L'étendue du territoire de la France
7. Serua/i (1741-1808), qui avait fait partie du même ministère (pie Ro- Jand, venait de donner sa démis-
sion. La lutte était engagée entre la Montagne et la Gironde. Il ne se passait plus un jour que Roland, toujours ministre, et sa femme ne fussent insultés par le Père Duchesne ou menacés par des forcenés.
Le 25 décembre ils avaient rédigé un acte qui exprimait leur volonté de demeurer où le voulait la patrie et de confier leur fille aux soins d'une amie et d'un frère de Roland, chanoine à Villefranche. Cependant, malgré leurs craintes, aucun incident ne signala la journée du lendemain.
8. L'an Ier de la République, manière de dater adoptée officiellement depuis la proclamation de la République (21 septembre 1792).
9. On avait résolu de presser le procès de Louis XVI. On voit que \jmc Roland redoute des mesures plus terribles encore.
rieur dans ce massacre. Les avis se multiplient, et les divers renseignements attestent que des complots existent. Les mesures de prudence les déjoueront-elles? C'est la question. J'ai fait partir ma fille pour la campagne et disposé mes petites affaires comme pour le grand voyage, et j'attends l'événement de pied ferme. Nos institutions sociales rendent la vie si laborieuse pour les cœurs honnêtes, que ce n'est pas une grande perte à faire, et que je me suis tellement familiarisée avec l'idée de la mort que je vais au-devant des assassins, s'ils arrivent, persuadée d'ailleurs que s il est une chose au monde qui puisse les détourner, c'est le calme du courage et le mépris de leurs coups. M. R. ', qu'un érysipèle à la jambe retient depuis dix jours au lit ou dans la chambre, se traîne dès le matin au conseil qui siège aux Tuileries, et qui sera permanent tant que Louis sera hors de sa prison2. Les avis d'assassinat pleuvent sur ma table, car on me fait l'honneur de me haïr, et je vois d'où cela vient. Lorsque, dans les quinze premiers jours du ministère, le scélérat Danton3 avec l'hypocrite Fabre4 nous environnaient continuellement en singeant l'amour du bien et de l'honnête, ils m'ont pénétrée, et, sans que j'aie jamais rien dit ni fait pour confirmer leur opinion, ils ont jugé que je tiens quelquefois la plume. Cependant les écrits de M. R. ont produit quelque effet. Donc, etc5.
L'aboyeur Marat, lâché dès lors après moi, ne m'a pas quittée un moment ; les pamphlets se sont multipliés, et je doute qu'on ait publié plus d'horreurs contre Antoinette c, à laquelle on me compare et dont on me donne les noms, qu'on ne m'en attribue chaque jour. J'ai gardé le silence qui me convenait, sans aucune réponse que ma
i. lj s'agit de Roland, son mari.