon premier soin fut d'envoyer à l'hôpital général, qui est près de cette ville, un sergent et vingt soldats, sous le titre de sauvegarde pour empêcher les sauvages qui m’accompagnoïent d’insulter les malades anglois qui étoient dans cet hôpital. J’y joignis un officier pour faire les fonctions de commissaire. M. Murray y a tenu une pareille garde et j’ose m’assurer qu'aucun des malades anglois ne s’est aperçu que cet hôpital étoit en mon pouvoir.
En me retirant de devant Québec, le 16 mai, j’y ai laissé conformément aux termes du cartel la même garde avec plusieurs chirurgiens pour avoir soin des blessés françois que j’avois fait transporter audit hôpital, et pour lesquels j’ai réclamé auprès de M. Murray la convention du 6 février 1759. J'ai eu lieu de croire par les différentes lettres que j’ai reçues de lui à cette occasion qu’il étoii disposé à suivre cette convention.
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J'apprends néanmoins, depuis quelques jours, par plusieurs voies sûres que, non seulement M. Murray a fait enlever de l’hôpital général les soldats françois dont la guérison paroissoit la plus prochaine pour les faire mettre en prison À Québec, mais aussi qu'il s’est porté à cette extrémité de faire arrêter le sergent et les vingt hommes qui étoient de sauvegarde, et de la constituer prisonnière de guerre.
Ce procédé, que, jusqu’à présent, aucun chef de guerre n'auroit osé avouer, n’a pas été motivé de la part de M. Murray par aucun prétexte possible ; il s’est contenté de dire à l'officier commissaire qu’il n’y avoit plus de cartel, n’ayant pas réfléchi sans doute que la détention d’une sauvegarde est non seulement une rupture du cartel, mais une infraction solennel au droit des gens.
J’aurois pu faire ressentir aux officiers et soldats anglois que j’ai faits prisonniers le 28 avril les suites du peu d’égards que leur commandant a eu pour les usages les plus sacrés ; mais j’ai préféré de vous donner connoissance de cette affaire persuadé que vous êtes trop jaloux de la gloire de la nation britannique pour laisser subsister un grief de cette nature.
M. Monckton vous aura sans doute rendu compte de l’ordre qu’il avoit laissé, au mois d'octobre dernier,
en quittant la ville de Québec ‘er prisonniers de guerre quelques of ts françois qui avoient été tran \] g val après le
combat du 13 septem ve del’an .e dernière, cet hôpi-
tal étant tombé quelques jours après au pouvoir des troupes angloises. Autre infraction qui n’est fondée sur aucun motif. Les articles 26 et 27 sont formellement opposés à la prétention de M. Monckton, et nul blessé ne peut être regardé comme prisonnierde guerre, s’il n’est pris sur le champ de bataille.
Cette affaire a resté indécise jusqu’à ce moment, et la connoissance que j'ai de vos lumières et de votre droiture me fait espérer que vous donnerez ordre que ces officiers et soldats soient renvoyés libres, et que pareille difficulté ne sera point faite à l’avenir, dans les parties qui sont sous votre commandement, comme, de mon côté, je tiendrai la main à l’observation la plus exacte du cartel.
Je prie donc Votre Excellence de m'adresser le plus tôt possible un ordre pour M. Murray, que j'aurai soin de lui faire passer, par lequel il soit obligé de relacher la garde que j’avois laissée à l’hôpital général, ainsi que les blessés françois qu'il a fait arrêter, et de déclarer libres tous ceux qui restent audit hôpital, et à rendre la même liberté aux officiers et soldats qui ont été trouvés dans ce même hôpital, lors de la retraite de l’armée françoise, qui a suivi le combat du 13 septembre 1759.
Je me félicite d’avoir à traiter avec Votre Excellence une affaire de cette nature, convaincu, par la réputation dont elle jouit dans ce continent, qu'Elle est très éloignée d'approuver de pareils procédés. Je ne me
félicite pas moins d’avoir eu cette cecasion de lui faire connoître la considération et la haute estime avec laquelle, etc.