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Noms de deux des figures du svllogisme

Tout être pensant qui n'est pas de leur avis est un athéer et tout roi qui ne les favorise pas sera damné. Vous savez, monseigneur, que le mieux qu'on puisse faire, c'est d'abandonner à eux-mêmes ces prétendus précepteurs et ces ennemis réels du genre humain. Leurs paroles, quand elles sont négligées, se perdent en l'air comme du vent, mais si le poids de l'autorité s'en mêle, ce vent acquiert une force qui renverse quelquefois le trône1.

Je vois, monseigneur, avec la joie d'un cœur rempli d'amour pour le bien public, la distance immense que vous mettez entre les hommes qui cherchent en paix la vérité, et ceux qui veulent faire la guerre pour des mots qu'ils n'entendent pas. Je vois que les Newton2, les Leibnilz3, les Bayle, les Locke 4, ces âmes si élevées, si éclairées et si douces, sont ceux qui nourrissent votre esprit, et que vous rejetez les autres aliments prétendus, que vous trouveriez empoisonnés ou sans substance.

Je ne saurais trop remercier Votre Altesse Royale de la bonté qu'elle a eue de m'envoyer le petit livre concernant M. Wolff5. Je regarde ses idées métaphysiques comme des choses qui font honneur à l'esprit humain. Ce sont des éclairs au milieu d'une nuit profonde; c'est tout ce qu'on peut espérer, je crois, de la métaphysique. Il n'y a pas d'apparence que les premiers principes des choses soient jamais bien connus. Les souris qui habitent quelques

i. On saisit bien ici, dans son principe, 1° plan de la politique que Voltaire ne cessera de suivre, comme chef du parti philosophique : il s'efforcera toujours d'exciter la défiance de l'autorité civile contre la religion et ses représentants, et de montrer une sorte d'hostilité latente entre les deux pouvoirs dont Bossuet et tant de théologiens avaient célébré l'union comme nécessaire et bienfaisante . On retrouvera le même sentiment dons ce qu'il dit plus bas «le sa Henriade.

■'. Newton (1642-1727), illustre savant anglais, célèbre par ses découvertes en mathématiques et en physique. On lui doit notamment la découverte de la décomposition de la lumière et celle de la gravitation universelle.

3. Leibnilz (1646-1716), illustre savant et philosophe, né à Leipzig.

Ses ouvrages les plus connus sont Y Essai de Théodicée et les Nouveaux Essais sur l'entendement humain. Il soutint contre Newton une longue polémique sur la question de savoir auquel des deux revenait la priorité de la découverte du calcul infinitésimal.

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