‹ Lettres écrites à un provincial. Précédées de l'histoire des Lettres provinciales d'après l'édition de 1754 et d'observations littérairesChapitre 10 sur 109 · LES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

LES PROVINCIALES

PAR F. DE NEUPCHÀTEAU

Le titre de Lettres Provinciales est consacré par le temps j mais il tie signifie rien, et n'a aucun rapport avec l'objet de l'ouvrage. Nicole, qui a traduit ces lettres en latin, les a mieux caractérisées en les intitulant Litterœ de morali et Tpolitica Jesnitarum disciplina. Les jésuistes vouloient arriver à une sorte de domination universelle. Leurs constitutions les y portoient ; mais c'étoit encore un secret : ces constitutions nétoient pas connues alors, et ne l'ont été que beaucoup plus tard. Leur conduite et leurs écrits révéloient seuls le mystère de leur ambition : et ce mystère a été dévoilé d'une manière éclatante dans les Lettres Provinciales.

Ainsi la morale et la politique des jésuites sont le vrai sujet de ces Lettres. La censure prononcée par une partie de la Sorbonne contre le docteur Arnauld n'en a été que le prétexte. Le père Gabriel Daniel, jésuite, qui a voulu réfuter les Provinciales quarante ans après leur publication, convient que a ce livre « seul a fait plus de jansénistes que l'Augustin de Jansénius, et « que tous les ouvnges de M. Arnauld ensemble; » il prévoit en outre que « Uis jésuileb se beûtiioot longtemps de ce coup que

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