II
<îel avantage singulier, que les plus critiques et les plus soblils théologies n'y pourront trouver aucune mau-
^ei;| vaise raison.
te:j Mettez-vous donc Tesprit en repos, et ne craignez
?fii!j point d'être hérétique en vous servant de la proposition condamnée. Elle n'est mauvaise que dans la seconde lettre de M. Arnauld. Ne vous en voulez-vous pas fier à M parole ? croyez-en M. Le Moine, le plus ardent des examinaleurs, qui, en parlant encore ce matin à un docteur de mes amis, qui lui demandoit en quoi consiste cette différence dont il s'agit, et s'il ne seroH plus permis de dire ce qu'ont dit les Pères : <( Celte propo- « sition, lui a-t-il excellemment répondu, seroit catho-
j: ' fi liqufe dans une autre bouche; oc n'est que dans « M. Arnauld que la Sorbonne l'a condamnée. )> Et
D-l ainsi admirez les machines du laolinisme, qui font dans l'Église de si prodigieux renversements, que ce qui est catholique dans les Pères devient hérétique dans' M. Arnauld : que ce qui étoit hérétique dans les seftiipélagiens devient orthodoxe dans les écrits des jésuites ; que la doctrine si ancienne de saint Augustin est une nouveauté insupportable; et que les inventions nouvelles qu'on fabrique tous les jours à notre vue passent pour rancientie foi de l'Eglise. Sur cela il me quitta, j Cetteinstf uction m'a servi. J'y ai compris que c'est l ici Une hérésie d'une nouvelle espèce. Ce ne sont pas ' les sentiments de M. Arnauld qui sont hérétiques ; ce n'est que sa personne. C'est une hérésie personnelle. Jl n'est pas hérétique pour ce qu'il a dit ou écrit, mais seulement pour ce qu'il est M. Arnauld. C'est tout ce qu'on trouve à redire en lui. Quoi qu'W îw^^e, ^'^yne cesse d'être, il ne sera jamais bon cal\io\\cfûLe
La grâce de saint Augustin ne sera jamais la véritable tant qu'il la défendra. Elle le deviendroit, s'il venoit à la combattre. Ce seroit un coup sûr, et presque le seul moyen de l'établir et de détruire le molinisme, tant il porte de malheur aux opinions qu'il embrasse. I^aissons donc là leurs différents. Ce sont des disputes de théologiens, et non pas de théologiie. Nous, qui ne sommes point docteurs, n'avons que faire à leurs détoêlés. Apprenez des nouvelles de la censure à tous nos amis, et aimez-moi autant que je suis, monsieur.
Votre très humble et très obéissant serviteur,