‹ Lettres du chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (1756-1760) [microforme]Chapitre 7 sur 95 · TR E · texte numérisé non relu

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restera pas un seul. Je ne vous parlerai point aussi de tout ce dont je manque; M. de Montcalm vous en instruira bien mieux que je ne pourrois faire.

Les soldats de la colonie m'ont représenté qu'ils n’avoient point de savon, pas même pour faire leur barbe ce qui étoit cause qu’ils étoient malpropres. Je vous prie de vouloir bien donner vos ordres en conséquence.

M. de Sabrevoix m'a demandé la permission pour que M. Villejoin, enseigne en second, aille pour quelques jours à Montréal; il manque généralement de tout ; j’ai cru ne devoir pas lui refuser ; il reviendra si vous le trouvez à propos.

A M. DE VAUDREUIL

Le 22 juillet 1756.

J'ai l'honneur de vous informer du retour du détachement de M. Duplessis, Il s’est porté au-dessus des ttois chûtes de la Rivière à la Loutre, où il est entré par son embouchure. I1 m'a dit n’avoir trouvé aucun vestige d'établissement de la part de l’Anglois, pas même aucune trace qui dénote que cette partie soit

fréquentée; sur son rapport je pense que nous pouvons être tranquilles.

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Il s’est aussi porté à l’endroit où l’on nous a fait des prisonniers; il a jugé par les traces que le détachement de l’ennemi ne pouvoit être composé que d'environ quarante hommes; mais, ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’il juge que ce détachement est venu par l’autre côté du lac Champlain. Il compte qu'il aura passé au Rocher Fendu ou à la Rivière Bocquette. Cela paroit se confirmer par un capitaine de Royal-Roussillon qui a relâché à la Rivière Bocquette le 20 de ce mois, venant de Montréal : il avoit

fait mettre à terre des soldats convalescents et avoit

posé des sentinelles qui l’ont averti pendant la nuit qu’ils entendoient du bruit dans le bois, et qu'ils avoient même vu trois ou quatre personnes derrière des arbres. Cet officier a pris le parti de faire embarquer sa troupe et de gagner le large. Il dit avoir bien fait éteindre les feux, et que, quand ils ont été bien loin, ils les ont vus rallumés. Ces rapports me font prendre le parti d'envoyer incessamment un détachement pour battre cette partie et en ch:sser les détachements que l’ennemi pourroit y avoir; je pense que c’est absolument nécessaire pour la sûreté de la navigation; mais je ne pourrai former ce détachement que quand j'aurai des sauvages. Je n’ai pu empêcher tous ceux qui me restent d’aller dans un détachement que M. de la Colombière doit commander pour voir encore à faire des prisonniers dans le fond du lac Saint-Sacrement auprès du fort Georges. Il doit partir demain au soir. Il sera composé d’une soixantaine

de sauvages et d’une cinquantaine d’hommes de troupes de la colonie, il y aura MM. de Longueil, de Contrecœur, Laïiné, Dartel et deux cadets. Je pense qu’il est important de faire des prisonniers pour avoir des nouvelles et d’inquiéter l’ennemi sur cette partie et l'empêcher de porter son attention vers Choagen.

Si nos travaux ne pressoient pas autant qu’ils font, je vous proposerois bien de faire un mouvement qui ne pourroit être que relatif aux nouvelles que nous apprendrons. Les travaux vont aussi vite qu'ils puissent aller ; mais c’est toujours bien lent.

Rien n'arrive au fort Saint-Frédéric des provisions qui nous sont annoncées depuis longtemps ; nous manquerons incessamment de tout.

J'ai fait prendre les armes à toutes les troupes de la colonie; je les ai fait mettre par compagnie, pour que les miliciens connussent les compagnies où ils sont attachés et les officiers.

J'ai aussi fait la visite des baraques, et la propreté commence à y régner. M. de Sabrevoix y tient la main.

J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint ma disposition en cas d’attaque. Je vous supplie de me mander si vous trouvez qu’il y ait quelque chose à changer. Il tombe toujours beaucoup de soldats malades; je ne garde ici que ceux attaqués de maladies violentes et qui ne peuvent pas supporter le transport jusqu’au fort Saint-Frédéric. Je mande à M. de Lusignan de ne laisser passer à Montréal que ceux qui sont jugés par

les chirurgiens n’être pas en état de continuer la campagne.

Actuellement, la qualité du pain est assez bonne. J'ai ici environ quatre-vingt-treize bateaux, y compris ceux qui ont apporté les convalescents de Royal- Roussillon ; il y en a plusieurs parmi le nombre qui ont besoin d’être raccommodés; mais il me manque de quoi les faire calfater. Mandez-moi si vous jugez à propos que je les garde tous, je vois qu’il en faudra beaucoup lorsqu'il sera question du déblai des troupes pour le quartier d’hiver,

Il y avoit trois Iroquois qui avoient quitté le parti de M. de Saint-Martin qui sont revenus avec une chevelure qu'ils disent avoir faite auprès d'Orange, où ils prétendent y avoir vu arriver plus de deux mille hommes, pendant deux jours qu'ils y ont été cachés pour attendre à faire coup; ils sont arrivés excédés de fatigues, et à peine pouvoient-ils marcher.

M. Bleury vient d'arriver avec un assez bon convoi ; il envoie la facture de ce qu’il a apporté à Monsieur l’intendant.

A M. DE VAUDREUIL

Le 24 juillet 1766,

Je profite du retour de la barque qui doit partir demain du fort Saint-Frédéric, pour avoir l’honneur de vous informer que le détachement de M. de la Colombière est parti hier. Il est composé de quatre officiers, quatre cadets, soixante-onze François et cinquante sauvages, pour aller faire coup, comme je vous ai déjà mandé, au fond du lac Saint-Sacrement. Il a pris des vivres pour six jours. Je compte qu’il rentrera après-demain; il y a tout lieu de croire qu'il nous amènera quelques prisonniers.

Il vient de nous arriver quelque chose de fâcheux, qui est la désertion de trois soldats des troupes de la Marine. Ils ont déserté pendant la nuit du 22 au 28. Il y a lieu de croire que c’est dans une pirogue qu’ils ont trouvée. Je n'ai été averti de leur départ qu’à six heures du matin. J'ai fait sur-le-champ partir un détachement de sauvages et de Canadiens pour aller à leur poursuite; ce détachement est rentré sans avoir trouvé aucune de leurs traces. Il y a deux de ces coquins qui ont déjà passé par les verges, il y a longtemps ; le troisième est un jeune homme que, sans doute, ils ont débauché. On dit que ce sont des drôles fort intelligents, qui sont en état de rendre compte de

notre position. Il auroit été fort à désirer qu'ils eussent été pris ; j’avois promis aux sauvages trois cents livres de ceux qu’ils m’amèneroient en vie, et cent-cinquante de ceux dont ils apporteroient la chevelure.

J’avois oublié par ma dernière dépêche de vous mander que M. de Bleury avoit amené quarante-deux miliciens, que j’ai fait passer aux corps de MM. les chevaliers de la Corne et de Contrecœur. M. de la Perière est arrivé hier avec MM. de Florimond, Le Borgne, Aubert, et La Durantay et cent quarante-deux É soldats de recrues, que j’ai fait incorporer tout de ce. suite dans les six compagnies de la Marine formées :

Le nombre des soldats malades augmente tous les jours; M. de Bleury en a même avec lui, pour faire passer à Montréal, vingt-deux qui ont été jugés hors Hi d'état de continuer la campagne.

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pt XV A M. LE MARQUIS DE MONTCALM

Le 24 juillet 1756.

Vous voulez bien, mon cher général, que je vous informe de mes dispositions en cas d'attaque. Je vous envoie ci-joint mon ordre de bataille ; si vous l’ap-

prouvez, cela me donnera de grandes espérances de battre l’ennemi, s’il vient m’attaquer.

Il vient de nous déserter trois soldats des troupes de la Marine, dont je suis très fâché. J’ai fait courir après eux par un parti de sauvages; j’avois mis leur tête à prix ; mais tout cela a été inutile, et le détachement est rentré sans avoir rien vu. On dit qu'il y a deux de ces drôles qui sont fort intelligents et qu’ils sont en état de dire bien des choses; ce sont des coquins qui avoient déjà passé par les verges.

Le nombre de nos malades augmente ici tous les jours; il y en « actuellement, tant à l’hôpital d'ici qu’à celui de Saint-Frédéric, deux cents ; j’en ai fait passer vingt-deux à Montréal, qui ont été jugés hors d'état de continuer la campagne. M. de la Colombière est parti hier avec un gros détachement pour aller faire coup auprès du fort Georges ; s’il nous vient des prisonniers, je vous ferai passer sur-le-champ leurs dépositions. Il a paru un parti des ennemis du côté de la Rivière Bocquette; j’envoie un détachement dans cette partie pour assurer notre navigation. Donnez-moi, je vous prie, de vos nouvelles le plus souvent que vous pourrez.

Soyez bien persuadé de l'intérêt que je prends à votre gloire et de l'attachement vif et sincère avec lequel j’ai l'honneur d’être, etc.

A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL

Le 2 août 1756.

J'ai reçu la lettre que vous m’avez fait l'honneur de m'écrire par M. de Bleury en date du 26 du mois dernier. Puisque vous approuvez ma disposition en cas d'attaque, je n’y changerai rien et m'y conformerai.

Le secours en hommes que vous me destinez arrivera fort à propos ; il nous tombe tous les jours une grande quantité de soldats malades qui sont attaqués de l’escorbut (sic), dont la plus grande partie sont des miliciens et des jeunes gens trop foibles pour supporter les fatigues de la campagne.

Nous manquons de tout à l’hôpital de Saint-Frédéric. Pour vous épargner ce détail, j'en écris à Monsieur l’intendant et le prie de nous faire passer, le plus promptement qu’il lui sera possible, les secours nécessaires.

A l'hôpital de Saint-Frédéric, à celui du fort de Vaudreuil, ou malades au camp, il y a quatre cents hommes hors d'état de faire le service. Vous devez juger par là des moyens qui me restent, soit pour entreprendre sur l’ennemi, ou pour ne point discontinuer les travaux du fort, qui me paroît être l’objet qui vous intéresse le plus.

Le détachement de M. de la Colombière est revenu

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de son expédition le 26. Il s’est porté par le côté du nord au fond du lac Saint-Sacrement auprès du fort Georges, où il a donné l’alarme, et fait quatre chevelures sur une petite troupe qui étoit à la découverte. Il a été obligé, sur ce qu’il a vu sortir du fort et du camp un gros détachement, avec lequel il a fusillé environ une demi-heure. Ils disent en avoir tué plusieurs, et heureusement nous n’avons eu personne de tué ni de blessé. Tout ce détachement se loue beaucoup des officiers qu’il avoit avec lui, particulièrement de M. Artel Saurel, officier de Louisbourg, qui faisoit son avant-garde. Il auroit été à désirer que ce détachement nous eût amené des prisonniers. Ils disent qu'ils n’ont trouvé aucun changement à la situation du camp.

Comme dans les circonstances présentes les mouvements que je puis faire dans cette partie peuvent être d’une grande utilité, jai fait partir le 30 du mois dernier, un détachement de deux cent vingt hommes dont cent vingt sauvages et cent Canadiens avec MM. de Saint-Vincent, Noyel et Le Borgne, lieutenants, Aubert, La Durantay, Grosbois et Villaret, cadets à Lacgueillette et MM. de Coagne, Riverain et Brisebois, officiers de milice, le tout aux ordres de M. de Beaujeu. Ce détachement a pris des vivres pour huit jours. Je lui ai ordonné de passer par les Deux Rochers et de se porter au fond de la baie à la Rivière du Chicot, où il laissera ses bateaux et se portera par

terre entre le fort Lydius et le fort Georges, pour y

intercepter quelques convois et y faire des prisonniers.

J’aurois bien voulu ne point envoyer tant de sauvages, parce que je crains qu’à leur retour, s'ils font coup, ils ne s’en aillent tous ; je n’ai pu l’empêcher’ parce que toutes les nations se sont liées ensemble. Il est bon de vous prévenir que, comme il y a toute apparence qu’ils s’en iront, je resterai ici sans sauvages. Ainsi je vous serois bien obligé, si vous le pouvez, de m’en envoyer d’autres et le plus que vous pourrez.

J’aurois bien désiré pouvoir faire le détachement de M. de Beaujeu plus considérable en soldats et miliciens ; cela ne m'a pas été possible, sans discontinuer les travaux ; et j’ai été obligé de le former des troupes du camp de MM. le chevalier de la Corne et de Contrecœur, qu’en attendant leur retour, j’ai fait remplacer par cinquante-cinq grenadiers, avec trois lieutenants, pour ne pas ôter le commandement à M. le chevalier de la Corne.

Malgré le désir que j’aurois de faire un mouvement en avant, je sens la difficulté de le faire à moins que vous n’ordonniez la discontinuation des travaux, Dans ce cas, je pourrois me rendre au fond de la baie où M. de Dieskau a débarqué l’année dernière, d’où je pourrois me porter suivant les circonstances entre le fort Georges et le fort Lydius. Je ne pourrois faire qu’une diversion dans cette partie, parce que, n'étant

pas possible d’y amener du canon, je ne saurois entreprendre sur aucun des forts.

Si j’avois beaucoup de canots d’écorce, je pourrois me porter sur l'ennemi par le lac Saint-Sacrement et, suivant les circonstances, faire un débarquement au fond de ce lac du côté du fort Georges. Avec quelque travail je pourrois bien y faire passer des bateaux qui sont ici par le chemin du portage ; mais cela peut avoir des inconvénients, parce que cela ouvriroit un chemin à l’ennemi dont, dans d’autres occasions, il

pourroit profiter. Voilà tous les moyens que je con-

nois pour aller à l’ennemi et faire la diversion que l’on pourroit désirer dans cette partie. Vous connoissez les forces que j'ai et, mieux que moi, la situation du pays; pour une chose aussi importante, je vous demande sur cela des ordres précis auxquels je me conformerai avec toute la bonne volonté et le zèle dont je puis être capable.

Je ne puis que bien vous remercier de la confiance que vous voulez bien avoir en moi sur le parti qu'il y auroit à prendre pour faire un mouvement en avant. Il peut être d’une si grande conséquence que je ne puis le prendre sur moi; à la guerre, il n’y a rien de plus incertain que le succès.

Il y a plusieurs officiers ici de la dernière nomination des troupes de la Marine qui demandent à faire le service conformément à leur nouveau grade; je pense qu’ils ne sauroient le faire avant d’être reçues ;

si vous le jugez à propos, je vous prie de m’en envoyer l’ordre.

Si M. de Saint-Vincent est lieutenant en expectative j'ai eu des représentations de la part de ses camarades pour qu'il n’en fit point le service avant sa réception. Monsieur son père aura l'honneur de vous écrire et vous mandera ses raisons.

M. de Contrecœur a eu le malheur de perdre son fils aîné qui s’est tué par son fusil, qui a parti et sur lequel il étoit appuyé. Tout le monde regrette beaucoup cet officier. Il venoit de se distinguer au détachement de M. de la Colombière. L'état du père est très touchant ; jai été le voir. J’ai cru devoir lui proposer d'aller passer quelques jours à Montréal ; il m'a dit qu’il n’iroit que lorsqu'il croiroit qu'il n’y auroit plus rien à craindre pour cette purtie. J'ai fait partir M. Duplessis, le 28 du mois dernier, avec un détachement de cinquante hommes, composé de troupes de la Marine, de la colonie et de cinq sauvages. Je lui ai ordonné de se porter sur les deux rives du lac Champlain, aux endroits où il y a plus d’apparence que l'ennemi envoie ses partis. Je lui ai enjoint de se trouver à la Rivière Bocquette pour le 31 du mois, qui est le temps que M. de Bleury doit y passer, de battre toute cette partie et de ramener tous les bateaux, canots et pirogues qu'il trouveroit dans sa route, et de couler à fond ou brûler ceux qui seroient mauvais et qu’il ne pourroit pas ramener; j'attends son retour aujourd’hui ou demain.

J'envoie à Monsieur l'intendant l’état de ce que M. de Bleury a apporté dans son dernier voyage; il n’y a que cinq quarts d'eau-de-vie; c’est bien peu ; les travailleurs et les troupes en manquent depuis quatre ou cinq jours et il leur en est dû beaucoup.

Les travaux du fort vont aussi bien qu’on puisse le désirer; mais il ne faut cependant pas s'attendre qu’il puisse être en étar de défense avant le 1‘ de septembre; M. de Lotbinière fait de son mieux. M. de Lusignan me mande que vous lui ordonnez de relâcher un patron du bateau de M. de Bleury qu'il avoit fait arrêter parce qu’il n’avoit pas voulu s’approcher du fort pour se laisser visiter, malgré tous les signaux qu’il lui a fait et lui ayant crié par un porte voix de venir, et, pour que le service n’en souffrît point, il offrit à M. de Bleury un autre homme à la place. M. de Lusignan en cela n’a fait que se conformer aux

ordres que lui a: donnés M. de Montcalm et aux miens. Il est de toute nécessité qu’ils soient exécutés au pied de la lettre, pour éviter les friponneries qui se font journellement par les bateaux qui passent furtivement. Ceux de M. de Bleury doivent y étre assujettis tout comme les autres, puisqu’un de ces bateaux a ét6 pris en faute et que l’eau-de-vie a été confisquée au profit du Roi. Je ne puis que me louer de l’exactitude de M. de Lusignan; c’est un très bon officier à tous égards. M. de Montcalm vous en rendra un aussi bon compte que moi. Je vous serois bien obligé de lui

écrire, et, loin de le blâmer, de le louer de son exactitude, sans cela le service en souffrira.

A M. BIGOT, INTENDANT

Le 2 août 1756.

Vous voulez bien que j'aie l’honneur de m'adresser il à vous pour accélérer tous nos besoins qui augmentent | journellement. Ce qu’il y a de plus pressé est de pourvoir à ce qui est absolument nécessaire à l'hôpital. | M. Hert que j’avois envoyé à Saint-Frédéric pour | le visiter et y faire faire du pain, à cause de l’accident qui est arrivé ici à nos fours et qui est réparé, vous a rendu compte de l’état où étoit cet hôpital. (1 L’humanité et le bien du service demandent que vous (| Liu y ordonniez le plus prompt secours. Nous sommes aussi à la veille de manquer de chirurgien ; il ne m’en put reste ici qu’un, qui est attaché au régiment de la Reine, qui ne sauroit suffire pour l’hôpital, les offif ciers et les malades du camp. Je ne sais les raisons QUEUE qui obligent M. Doreil de retenir à Montréal le chi- QUI rurgien-major de Royal-Roussillon. Je lui ai déjà écrit de le faire partir dès ma lettre reçue. S'il faisoit quelque difficulté, je vous prie de vouloir bien dire à Monsieur le général de lui ordonner.

C- La maladie qui règne le plus ici est l’escorbut dont les miliciens sont les plus attaqués. Cela vient du peu de soin qu’ils ont d’eux, malgré toutes les précautions que l’on prend, et que ce sont presque tous des jeunes gens et des enfants qui ne peuvent pas supporter les fatigues. Je crois que le bien du service et de la colonie demanderoit qu’ils fussent relevés, du moins ceux qui sont les plus foibles et les plus incommodés, par

| des gens en état de servir, qui puissent supporter les

: fatigues. Si on ne prend cette précaution, il est très

ser certain qu’il en mourra une très grande partie. Tant

ant qu’à moi je ne puis qu’en prévenir ; c’est à Monsieur le ur- général et à vous de faire les dispositions les plus convenables à cet égard.

ur Nos travaux du fort vont aussi bien qu'ils puissent

ci- aller; mais, quoi qu'on puisse faire, il ne sera point

ré, en état de défense avant un mois.

al. J’ai envoyé un détachement, commandé par M. Du-

bus plessis, à la Rivière à la Loutre, au Rocher Fendu,

nes avec ordre de se porter jusqu’à la Rivière Bocquette. en É J'ai cru cette précaution nécessaire pour mettre en

la à sûreté nos convois contre les partis ennemis qui fi- ni peuvent se glisser sur les deux rives du lac Chambns Ll plain. J’ai ordonné à M. Duplessis de ramener tous hi- les bateaux, canots et pirogues qu’il pourroit renconéjà A trer dans son chemin, et ceux qui ne seroïent pas en

Loit ie état de servir de les brûler ou de les couler à fond.

e à + M. de la Cnlombière, qui a été avec un parti de

cent hommes au fort Georges, au fond du lac Saint-

Sacrement, s’est approché de fort près de ce fort, y a donné l’alarme et fait quatre chevelures sur les gens qui.en étoient sortis. Il a été obligé de se retirer sur ce qu’un gros détachement en est sorti, avec lequel il a fusillé euviron une demi-heure. Ils disent en avoir tué plusieurs, et heureusement nous n’avons eu personne de tué ni de blessé.

J'ai fait partir le 30 M. de Beaujeu avec un détachement de deux cent vingt hommes, tant sauvages que Canadiens, avec dix officiers ou cadets de la colonie. Il a ordre d'aller par les Deux Rochers au fond de la baie du côté de ia Rivière du Chicot, où il laissera ses bateaux, d’où il se portera entre les forts Georges et Lydius, pour tomber sur quelques convois de l’ennemi. J’ai cru ce détachement nécessaire dans les circonstances présentes pour faire une diversion et empêcher l’ennemi de porter toutes ses forces du côté de Choagen. Si les miennes étoient plus considérables ici, je ferois mieux et j’aurois toujours de gros détachements dehors, je me porterois moi-même en avant; mais il est impossible de le faire sans discontinuer les travaux.

M. de Contrecœur est dans la plus grande affliction de la mort de son fils aîné qui a eu le malheur de se tuer par son fusil, qui a parti et sur lequel il étoit appuyé; tout le monde regrette beaucoup cet‘officier ; il venoit de se signaler au détachement de M. de la Colombière. L'état du père est très touchant ; je l’ai été voir hier; je lui ai proposé d'aller passer quel-

en en LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS 41

ques jours à Montréal ; il m’a dit qu'il n'iroit que quand il croiroit qu’il n’y auroit plus rien à craindre dans cette partie.

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