RÉPONSE DU PROVINCIAL
(' suis encore beaucoup de ce que tout mon petit pou- « voir ne sauroit m'acquitler envers vous, etc. »
Et voici ce qu'une personne, que je ne vous marquerai en aucune sorte, en écrit à une dame qui lui avoit fait tenir la première de vos lettres.
« Je vous suis plus oblicrée que vous ne pouvez vous « l'imaginer de la lettre que vous m'avez envoyée; elle (( est tout à fait ingénieuse, et tout à fait bien écrite. « Elle narre sans narrer; elle éclaircit les affaires du « monde les plus embrouillées; elle raille finement; « elle instruit même ceux qui ne savent pas bien les « choses , elle redouble le plaisir de ceux qui les enten- « dent. Elle est encore une excellente apologie, et, si :( l'on veut, une délicate et innocente censure. Et il y a « enfin tant d'art, tant d'esprit et tant de jugement « en cette lettre, que je voudrois bien savoir qui l'a « faite, etc. »
Vous voudriez bien aussi savoir qui est la personne qui en écrit de la sorte; mais contentez-vous de l'honorer sans la connoitre, et, quand vous la connoîtrez, vous l'honorerez bien davantage.
Continuez donc vos lettres sur ma parole, et que la censure vienne quand il lui plaira : nous sommes fort bien disposés à la recevoir. Ces mots de pouvoir prochain et de grâce suffisante^ dont on nous menace, ne nous feront plus de peur. Nous avons trop appris des jésuites, des jacobins et de M. Le Moine, en combiea de façons on les tourne, et combien il y a peu de solidité en ces mots nouveaux, pour nous en mettre en peine. Cependant je serai toujours, etc.
(Pour servir de réponse à la précédente.)