Du 21. Octobre 1666 (Subligny
Des Marchands Indiens noyez.
C'est au Vli qu'arriva cette affaire cruelle , Et, comme elle revient fraischement de nos Ports, Qui dans ceux du Vu mesme ont leurs correspondances , Elle aura pu sçavoir toutes ses circonstances
Par les gens mesme de dehors.
De mon costé, pour vous en dire
Tout ce que j'en sçais à la fois ,
Voicy ce qu'on vient de m'écrire,
Du septième jour de ce mois.
Le Vli fut attaqué d'une tempeste horrible Et la Mer de long-temps n'y parut si terrible ; Le choc endommagea quantité de Vaisseaux , Sans parler de celuy de I'Inde Orientale Qui , comme il abordoit , se mit en cent morceaux.
Dans cette bourasque fatale , De tous les passagers , Marchands ou Matelots ,
Qui dans ce Vaisseau se trouvèrent ,
La pluspart périt sous les flots ,
Et vingt & deux seuls se sauvèrent.
Encore fallut-il qu'ils eussent le secours D'une Femme Indienne , à mon gré Femme forte ,
Qui nagea de si bonne sorte Que , seule , d'onze ou douze elle sauva les jours. Ce ne seroit jamais Madame de Vivonne
Qui feroit un coup si nouveau , Car, qui crie au voleur quand on la met dans l'eau ,
Est bien loin d'en sauver personne.
IIO
A Propos d'eau , DAUPmN , quand je songe à cela ,
Celles de Bourbon sont plaisantes.
Quelles pestes d'eaux sont-ce là Qui ramènent icy nos Beautez languissantes ?
Mademoiselle d'Hoquincour
En est revenue à la Cour
Mourir de petite Verolle ,
Et cela veut dire y laisser
Un regret tel qu'on peut penser
Et que rien du tout ne console.
Madame de Crequy souffre dans ses appas , Depuis qu'elle en a beu , pareille maladie ,
Hormis qu'elle n'en mourra pas ,
Ou la Mort seroit bien hardie.
Ce mal tient encor sans pitié
Le beau Chevalier de Loraine , Qui se verra réduit la semaine prochaine A ne prendre plus que le quart ou moitié
Des cœurs qu'il gagnoit à centaine.
Cette peste , en un mot , se craint pour les Beautez ,
109 A d'eaux.
1 19 y^ Souffre en ses doux appas.
\7.o A k son retour aussi , pareille nraladie.
I 28 y4 Et l'on le craint enfin pour toutes les Beautez.