A M. BANCAL DES ISSARTS
2 septembre an 4el-
Je vous ai écrit à Clermont avant de savoir que vous fussiez passé à Riom ; je vous disais que plus de quatrevingt mille Prussiens sont entrés en France et que Longwy leur avait été indignement livré. Ils s'avancent à grands pas, Verdun est investi et ne peut tenir longtemps 2; leur projet est d'avancer sur Paris, et ils peuvent l'exécuter. Je ne vous parlerai pas de toutes les mesures que nous prenons ; mais, nous avons beau ne pas dormir et déployer une activité plus qu'humaine, il est impossible de réparer en peu d'heures l'effet de quatre années de trahison. Les ennemis ont l'avance sur nous, et nous ne pouvons nous sauver que par une sorte de miracle qu'il faut espérer pour le favoriser. Envoyez-nous des hommes tout armés comme il en sortit autrefois de la terre et faites-les courir à grands pas. Ce qui désespère, c'est la lâcheté des municipalités3 ; Clermont (en Argonne)4 vient encore d'en donner un exemple qui anéantit. Ce qui entrave tout, c'est notre folle Commune 5 ; elle lutte avec
i. 1792. Voir page 344, note 2.
2. Un parti dans la ville était favorable aux envahisseurs. Verdun se rendit le jour même où Mme Roland écrivait cette lettre.