‹ Lettres écrites à un provincial. Précédées de l'histoire des Lettres provinciales d'après l'édition de 1754 et d'observations littérairesChapitre 17 sur 109 · XX OBSERVATIONS SUR LES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

XX OBSERVATIONS SUR LES PROVINCIALES

On m'a demandé pourquoi j'ai employé un style agréable, railleui et divertissant. J'ai répondu que si j'avois écrit d'un style dogmatique, il n'y auroit eu que les savants qui auroient lu ces Lettres; et ceux-là n'en avoient pas besoin, en sachant pour le moins autant que moi là-dessus : ainsi j'ai cru qu'il falloit écrire d'une manière propre à faire lire mes Lettres par les femmes et les gens du monde, afin qu'ils connussent le danger de toutes ces maximes et de toutes ces propositions qui se répandoient alors, et dont on se laissoit facilement persuader.

On m'a demandé si j'ai lu moi-même tous les livres que j'ai cités. J'ai répondu que non. Certainement il auroit fallu que j'eusse passé une grande partie de ma vie à lire de très m.auvais livres. J'ai lu deux fois Escobard tout entier; et pour les autres, je les ai fait lire par quelques uns de mes amis : mais je n'en ai pas employé un passage sans l'avoir lu moi-même dans le livre cité, examiné la matière sur laquelle il est avancé, et lu ce qui précède et ce qui suit, pour ne point hasardpr une objection pour une réponse; ce qui auroit été reprochable et injuste.

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