‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 322 sur 381 · AU DUC DE BIRON · texte numérisé non relu

AU DUC DE BIRON

A Arras, le i\ janvier ly^ Monsieur,

J'ai eu l'honneur de vous écrire, de Nancy, deux lettres 2 auxquelles vous n'avez pas jugé à propos de faire réponse, et je n'ose plus en attendre à celle que j'ai hasardée encore, il y a un mois : ce silence continué de votre part, monsieur, m'est très sensible, et me fait connaître de quel œil vous regardez mes sentiments. Je ne saurais, après cela, aimer encore mon emploi, où j'ai fait des efforts si inutiles pour mériter vos bontés, ni même conserver ailleurs aucune idée qui me flatte. Si vous, monsieur, à qui j'ai l'honneur d'être connu, vous me traitez ainsi, que dois-je attendre de ceux qui ne me connaissent pas ?

Vous me faites sentir, monsieur, la nécessité où je suis, de quitter le service que je continue depuis neuf ans, sans espérance, contre le sentiment de ma famille, et avec des infirmités dont vous avez bien voulu vous apercevoir quelquefois. Je vous supplie, monsieur, de nommer à mon emploi, et de recevoir cette lettre comme ma démission. Je prends la liberté d'y joindre une copie d'une autre lettre que j'écris à M. Amelot3 : je crois justifier, en quelque sorte, ma conduite, lorsque j'ose vous la communiquer. J'espère, monsieur, que je pourrai avoir l'honneur de vous voir à Paris à la fin de ce mois, et vous remercier, de vive voix, du cong-é absolu que vous avez eu la bonté d'accorder à M. de la Serre, pour un soldat de ma compagnie4. Il a été remplacé, sur-le-champ, par un très bel homme. Je suis, avec un profond respect9, etc.

i. Voir la note de la page \:>,~.

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