‹ Lettres écrites de mon jardinChapitre 15 sur 24 · AU COLONEL ALPHONSE DE FOISSY · texte numérisé non relu

AU COLONEL ALPHONSE DE FOISSY

J’ai quelquefois réuni les divers noms d’une plante dans un certain nombre de langues.il est singulier de voir combien le nom de la rose varie peu et est à peu près le même partout. Aipsi les Grecs l’appelaient poJcv, — les Arabes, rod, — les Latins, rosa, — les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Russes, l’ajq)ellent rosa, — les Polonais, roza, — les Allemands, les Anglais, les Français, les Danois, rose , — les Suédois, ros, — les Hollandais, roos.

Il n’y a jias de livre ancien où il ne soit question de la rose. Homère, Saadi, Hérodote, Virgile, IL race, lui ont adressé (juebjues hommages; Ana-

rrêona fait i)our clic deux odes intitulées t'uitcs deux : e{; po^ov.

J’étais fort surpris c[ue Salomon n’en eût pas parlé, lui <[ui a composé cinq mille poèmes et trois mille paraboles (Livre III* des Rois, iv, 32), et qui avait sept cents femmes et trois cents maîtresses à (jui il avait à dire (pielques douceurs (Livre III des Rois, XI, 3).*

J’avais relu le Cantique des Cantiques et j’étais surpris que Salomon comparât la Sulamile à tout, excepté à a rose. Il la compare au vin, hune tente, à une vigne, à une cavale, à une tourterelle, à un collier, h une fontaine, h une tour , à un rayon de miel, à l’aurore, au soleil, à la lune, à un jardin, à un lis, etc. ; et, me disais-je, il ne la compare pas h la rose I

Heureusement que le hasard m’a fait rencontrer un jeune savant qui a fait une nouvelle traduction littérale du Cantique des Cantiipies et qui a relevé plusieurs erreurs des traductions précédentes, aux applaudissements de quelques vieux savants consciencieux.

Sans la rencontre de M. Darnaud, j’aurais toujours cherché comment Salomon, qnî, dit le Livre des Rois (111, iv, 33) a traité de tous les arbres,

depuis le cèdre jusqu’ à l’hysope, n’avail pas profilé d’une pareille occasion de parler de la rose.

Mais, selon M. Darnand, on s’est trompé sur le sens et sur les racines du mot hébreu liebntseleth, (|ue le Maistre de Sacy traduit par (leur des champs, et que d’autres ont appelé simplement liebatseleth.

M. Darnaud établit que hebatseleth est tout uniment la rose, et il donne les racines de ce mot ; liûbab, il a aimé, et tsâal, il a de l’éclat. — Amour et éclat. Cette étymologie a été approuvée par M. S. Cahen, célèbre traducteur de la Bible et directeur des archives israélites.

Il est donc constant que Salomon a comparé la Sulamite à la rose, en même temps qu’au lis des vallées.

Nous retrouvons la rose dans la fête de la rosière, instituée à Salency par saint Médard, évêque de Noyon, du temps de Clovis.

On dit que sainte Rose, née h Lima et morte en 1617, s’appelait en réalité Isabelle, mais que sa mère l’avait appelée Rose à cause du doux éclat de son visage.

Saint Basile dit qu’à la naissance du monde les roses étaient sans épines.

Anacréon prétend que la rose est devenue rouge

parce que les dieux ont versé sur elle du nectar.

Un autre poëte ancien avait dit que c'était le san^ de Vénus, blessée par une épine du rosier, qui avait donné à sa fleur son brillant incarnat.

Ou pourrait faire un dictionnaire curieux des erreurs et des mensonges auxquels chaque mot de la langue a servi de prétexte^ : la rose y aurait un article assez long. Sans parler des mensonges que font tous les jours à son sujet les catalogues des marchands, il y a quelques erreurs qui subsistent encore dans certains i>ays. — Madame de Genlis donne quelque part la recette pour avoir des roses noires et des roses vertes. Le | recédé est simple : on greffe un écusson de rosier sur un cassis ou sur un houx. — 11 n’y a pas quinze jours qu’un homme se disant jardinier m’a encore communiqué cette recette. Ce qui est plus étonnant, c’est que Valmont de Bomare, qui écrivaitaprès Bufifon, aprèsRéaumur, après Linnée, après -Tour nefort, etc., c’est-à-dire à une époque où l’histoire naturelle et la botanique étaient dans un grand état de splendeur, dans son dictionnaire fort estimé d’histoire naturelle, publié pour la première fois à Paris en 1765 (l’éditiou que j’ai est de 1775), dit très- sérieusement que « l’on voit commtuémeui en Italie des roses bleues, et, aux environs de Turin,

un rosier doiii les pétales des fleurs sont tachetés de vert. » Il ajoute que « l’on dit que le rosier à fleurs rouges, enté sur le houx, produit des fleurs vertes. La sève du houx force apparemment les fdières du rosier. » Valmont de Bomare ne parle pas des roses noires. Les auteurs du dictionnaire de Trévoux parlent d’une rose de la Chine qui change de couleur deux fois par jour ; elle est alternativement rouge et blanche. C’est sans doute ce qui a donné l’idée à • certains commerçants d’annoncer et de vendre, il y a deux ou trois ans, une rose de la Chine, à cinq couleurs ; laquelle rose, souvent unicolore, n'est pas plus et pas si bien panachée que beaucoup de nos roses de Provins. Elle figure encore sur un certain nombre de catalogues. Disons en passant que le sujet sur leipiel ou greffe n’a pas d’action ni sur la couleur, ni sur l’odeur, ni sur la saveur de la greffe et de. ses produits : le sujet qui supporte la greffe est complètement asservi.

J’ai parlé dans le précédent article de la baillée des roses, cérémonie du parlement. Il y avait aussi à Rome, pendant le carême, un dimanche de la rose, dominica tn rosa. Par un usage tombé, je crois, en désuétude, le pape bénissait une rose et l'envoyait h quelque prince ou princesse de l’Europe,

comme marque d’estime. Je crois que la rose envoyée était en or.

L’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, fondé dès 1322, rétablie en 1500 par Clémence Isaure, et aujourd’hui encore existante, donne pour prix de poésie une rose simple, une violette et un souci d’or ou d’argent.

La rose entre dans le blason, où elle e&t soutenue ou 71011 soutenue Le noble à la rose était une monnaie qui avait une rose pour effigie.

La rose rouge et la rose blanche ont été fameuses en Angleterre, comme symbole des deux maisons d’York et de Lancastre, qui se disputèrent le trône de 1450 à 1485.

On dit généralement que le signe de ralliement des partisans du duc d’York était la rose blanche et que les Lancastre avaient la rose rouge. Les pères de Trévoux attribuent au contraire la rose blanche aux Lancastre et la rouge aux partisans de la maison d’York.

Toujours est-il que la guerre entre ces deux roses finit par une hybridisation ou par une greffe, et que Henry Tudor, qui descendait des Lancastre, épousa Élisabeth d’York, et réunit ainsi les prétentions des deux familles.

ir.i

A propos (le grefle, qu’il me soit permis d’ouvrir ici une pareiUlièse pour constater un nouveau barbarisme que nous devons à la politique. Nous connaissons plusieurs manières de creflèr une plante sur une autre : on a la greffe en écusson, la gi’cffe en couronne, la greffe en fente, la greffe en placage, la greffe à la Pontoise, la greffe par approche, etc.; mais nous ne savons pas ce que c’est que la fusion de deux branches, dont on parle depuis' quehpie temps. Peut-être veut-on dire la confusion. Les orateurs politiques, en général, pourraient fournir une série d’exemples à ne pas suivre en fait de métaphores. On se rappelle la véritable base du lien social de M. Berryer. M. Pasquier plaçait la source de la prospérité sous Yégide du roi Louis-Philippe, laquelle source se trouvait un peu plus loin admirablement soutenue par la sagesse du même roi, etc.

Ce n’était pas une petite besogne que de faire une liste des cent plus belles roses ; aussi n’y ai-je pas tout à fait réussi. Je ne voulais pas assumer la responsabilité de rejeter, d’exiler des jardins deux mille neuf cents roses environ. J’ai pensé à réunir un certain nombre de juges irrécusables en concile œcuménique, à mettre, aux voix les roses les plus estimées , et enregistrer l’arrêt des maîtres.

Jusqu’ici on compte dans l’histoire dix-neuf conciles œcuméniques qui ont traité des opinions des hommes sur Dieu : ce vingtième concile est consacré h l’admiration de ses œuvres ; c’est une manière de l’adorer qui peut-être en vaut plusieurs autres.

lœs pères qu’il a été possible de réunir en concile sont au nombre de cinq. Je me suis moi-même nommé secrétaire, avec voix délibérative. Les Grecs, ai-je lu dans un gros livre, écrivaient en cercle les noms de leurs sept sages, pour ne pas paraître leur assigner un rang relatif : nous ferons la même chose en nommant nos maîtres par ordre alphabétique :

Ont voté : MM. Hardy, fils du célèbre jardinier en chef du Luxembourg et jardinier habile lui-même, nourri dans le sérail, c’est-à-dire au milieu d’une collection célèbre en Europe ; Lafliiy, heureux père d’un grand nombre de belles roses ; Margottin et René dit Lévêque, dont les semis ont été souvent si heureux; et Van Houtte, de Gand, collecteur savant et intelligent, et auquel l’horticulture doit l’introduction d’une foule de plantes du plus grand mérite. Quelques autres, également conviés, n’ont pu ré- • pondre à l’appel qui leur était fait, par diverses raisons.

Tous ont d’abord été d’accord que le nombre de

cent roses était bien restreint ; mais j’ai insisté, et voici le résultat obtenu. Au nom et à la couleur des roses élues, j’ai ajouté, grâce h d’assez difficiles recherches, la date de la naissance d’un assez grand nombre et le nom de celui qui les a obtenues. Je regrette de n’avoir pas pu compléter ce travail, que je n’ai pu ébaucher qu’en ayant recours h des recueils nombreux.

Les roses élues sont au nombre de cent quarante. Ceux des lecteurs qui voudront faire un choix plus restreint sont avertis que l’ordre dans lequel sont l»lacées les roses ayant obtenu un même nombre de voix est dû au hasard.

Ont obtenu six voix :

Duchesse-de-Sutherland, rose tendre; provenant d’un semis de M. Laflay. — Géant- des-bataill es, cramoisi éclatant ; semis de M. Guillot. — Souvenirde-la-Malmaison, carné pâle ; semis de M. Beluze, à Vaise, près Lyon, 1843. — Rose-de-lu-Reine, trèsgrande, rose lilacé; semée par M. Laffay en 1835. elle a fleuri pour la première fois en 1841 .

Cinq voix :

Diipetit-Thonars, rouge violacé. — Duchesse-de-

],ETTRES ÉCRITES

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Montpensier , rose tendre, ra*ur rose vif; obtenue par M. iM: trgoUin en 184G. — Madame- La ffay, rouge elair; semis de M. Lalfay. — Vicomtesse-Decaze (thé), jaune pâle, centre jaune enivré. — Chromatella (noisette), jaune vif. — Prince-Albert, rose et violet; né chez M. Laffay, àBellevue, en 1840. — Paul-Joseph, pourpre et cramoisi. — New-Persianyellow, jaune éclatant.

Onatre voix ;

Madame-Angelina, blanc jaunâtre, devenant carné: semis de M. Chanet, à Gentilly (Seine). — Yicomte-de-Cussy, rouge-cerise. — Comtesse-de-Duchôtel, rose très-vif; semis deM. Laffay. — Lady- Alke-Peel, rose carminé , semis de M. Laffay. — Devoniensis (thé), blanc jaunâtre, centre plus jaune. — Adam (thé), blanc ; venu de semis à Reims, chez .M. Adam, vers 1838. — Madame- Aimée, carué tendre. — Solfatare (noisette) , janne-soufre. — Comte-de-Montahvet , rouge violacé à reflets pourpre. — Georyes-Lecamus, rose clair. — Jacques- Luffilte, rose-carmin; semis deM. Vibert. 1846. — Marguerite-d'Aujou, rose satiné. — Édouard-Desfossés, rose clair ; né en 1840, chez M. Renard-

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Courlin, à Orléans. — William-Jess, carmin -lilas.

. — Aimée-Vibert (noisette), blanc en bouquets ; semis de M. Vibert. — Lamavque, blanc, centre jaune. — Rose-du-Roi, rouge. — Julia-de Fontenelle, violet foncé. — Cent- feuilles, rose. — Cristata, rose, calice crêté ; née en Suisse en 1827 ; mise dans le commerce parM. Vibert. — Addalie, blanc légèrement rosé; née en 1837 à Angers, chez M. Rousseau. — ,. pourpre-violet ; semis de M. Sou-

chet, à Bagnolet. — Mistress-Bosanquet, blanc carné. — Triomphe- du-Luxemboury (tbé), rose cuivré ; semis de M. Hardy. — Aubernon, rose foncé : né en 1840, chez M. Duval, h Montmorency. — Princed' Est erhazy (thé), rose nuancé.

Trois voix :

Menoux, rouge vif. — Moird{[\\é), carné jaunâtre; né en 1840, chez M. Moiré, à Angers. — Princesse- Adélaïde (thé), soufre, plus foncé au centre.— 5ufrano (thé), jaune. — Souvenir-d'un-Ami, rose tendre.

— Antheros (thé), blanc, centre carné jaunâtre ; semis de M. Lepage, à Angers. — Madame B réon (Bengale), rose; semis de M. Verdier, \ %A\.-Bouyère (thé), rose-hortensia. — Comte- de-Paris (hy-

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KW; LETTRES ÉCRITES

bride), rose violacé, quelquefois strié. — Pactole, blanc, cœur très-jaune. — Comke-de-Seine-et-Marne, rouge violacé. — Reine-de^les-Boui'bon, carné jaunâtre. — Buronne-Prevost, rouge-violet vif; obtenue de semis par M. Desprez, à^Yèbles, en 1842. — Henri-Lecoq, rose vif nuancé de carmin. — Belle-Américaine, rouge clair. — Cornet, rose tendre. — Duchesse-de-Galliera, rose nuancé; gain de M. Portemer, à Gentilly. — Général-Cavaignac, rose foncé vif. — Noëmi, rose clair. — Robin-Hood, rose. — Sidonie, rose. — Marqut&e-Boccella, blanc rosé. — }fadame-Pepin, rose tendre ; semis de M. Verdier, 1848. — Comte-Bobiinsky, carmin foncé vif. — Étendord-de-Marengo, cramoisi vif. — JeannedWrc, blanc, centre rose pâle; semis de M. Verdier, 1848. — Général-Négrier, rose. — Louis-Bonaparte, rose carminé; obtenu de graine en 1840 ou 1842, par M. Laffay, et dédié à Louis Bonaparte, roi de Hollande, frère de Napoléon. Madame-Trudeau, rose foncé. — Comte-de-Rambuteau, rouge clair violacé. — Proserpine, cramoisi vif; semis de M. Mondeville, près 3Iennecy. — Georges-Cuvier, cerise, bordé de rose clair ; semis de 31. Souchet. — Misiress-Elliot, rose; semis de 31. Laffay. — Docteur-Marx, pourpre vif ; semis de 31. Laffay. —

Hivers, rose; semis de M. Laffay,1840. — Noisette- Desprez, jaune cuivré ; semis de M. Desprez, à Yèbles. — Ophirie, jaune-cuivre rouge. — Césarine- Souchet, rose clair; semis de M. Souchet, 1846. — Henry-Clay, rose foncé Wbcé.— Clémence-Seringe, carnée. — Dumont-de’Cotirset, nuancé cramoisi et carmin; semis de M. Soucliet. — Mélanie-Villermoz, blanc ombré de saumon. — Madame-Hardy, blanc; semis de M. Hardy. — Rosine-Margottin, rose clair taché de lilas. — Unique-panachée, blanc marbré de rose. — Cent-feuilles-des-peintres, rose. — Pompon-de-Bonrgogne, très-petit, rose. — Géniede-Châteaubriand , amarante- carmin, glacé de violet; semis de M. Oudin, à Lisieux. — Mousseuseordinaire, rose.

Deux voix :

Guillaume-le-Conquérant , rose vif ; semis de M. Ogier, 1847. — Comte-de-Paris [thé], rose clair. ■— Prince-Charles t cerise vif. — Niphetos (thé), blanc pur. — La Victorieuse, blanc légèrement carné. — Docteur- Roques, rouge violacé. — Hermosfl, carné vif. — Marbree-d’ Enghien {pimprcneWe). jaune pâle marbré de rouge; semis de M. Parmen-

lier, acf[i\is par M. Vau Uoutle. — Narcisse-de-Salvandy (Provins), pourpre, bordé de blanc; mis dans le commerce par M. Van Iloutte. — Célina-Dubos, blanc carné, passant au blanc pur. — Œillet-parfait, rouge strié de blanc. — Jacquinot, rose-aurore, bordé et panaché de blanc. — Tricolore-de- Flandre (Provins), fond blanc strié d’amarante et de lilas (VanHoutte). — Mercédès (Provence), fond blanc panaché de rose-lilas ; semis de M. Vibert en 1847.

— Smithii [ihé], blanc, centre jaune. — Mélanie- Cornu, rouge violacé vif; semis dcM. Cornu, à Versailles, en 1840. — Prince-Euyène (Bengale), pour- . pre-cramoisi. — Soleil-d’ Austerlitz, rouge éclatant.

— Praire, incarnat très-téndre. — Julie-Mnnçais, blanche. — Cymédur, couleur de giroflée. — Madame-Frémion, cerise vif. — Lonise-Péronay, rose foncé ombré de carmin. Laure-Ramaud, rose trés^endrc. — Béranyer, rose carminé. — Pie-/V, rouge-cramoisi. — Bancks-de-la-Clnue, blanc à grandes fleurs. — ÉUsa-Sauvage (Ihé), jaune pâle, semis dcM. Miellez, à Esquiermes, en 1818. — Reine-deslleurs, rose-lilas. — Maréchal-Bmjeaud (thé), blanc ombré de couleur saumon. — Marie-de-Beaux, l)lanche, centre cuivré. — Oscar-Leclerc, rouge-violet ; semis de M. Verdier, 1840. — Madame-Uallez de-

DE MON JARDIN. 1C9

Claparède, carmin vif. — Madame-Ne'rard, carné ^ tendre. — Pompon-cramoisi, cramoisi éclatant. — Adèle-Mauzé, rose, feuillage singulier; semis de M. Vibert, 1847. — Général-Climujarnier, violetpourpre, centre' ardoisé. — Madame-Lamoricière, rose vif transparent. — Bouquet-de-Flore, rouge.— Deuil-du-duc-d' Orléans, pourpre velouté. — Camée, rose pâle, plus foncé au centre. — Caroline-de- Sansal, carné clair. — Comtesse-d’ Egmont, lilas foncé. — Madame-Guïllol , rose. — Èmérance (Provence), blanc jaundtre. — Monsseuse-blanche. — Zoé-mousseuse, cramoisi, mousseuse partout. — Félicité-Parmentier, carnée. — Prince-de-Galles, cerise. — Boule-de-neige (Provence), blanche. — Élisa-Mercæur (thé), rouge foncé. — Bancks-dfleurs-j aunes, très-petites fleurs jaunes en panicules. — Bancks-à-fleurs-blanches, très-petites fleurs blanches en panicules, odeur de violette.

Seul, avec M. Laflay,je me suis rappelé rancienne grosse rose jaune, aussi double qu’une rose à cent feuilles ;

Seul, une rose de Provins panachée de blanc, de rose et de violet, (pi’on appelle en Normandie paysanne ;

^ Les deux églantiers à Heurs simples, le jaune et le capucine ;

L’églantier Bro\>nii, qui donne de grandes panicules de roses simples blanches, tachées de rose à la base des pétales ;

Une multiflore ancienne, qui s’étend presque aussi vigoureusement que le rosier de Bancks et donne des fleurs aussi petites, d’un rose charmant ;

Les laurenceanas, bengales hauts de cinq à six pouces, chargés de fleurs toute l’année.

Avouerai-je que j’ai aussi les anciennes roses blanches et cuisse-de-nymphe et bengale de la Floride, qui forment de si magnifiques buissons, et l’églantier à fleurs rose pAle, que les Anglais appellent sweet-bryer {il est probable que j’écris mal le mot), et dont le feuillage a une très-douce odeur de pomme de reinette, avanUigc qu’ont du reste à divers degrés l’églantier à fleurs jaunes et l’églantier à fleurs capucines?

Oserai-je dire, en donnant une liste de cent quarante roses, que, sur à peu près trois cents rosiers que j’ai dans mon jardin, il n’y a pas plus de soixante variétés?

Je répète ici ce que j’ai dit dans mon premier article sur les roses : « J’aime mieux dix fois cenc

lu lles roses que mille roses dififérentes dont les deux tiers seraient médiocres. »

Trois horticulteurs m’ont fait l’honneur de donner mon nom à trois roses : un horticulteur normand dont je ne sais pas le nom; — M. Van Houtte, de Gand ; — et M. Portemer, de Gentilly. — .Aucune des trois n’a réussi à entrer dans la liste.

Il y a des roses dans tous les pays. La nature, en ayant voulu faire le type de la grâce et de la beauté, a répandu la rose sous tous les climats ; aussi les plus mauvais jardins, les sols les plus ingrats peuvent donner des roses. La rose est presque de tous les végétaux qu’on cultive celui qui demande le moins de soins à l’homme, ou plutôt celui qui en exige le moins; car elle sait récompenser ceux qu’on prend. Si vous avez un jardin petit, maussade, mal situé, un sol maigre, il y a un certain, nombre de roses qui s’épanouiront cependant chez vous, et qui vous donneront leur éclat et leur parfum .

Culture. — Les rosiers, en général, aiment une terre franche un peu légère ; je les ai cependant vus prospérer dans des terres fortes et dans des sols pierreux. Un labour à leur pied tous les ans, une fumure tous les deux ans avec du terreau non passé,

LETTRES ÉCRITES voilà tout ce qu’ils exigent. On prescrit dans beaucoup de livres de les placer à mi-oinbre; néanmoins il ne faut pas les planter sous les arbres, ni trop près d’eux. On les taille au printemps Les rosiers pimprenelles , quelques noisettes , les bancks , les multiflores ne doivent être taillés qii’après leur floraison. LesLancks doivent simplement être débarrassés du bois mort et raccourcis dans leurs branches trop vigoureuses.

. Une question grave en cette saison, c’est celle des gazons et des pelouses. Le premier devok d’un gazon, c’est d’être vert. Eh bien, si l’on ne peut les tenir inondés une heure par jour pendant les mois de juin, de juillet et d’août, vous êtes sûr d’avoir des gazons jaunes. C’est un aspect désolé qui attriste les yeux.

Cela vient en grande partie de ce qu’on sème les gazons d’après une* mode. Il y a une sorte de chiendent que les Anglais appellent ruy-gruss. On a parlé

de ces belles pelouses de l’Angleterre : on a attribué

les belles pelouses à l’emploi du ray-grass ; on n’a plus semé que du ray-grass. Eh bien, le ray-grass, qui vient très-bien en terre forte et argileuse retenant l'eau, est maigre, chétif, et meurt desséché si on le sème en terre légère et sablonneuse.

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Si vous voulez avoir des pelouses verles en terre lé|^(!re, dierehez d’autres herlies. Le poo nemoralis croît sous les arbres, la fétuque ovine pousse dans le sable : mais comme ces deux plantes tapissent la terre plus lentement que le ray-grass, semez le raygrass en même temps : il ne tardera )»as à périr ; mais le poa ou la fétuque seront levés et le remplaceront. Ajoutez-y un peu de trèfle blanc, qui couvrira parfaitement la terre, et sur lequel vous pouvez marcher sans lui nuire.

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FLEURS EN PLEIN AIR

Les roses. Immortelle jaune. Héliotrope. Julienne des jardins. Ambrette musquée. Hotéia du Japon. Humée élégante. Hydrangea. Hortensia des jardins. .Hille-pertuis. Balsamine des jardins Jasmin commun. Jasmin triomphant. Pois de senteur. Lavatère. Colutea perennans. Troène du Japon, lus blanc commun. Lis de Pompone. Lis Martagon. Lis laneifolium. Lin vivace. Pavia à long épi. Pavot-coquelicot. Paliure épineu.x. Ostéosperme. Dictame de Crète, filigrane élevée. Cynoglossuin linifoliuin. Silène à fleurs roses. Silene ornata. Verge-d’or. Ber- . mudieniie à petites fleurs, Morelle grimpante. Genêt

d’Espagne. Reine-des-prés. Spirea lobata. Spirée filipendule. Spirée barbe-de-bouc. Spirea bella. Spirea salicifolia. Spirea pubescen s. Stachys. Statice linifolium. Stenochilus inaculatus. Stevia purpurea. Stevia salicifolia. Stewartia inalachodendron. Styphelia triflora. Rose d’Inde. Styrax officinale, aliboiifier. Œillet d’Inde. Abelia nniflora. Brodiæa californica. Platanthera incisa. Protea spinosa. Germandrée frutescente. Thumbergia alata. Gesnérie bigarrée, Torenia asiatica. Trachelium bleu. Veronica lindleyana. Villarsie élevée. Grande pervenche. Pensée annuelle. Watsonie rose. Westringia à feuilles de romarin. Immortelle annuelle. Diosma hirsuta. Chèvrefeuille des bois. Yucca gloriosa. Zinnia multiflora. Zinnia elegans. Zygophyllum fabago. Dahlia. Robinie visqueuse. Roella. Riibus h feuilles doubles blanches , roses. Rubus laciniatus. Framboisier du Canada. Russelia sarmentosa. Fléchière commune. Salpiglossis. Salvia officinalis. Salvia horminum . Salvia païens. Sureau à grappes. Sansevière de Guinée. Santoline commune. Saponaire officinale. Sa rracenia purpurea. Saxifraga sarmentosa. Scabieiise. Scabiosa caucasicu. Poirier d’Amérique. Schizandra coccinea. Sedum orpin. Sedurn populifolium. Sedum spurium. Sélagine bâtarde. Seneçon d’Afrique. Serissa h feuilles de

myrte. Crapaudine des Canaries. Œnothère pourpre. Onagre odorante. Nénufar blanc. îîénufar jaune. Nigelle de Damas. Tabac ordinaire. Laurier-rose. Vergissmeinnicbt. Belle-de-nuit. Miniulus de Virginie. Metrosideros. Cristalline glaciale. Pimprenelle d’Afrique. Azédarac bipenné. Maurandie toujours fleurie. Giroflée des jardins. Malope k trois lobes. Julienne de Mahon. Magnolia glauque à grandes fleurs. Madura aurantiaca. Éphémère de Virginie. Tristania neriifolia, Capucine. Valériane des jardiniers. Valériane des Pyrénées. Veratrum album. Veratrum nigrum. Verveine de Miquelon. Verbena teucrioides. Vernonie à épis. Salicaire commune. Pétunia. Croix-de-Jérusalem. Tulipier de Virginie. Goodenia. Lobélie cardinale. Chèvrefeuille des bois. Lotier de Saint-Jacques. Réséda odorant. Quamoclit écarlate. Pyrèthre officinal. Bouton-d’argent. Psoralée glanduleuse. Prinos verticillé. Potentille frutescente. Polygala ii feuilles de buis. Tubéreuse des jardins. Polémoine bleue. Plumbago scandens. Pistachier térébinthe. Phlox à feuilles ovales. Phlox de la Caroline. Phlox (pyraraidalis). Phlomide tubéreuse. Syringa inodore. Haricot d’Espagne. Ipomée de Lear. Volubilis des jardiniers. Asclepias (fruticosa). Periploca græca. Sainfoin k bouquets. Pent-

LETTRES ÉCRITES stemon. Criniim. Ciolalaire en arbre. Cynoglosse argentée. Daiibentonia de Tripet. Pied-d’alouette. Pied-d’alouette à grandes fleurs. (Hillet des fleuristes. Œillets de poètes. Œillet de la Chine. Diclytre à belles fleurs. Fraxinelle. Digitale. Plaqueminier lotus. Dracocéphale d’Autriclie, tête-de-dragon. Eurémocarpe rude. Mandevillea suaveolens. Echium. Epigæa. Épilobe à épi. Panicaut. Érythrine. Eschscholtzia. Fusain atropurpureus. Hémérocalledu Japon. Galiga commun. Gardénie à grandes fleurs. Glaïeul (cardinalis). Caliméris incisé. Callistémon en panache. Calystégie pubescente. Câprier commun, tapenier. Catalpa commun. Céanothe d’Amérique. Céanothe azuré. Centaurée odorante, ambrette jaune. Centaurée ou jacée de- montagne, barbeau vivace. Valériane rouge. Célaphanthe occidental. Cerbera des'Indes. Chorozème h feuilles de houx. Chrysanthème des jardins. Cipure bleue. -Clématite viorne. Clématite à fleurs crépues. Clématite odorante. Clitore de Ternate. Caféier d’Arabie. Collinsie bicolore. Comméline tubéreuse. Belle-de-jour. Corrée à fleurs blanches. Crassule écarlate. Aubépine coralline. Adonide d’été. Rose trémière ou passe-rose. Allamande purgative. Agapanthe. Aconit napel. Alonsoa frutescent. Agapanthe ombellifère, tubé-

DE M0^ JARDIN

reuse blanche. Pavier à épis. Guimauve officinale. Guimauve de Li Chine. Catalpa. Amarante, queue- * de-renard. Amaryllis, lis Saint-Jacques. Althæa. Aconit bicolore. Calaminthe à grandes fleurs. Anthémis odorante, camomille romaine. Amaryllis apparente. Amaryllis perroquet. Amorpha de Lewis. Andromède de Maryland. Andromède à grappes. Anigosanlhe jaunâtre. Immortelle de Virginie. Mufle-de-veau, gueule-de-lion. Apocyn gobe-mouches. Ardisia solanacée. Aristéc h fleurs en tête. Aristoloche à feuilles trilobées. Arméria commun. Statice, gazon d’Olympe. Asphodèle jaune, bâton-de-Jacob. Asphodèle des Alpes. Astragalg'bigarré. Beckée effilée. Batate élégante. Béjari|ÉH^^lée. Bourrache commune.

Browallie élevéè'^SwQi bleue. Brugmannsie odorante. Brunelle S grifhdes fleurs. Butouieà fleurs eu ombelles, jonc fleuri. Caladion bicolore. Grenadier. Figuier. Mûrier. Olivier. Lobélie à feuilles diverses.

Lis de Brown. Barbacénie à tiges écailleuses. Tacsonie à feuilles soyeuses. Scutellaire du Japon. Odontoglossum à odeur de citron. Orothamne de Zeyher. Æschynanthe élégant. Anthadénie à port de sésame. Bruyère de Neill. Dragonnet à longs- poils. Navarretia pubesceus. Ariiebia echioide.=;. Stenanthum frigidum. Limiiauthes rosea. Mikania fiagraiis. Iloya

ISn LETTRES ÉCRITES

à feuilles de cannellier. Chrysanthème à luyaii. Chrysocorae dorée. Cléoiiie épineuse. Collinsia. Cos-, inds bipenné. Cruciauelle à long style. Cuphée silénoïde. Cymbalaire. Dryas à huit pétales. Épervière orangée. Érigéron glabre. Erysime de Petrowski. Eucharidium concinnum. Eutoca visqueux. Férule commune. Férule de Naples. Férule de Tanger. Ficoïde tricolore. Ficoïde glabre. Ficoïde de l’aprèsmidi. Gaillarde vivace. Gaillarde peinte. Galane barbue. Gentiane noisette. Gentiane jaune. Gentiane ponctuée. Gentiane jirintanière. Gentiane de Bavière. Géranium sanguin. Géranium des prés. Géranium musqué. Géranium herbe-à-Robert. Gesse de Tanger. Gesse de lord Aiison. Gesse azurée. Gesse d’Espagne. Gesse hétérophylle. Gillia. Godetia. Grammanthes gentianoides. Grémil bleu et pourpre. Grindelia de Sibérie. Gypsophile élégante. Lupin polyphylle. Lupin macrophylle. Lupin obscur. I.upin des ruisseaux. Lychnide. Lysimaque commune.

Macre, châtaigne d’eau. Madia élégant. Martynia pourpre odorant. Martynia jaune. Massette à larges feuilles. Molène pourpre. Molène blattaire. Mormodique. Monarde fistuleuse. Morina à longues feuilles. .Muscari chevelu. Nolaiia. Parnassie des marais. Pédiculaire des marais. Persicaire du Levant, rouge.

Persicaire blanchi*. Phacelia à feuilles de tanaisie. Phacelia bipennatifide. Phalangère rameuse. Phalaris roseau. Podolepis grêle. Prcnantlie pourpre. Rhaponlic scarieux. Sagittaire. Sainfoin. Schizopetalum de Walker. Schortia de Californie. Tagète. Tanins commun. Thalie blanche. Tigridie. Ti èflc des Alpes. Trichosanthe couleuvre. Viscaria à œil pourpre. Épinard fraise. Brize tremblante. Prunelle à grande fleur. Bryone dioïque. Butome. Cacalie écarlate. Cacalie orange. Callichroa platyglossa. Cardiosperme. Chardon-Marie. Chœnostoma polyanthum. Haricot d’Espagne. Hebenstrcitia à feuillesmenues.Héliophile il feuilles d’arabette. Impatiens glanduliger. Incarvillea de la Chine. Iris d’Angleterre. Joubarbe des toits. Kaulfussie amelloïdée. Lamarckie dorée. Larmes-de-Job. Leptosiphon. Leucéria h fleurs de séneçon. Limnanthes. Lin vivace de Sibérie. Lin des montagnes. Linaire des Alpes. Loase orangée. Lobéliç grêle. Lopezia en couronne. Lophospermum grimpant. Lophospermum d’Anderson. Lotier cultivé. Lupin en arbre. Lupin blanc. Lupin panaché. Anémone à fleur de narcisse. Anémone couleur de soufre. Berce à grandes feuilles. Anémone des Alpes. Berce des Alpes. Anémone du Japon. Sida en crête. Anserine. Belle-de-jour. Bartonic dorée. Matricaire

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