qu'elle ne reste à Bresce
Mesme encore pour quelque temps.
38 A Ont en effet receu si bien cette Princesse. 64 À De \f> moins honorer dedans cette Provirr?.
459 190- — ^" ^1- Novembre 1666 {Sublignyj. 4^0
7^ Le Procureur Vallier aura peu de Rivaux.
Il fut au devant d'ELLE avec soixante Pages ,
Cent carosses à six chevaux , Dont il avoit luy seul sept riches attelages , Cent grands & lestes Estafiers , 80 Mille Gentils-hommes de mine
Et deux mille autres Cavaliers , Tant Gardes que bons Cuirassiers , Dont la parure estoit divine ; Tout cela sans compter quatre ou cinq cens Lanciers , 85 Dont les habits aussi n'estoient pas d'estamine.
On m'a dit qu'il avoit encor Trois mille hommes d'infanterie , Dont les Chefs brilloient de fin or Sous une riche broderie ; 90 Que , quant à sa livrée , il n'estoit rien après ,
Et que , I'Imperatrice à Bresce estant entrée , Il en fit prendre une autre , apprestée à grand frais , De velours cramoisy, d'or toute chamarée. Je ne vous parle point des splendides repas 95 Et des autres Magnificences :
La Princesse pourtant ne les oublira pas.
Mais que me direz-vous de ces grandes dépences?
Cela me paroist merveilleux Qu'après trente ans de guerre & sur terre & sur Tonde 100 Contre I'Ottoman orgueilleux
Venise soit toujours la plus noble du Monde.
On m'a dit encor, beau Dauphin , Une assez plaisante avanture.
Les Espagnols jaloux montrèrent du chagrin 103 Que les Vénitiens eussent plus de parure
Et jusques-là , dit-on , qu'ils en firent niépris : ' On s'échauffe à moins qu'à ce prix.
La populace en fut émeue ; Quoy qu'on luy dist , point de quartier. iio Un Espagnol n'osoit paroistre dans la rue
Qu'on n'y criast : « Au Charbonnier ! » Or, du peuple , Seigneur , ce n'estoit que la lie Qui pouvoit avoir fait ces mépris insolens , Car, pour les Seigneurs Castillans, 115 Ils ont tous l'ame assez polie.
Cependant , il fallut que l'obligeant Vallier Fist viste publier, à peine de la vie. Que personne n'eust plus à crier « Charbonnier , » Car, à voir ce Peuple en furie , ,20 Je n'eusse point juré que par deux mille enfans
La jeune Impératrice , à cause de ses gens , ^ ♦ Jusques chez I'Emperëur n'eust pas esté suivie.
81 Etm.dansA. \ ii8^ adiré. ,..-... ,- a\.
84 A Et c'est sans vous conter. 119^ Car, de l'air qu on chantait cette palinodie.
\\2 A Or ce n'estoit que de la lie | i 20 y4 pas.
461 igo. — Du 11. Novembre 1666 (Subligny), 462
On dit je ne sçay quoy de ce jeune Empereur , Qui ne concerne pas son Infante d'Espagne ; 123 De grands desseins sont en campagne ,
Et dans sa Cour, dit-on , l'on attend un Seigneur Que LuBORMiSKi l'on appelle.
Les Conseillers des Carrefours Raisonnent sur cette Nouvelle 130 Et , depuis trois ou quatre jours ,
Ont déjà résolu quel effet , quelle ligue , Devoit produire cet intrigue ; Mais quant à moy je n'en sçais rien, Je n'en pénètre point les causes, 155 Et je laisse faire les choses ,
Sans en dire ny mal ny bien.
Ce n'est pourtant pas que j'ignore Que , de nouveaux soulevemens Faisant chez Casimir de nouveaux changemens 140 Et rallumant un feu dont l'ardeur le dévore ,
Cela ne donne un champ aux grands raisonnements. Jadis LuBORMisKi fut du party rebelle , Et son secret voyage auprès de I'Empereur, Qui dans ces derniers jours soustenoit sa fureur, 143 Fait qu'on doute s'il est fidelle ,
S'il fait ce voyage pour soy, Ou pour l'interest de son Roy.
Tout s'apprend par le temps , par qui tout se dispose ; Parlons cependant d'autre chose.
150 Le JEUNE Prince des Saxons SfeTalt-
Eut , l'autre mois , en Mariage
Une Princesse jeune & sage , Et si fort, m'a-t'on dit , qu'elle y fit des façons.
Vous me direz que mon mémoire 153 M'apprend tout bien exactement.
Puisque ces façons-là sont aussi de l'Histoire •
Vous direz vray. Dauphin charmant.
Je sçay qu'elle y perdit mesme certaine chose
Qu'on n*y perd pas toutes les fois ; 160 Je la dirois , si je voulois ,
Mais je suis fille & je ne l'ose.
Et pretendez-vous , s'il vous plaist ,
Vous autres , ou Prince ou Princesse ,
Avoir du secret , s'il en est ?
163 Vous ne sçauriez faire une vesse ,
Quoy qu'on la face à peu de bruit ,
Que le monde n'en soit instruit.
Mais revenons à la Saxonne.
Le vingt & trois du dernier mois ,
149 A Pralons jusques-là.
132 A cette intrigue
133 A pas
141 BC champs.
165 A une.
463 igo. — Du ii. Novembre 1666 (Subligny). 464
17c Ce Prince épousa donc cette jeune personne , priniiTdf Sneiark^
Fille du Monarque Danois ; Et , pour une éclatante marque Qu'il le faisoit son gendre avec beaucoup d'amour, Cet honneste & Danois Monarque 175 Voulut qu'il imposast son nom , le mesme jour ,
A certain Havre & rare ouvrage Qu'on fait dans Gopen-hague élever au rivage.
Tout le traitté que Bresme a fait dernièrement N'est qu'une suspension d'armes 180 Pour six semaines seulement.
Cependant l'on s'apreste aux plus rudes allarmes , S'il n'intervient bien-tost un accommodement , Et la ville , qui s'en défie , Durant ce temps se fortifie.
185 Quelqu'un m'a dit depuis que Wrangel a quitté ,
Qu'il a receu de l'argent d'elle, Et remis à vuider le fonds de la querelle Lors que son Roy sera dans sa Majorité ; Je tiens Bresme à couvert des Armes Suédoises , Ï90 Pourveu que, d'un soin diligent,
Elle ait de temps en temps quelque pièce d'argen: Pour empescher le sort de luy chercher des noises.
L'Electrice de Brandebour
Et la Douairière d'Orange 195 Dans la Haye sont de retour.
On leur fit une chère d'Ange ,
Dit-on , à mille pas de là ,
Et , d'une façon magnifique ,
Cette fameuse Republique 200 Par Députez les regala.
Cinquante ou soixante Carosses
En assaisonnèrent les saulces
Et leur allèrent au devant ,
Mais je n'y trouve rien d'étrange.
205 Les EsTATS ont appris souvent
Qu'ils manqueroient de tout s'ils n'avoient pas d'ORANGE.
On ne nous parle plus d'explois , De bataille , ny de Victoire ; L'Anglois escrit aux Hollandois , 210 Et les Hollandois aux Anglois ,
Et l'on ne se bat plus qu'à grands coups d'écritoire.
Le huitième du dernier mois ,
175 A Donna son nom, le mesme jour.
177 A Qu'il fait au Port de Coten-hage. — B C Ou'on a fait.
200-205 Ces 6 vers sonr supprimés dans B C. 21 \ A grand coup
463 190. — Du 11. Novembre 1666 (Subligny). 466
L'Ambassadeur Extraordinaire ,
Que nous avons vers le Saint Père ai 5 Eut Audience une autre fois.
Il y fut , à l'accoustumée ,
Avec des Carosses nombreux
Et tant d'autre suitte avec eux ,
Que vous eussiez dit une armée.
aao Ils furent près d'une heure en conversation ,
D'où bien du monde conjecture Que , suffisant au Duc de parler pour conclure , Castro sera rendu sans contestation.
L'onziesme , on y fit un service 225 Dans l'Eglise de Saint Louys
Pour la Mère du grand Louis.
Ce pieux Duc de Chaune y mit tout l'artifice ,
Toute la pompe & tout l'éclat Que demandoit l'honneur de ce puissant Estât. 330 L'Abbé de Grammont , si célèbre ,
Y fit pleurer tous les Romains En faisant I'Oraison Funèbre , Et s'y fit estimer des plus grands des humains.
Monsieur le Comte de Brienne 235 Mourut, icy ces jours Passez.
Mille mérites entassez , La probité , l'honneur, la Noblesse ancienne , Avecque luy sont éclipsez , Mais Sa Majesté Tres-Chrestienne 240 En a soupiré : c'est assez.
Le beau Prince de Lisle-bonne Estoit mort dix jours avant luy.
Et je n'en ay rien sceu cependant qu'aujourd'huy. Ah ! Prince , en ce temps-cy que la mort est friponne ! 345 Elle attaque malgré les soins
Et quand on y pense le moins.
Un fier monstre , appelle la petite verolle , Contre les plus charmans sert son traistre courrous Et , depuis quelque temps , a donné sa parole 250 De n'épargner icy que vous.
Monsieur le Chancelier tient Conseil de Police , Où nostre grand Colbert assiste règlement ,
Et , pour moy, c'est mon sentiment Que contr'elle, à la fin , nous demandions justice. 355 Ne riez point de ce discours.
il 323 A Ils en seront sortis à satisfaction. j 238 A Avccques