CALOMNIES DES JÉSUITES CONTRE POBT-ROYAL SST
Calomnies horri2)les des jésuites contre de pienx ecclésiastiques et de saintes religieuses.
Dq i décembre 16M.
Mes révérends pères,
Voici la suite de vos calomnies, où je répondrai d'abord h celles qui restent de vos avertissements. Mais comme tous vos autres livres en sont également remplis, ils me fourniront assez de matière pour vous entretenir sur ce sujet autant que je le jugerai nécessaire. Je vous dirai donc en un mot, sur cette fable que vous avez semée dans tous vos écrits contre M. d'Ypres, que vous abusez malicieusement de quelques paroles ambiguës d'une de ses lettres *, qui, étant capables d'un bon sens, doivent être prises en bonne part, selon l'esprit de l'Église, et ne peuvent Olre prises autrement que selon l'esprit de votre société. Car pourquoi voulez-vous qu'en disant à son ami, c Ne vous mettez pas tant en c peine de votre neveu, je lui fournirai ce qui est né-
i. Ces lettres de JauséDiua, évà<]ue d'Ypres, (ureot d'tbord imprimées par Ui jé&oitee, et depuis ce itmp&Ai le pè^i Cerberoo leâ fit réimprimer dins les fays-Bu, arec des notes très carieuset
« ressaire de l'argent qui est entre mes mains, > il ait voulu dire par-là qu'il prenoit cet argent pour ne le point rendre, et non pas qu'il l'avançoit seulement pour le remplacer? Mais ne faut-il pas que vous soyez bien imprudents d'avoir fourni vous-mêmes la conviction de votre mensonge par les autres lettres de M. d'Ypres. que vous avez imprimées, qui marquent visiblement qut ce n'étoit en efiet que des avances, qu'il devoit remplacer? C'est ce qui paroît dans celle que vous rapportez, du 30 juillet 1619, en ces termes qui vous confondent : « Ne vous souciez pas des avances; il ne lui manquera € rien tant qu'il sera ici. * Et par celle du 6 janvier 1620, où il dit : « Vous avez trop de hâte, et quand il seroit « question de rendre compte, le peu de crédit que j'ai « ici me feroit trouver de l'argent au besoin. »
Vous êtes donc des imposteurs, mes pères, aussi bien sur ce sujet que sur votre conte ridicule du tronc de Saint-Merri. Car quel avantage pouvez-vous tirer de l'accusation qu'un de vos bons amis suscita à cet ecclésiastique que vous voulez déchirer ? Doit-on conclure qu'un homme est coupable parcequ'il est accusé ? Non, mes pères. Des gens de piété comme lui pourront toujours être accusés tant qu'il y aura au monde des calomniateurs comme vous. Ce n'est donc pas par l'accusation, mais par l'arrêt qu'il faut en juger. Or, l'arrêt qui en fut rendu le 23 février 1656 le justifie pleinement; outre que celui qui s'étoit engagé téméraireluont dans cette injuste procédure fut désavoué par ses collègues, et forcé lui-même à la rétracter. Et quant à ce que vous dites au même lieu de ce c fameux direct teur qui se fit riche en un moment de neuf cent mille € livres, » il suffit de vous renvover à MM. les curés de